«Les Canadiens voient moins d'occasions d'affaires qu'avant la crise» - Pierre Cléroux, de la BDC

Publié le 13/10/2012 à 00:00

«Les Canadiens voient moins d'occasions d'affaires qu'avant la crise» - Pierre Cléroux, de la BDC

Publié le 13/10/2012 à 00:00

Dans la première enquête annuelle de la BDC sur la création d'entreprises au Canada, le Québec est la deuxième province où se créent le plus d'entreprises. Expliquez-nous ce résultat.

Dans les faits, je pense que c'est l'Ontario, dont le taux d'entrepreneuriat s'établissait à 0,22 % en 2011, qui influence la moyenne canadienne à la baisse. La province a été durement touchée par la crise, et son secteur manufacturier ne s'en est pas remis. Le taux du Québec, soit 0,23 %, est malgré tout encourageant, puisque, historiquement, il est un peu plus bas au Québec. Cela signifie que les gens y ont vu plus d'occasions d'affaires que dans les provinces à sa remorque. À l'inverse, le taux en Colombie-Britannique, qui s'est élevé à 0,27 %, a toujours été plus robuste.

Qu'est-ce que ces résultats signifient pour l'économie canadienne ?

Ils nous disent que, malgré le retour de la croissance économique, les gens voient moins d'occasions qu'avant la crise. Dans les faits, bien que les investissements aient augmenté depuis la reprise, le taux d'entrepreneuriat au Canada demeure plus bas qu'il y a 10 ans. En 2001, il était de 0,30 %, comparativement à 0,23 % 10 ans plus tard. Au Québec, il s'élevait à 0,27 % en 2001, par rapport également à 0,23 % en 2011. Par secteur, on voit que la construction, qui a bénéficié de taux d'intérêt peu élevés, a attiré davantage d'entrepreneurs. Le secteur manufacturier, au contraire, n'a pas été jugé prometteur par ceux-ci. Bref, il faut surtout voir dans ces chiffres un indicateur sur les occasions d'affaires que les gens voient ou ne voient pas au Canada.

Pouvez-vous dresser le portrait de l'entrepreneur type en 2011 ?

Encore aujourd'hui, c'est un homme âgé entre 25 et 54 ans. C'est un peu étonnant, car on aurait pu croire que les femmes auraient été plus nombreuses à se lancer dans les affaires. Notamment, plusieurs barrières sont tombées, comme l'accès au financement. Malgré tout, le taux d'entrepreneuriat est deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Un autre facteur intéressant, c'est qu'on remarque un taux d'entrepreneuriat plus élevé chez les immigrants. Finalement, on observe une augmentation marquée de ce taux chez les 45 ans et plus. Cette augmentation s'explique sans doute par le vieillissement de la population canadienne.

CV

Nom : Pierre Cléroux

Titre : Vice-président, recherche et économiste en chef de la BDC

Âge : 51 ans

Titulaire d'une maîtrise en économie de l'Université Laval et d'un MBA du MIT, M. Cléroux a auparavant occupé les postes de sous-ministre adjoint au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du Québec dans le gouvernement libéral de Jean Charest, et d'économiste à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

43 000

Nombre de Canadiens ayant lancé une entreprise et embauché en 2011, soit 0,23 % des quelque 19 millions de travailleurs répertoriés au pays.

Source : BDC

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