Le leadership, c'est dans la tête que ça se passe

Publié le 01/11/2008 à 00:00

Le leadership, c'est dans la tête que ça se passe

Publié le 01/11/2008 à 00:00

Peut-on vraiment " former " un leader ? Former, comme dans modeler, quand on confectionne un objet à partir d'une matière brute ?

C'est à la fois un rêve et une grande question qui surgit de plus en plus souvent. Et si on a parfois du mal à trouver un leader, serait-il plus facile d'en fabriquer un sur mesure ?

" Au départ, il n'existe pas de leaders naturels ", dit Vincent Sabourin, directeur du Département, stratégie et responsabilité sociale de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM.

" L'idée qu'on "naît leader" ne résiste pas à l'analyse. C'est un état qui se développe, sous l'influence des événements auxquels on fait face ", ajoute celui qui dirige le programme de recherche Performex, pour gestionnaires, lié à l'UQAM.

Les qualités de base

" Encore faut-il un terreau fertile, dit Luc Brunet, directeur du programme de psychologie du travail et des organisations de l'Université de Montréal. On n'arrive pas à de grands résultats si on se contente d'envoyer une personne en formation pendant une semaine en espérant que cela lui inculquera le sens du leadership. "

De là, la nécessité de reconnaître les aptitudes qui signalent un bon potentiel. " Le mieux, c'est une personne extravertie, capable d'agréabilité, stable émotionnellement et en mesure d'établir des relations interpersonnelles valables ", souligne Luc Brunet.

" Sans oublier la capacité de prendre conscience de ses gestes et de ses attitudes ", ajoute Laurent Lapierre, titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau à HEC Montréal.

Intervenir à la source

On peut donc aider une personne à gravir l'échelle du leadership. Mais cet apprentissage peut être plus ou moins long. Et si on intervenait à la source, dans le cerveau même, là où se construit le caractère d'un individu ?

C'est là l'ambition d'une toute nouvelle discipline qui a pris le nom de neuroleadership. En gros, il s'agit d'une rencontre entre la neurologie et la psychologie du leadership. À l'extrême, certaines recherches visent à circonscrire les zones du cerveau où s'établissent les connexions neuronales liées à la prise de décision. Des travaux menés dans le cadre du Leadership Neuroscience Project, aux États-Unis, ont montré, par exemple, des différences d'activité électrique dans le cerveau de gens selon qu'ils étaient perçus comme inspirants ou non inspirants.

Qu'on se rassure, les chercheurs n'en sont pas encore à vouloir intervenir chirurgicalement pour créer de nouvelles connexions ou réparer celles qui seraient défaillantes. On sait cependant qu'il est possible d'induire des connexions neuronales pour restaurer une fonction perdue lors d'un accident, par exemple, en injectant certaines protéines dans le cervelet du patient.

Mais ces percées sont encore embryonnaires et il est loin d'être entendu qu'on puisse corriger ainsi des traits de personnalité. Et si c'était le cas, un débat éthique houleux éclaterait.

Créer de nouveaux réflexes

Par contre, d'autres soutiennent que le cerveau est à ce point malléable qu'on peut aménager de nouvelles connexions de l'extérieur, en stimulant, par exemple, l'apparition de nouveaux réflexes. C'est la voie choisie par l'Australien David Rock, pdg de Results Coaching Systems, qui partage son temps entre Sydney et New York et qui est devenu l'un des champions de cette approche. " Appliquez-vous pendant une journée à ouvrir la portière de votre auto avec l'autre main, et observez ce qui arrive. Il ne faut pas trop de temps pour créer une nouvelle habitude ", écrit-il dans son livre The Quiet Leadership, soutenant que la science a démontré qu'il est possible de produire rapidement des transformations chimiques et physiques dans notre cerveau. L'exploration du cerveau et de ses multiples possibilités ne fait que commencer.

rene.vezina@transcontinental.ca

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