Le roi de la récup'

Publié le 01/10/2011 à 15:49, mis à jour le 19/11/2013 à 15:50

Le roi de la récup'

Publié le 01/10/2011 à 15:49, mis à jour le 19/11/2013 à 15:50

Il y a dix ans, quand Jean-François Archambault essayait de vendre son projet de redistribution alimentaire, l'industrie de la restauration était sceptique. Aujourd'hui, ce projet offre des repas à des milliers de familles défavorisées.

"On engraisse les poubelles, patron." Jean-François Archambault, jeune diplômé en gestion hôtelière, s'indigne. Comment se fait-il que l'on jette, banquet après banquet, de la bonne nourriture en quantité astronomique, alors que tant de gens souffrent de la faim ? Une idée, jusque-là utopique, lui vient à l'esprit : pourquoi ne pas récupérer toute cette nourriture ?

À l'âge de 24 ans, ce directeur des ventes pour Fairmont Tremblant décide de lancer un projet de redistribution alimentaire. Son idée : trouver une façon de donner les restes des hôtels et des traiteurs aux banques alimentaires. Ce sera la mission de la Tablée des Chefs, organisme qu'il fonde en 2002. Mais il lui faudra des années de démarches pour trouver des partenaires désireux d'embarquer dans l'aventure.

Car deux obstacles se dressent sur son passage. Le premier : la récupération des surplus est complexe du point de vue logistique. Les chefs, réticents à l'idée, ne veulent pas être accusés d'empoisonnement alimentaire à cause d'une mauvaise manipulation. "Les hôteliers craignaient les poursuites. Pour eux, c'était plus sûr et plus simple de tout jeter", explique Jean-François Archambault, aujourd'hui âgé de 35 ans et père de deux jeunes enfants. Le deuxième obstacle : le concepteur de ce beau plan a encore des croûtes à manger. "En raison de mon âge, on ne me prenait pas au sérieux", dit-il.

Malgré sa bonne volonté, le projet s'enlise. "J'étais la dernière priorité des hôteliers. On me disait tout le temps : "On va te rappeler"", précise cet entrepreneur engagé dans une mission humanitaire, qui nous accueille au siège social de son organisme, à Longueuil. Sauf que rien n'ébranle la motivation du jeune homme. "Le décès de ma mère, après un long combat contre le cancer, m'a donné envie de faire quelque chose d'utile pour la société", dit Jean-François Archambault.

Coup de théâtre en 2005. Le président des Canadiens de Montréal, Pierre Boivin, a vent du projet et... embarque ! Le Centre Bell, où 2 000 repas sont servis dans les loges à chaque match, sera l'endroit où sera mise à l'épreuve la logistique de la Tablée des Chefs. Après cette première réussite, les hôteliers prêtent enfin une oreille attentive au jeune philanthrope.

En 2006, Jean-François Archambault quitte son emploi chez Marriott pour se consacrer à plein temps à sa cause. "J'ai la chance d'accomplir un travail en harmonie avec mes valeurs, dans un univers, l'alimentation, que j'adore. Je côtoie des leaders qui m'inspirent. Les défis que me procure mon travail sont très stimulants", explique-t-il.

À présent, la Tablée des Chefs récupère l'équivalent de 150 000 repas par année auprès d'une douzaine de donateurs. Des banques alimentaires s'occupent de la redistribution. En outre, elle offre gratuitement des ateliers de cuisine aux enfants défavorisés et aux jeunes issus de centres d'accueil. "Aujourd'hui, quand je regarde le travail accompli, je ne regrette pas d'avoir entrepris mes démarches à 24 ans, même si ce fut difficile", conclut-il, avec un soupçon d'émotion dans la voix.

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