Le GPS contre les GES

Publié le 08/10/2011 à 00:05, mis à jour le 16/01/2012 à 15:59

Le GPS contre les GES

Publié le 08/10/2011 à 00:05, mis à jour le 16/01/2012 à 15:59

Par Dominique Froment

Sébastien Léonard, président fondateur de zeroco2

La technologie peut fournir une caution aux entreprises qui proposent à leurs clients de planter des arbres en leur nom pour compenser leurs émissions de CO2.

C'est ce que Sébastien Léonard, président fondateur de zeroco2, a proposé à la Banque Nationale, en 2007. Le principe : offrir aux nouveaux assurés automobiles de compenser le CO2 (dioxyde de carbone) produit au cours des 3 000 premiers kilomètres (km) parcourus en plantant des arbres. Pour donner une idée, précisons qu'une petite voiture roulant 20 000 km par an produit trois tonnes de CO2, ce qui nécessite de planter 18 arbres chaque année.

Mission première

"Pour tous nos projets, nous avons comme principe de toujours chercher à réduire la production de CO2 avant de la compenser. C'est notre mission première. C'est pourquoi l'offre de la Banque n'était proposée qu'aux propriétaires de petits véhicules", explique M. Léonard, 40 ans.

Chacun des clients de l'institution financière ayant participé à ce programme a reçu un code électronique géolocalisant (par GPS) ses arbres sur un site Web. Chaque arbre est inscrit dans un registre vérifié par un cabinet comptable qui respecte les normes internationales. "Grâce à notre technologie brevetée, nous sommes les seuls à offrir ce niveau de rigueur et de précision", affirme M. Léonard, actionnaire unique de zeroco2, fondée en 2004.

L'entreprise, qui emploie une quinzaine de personnes, garantit la survie des arbres par un suivi sur le terrain pendant au moins trois à cinq ans.

De nombreux candidats au reboisement

Pour réaliser ses projets de reboisement, la PME a besoin de terres d'accueil, en milieu urbain seulement, mais elle n'en manque pas ; récemment, elle a reçu 45 candidatures pour accueillir un lot de 700 arbres. Zeroco2 travaille actuellement avec une soixantaine de municipalités et d'entreprises pour faire leur bilan de CO2 et leur proposer des solutions en vue de réduire et de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Pour dresser le bilan de CO2 d'une organisation et lui proposer des solutions pour réduire ses émissions de GES, l'entreprise facture des honoraires de consultation. Quant au volet compensation, l'organisation doit payer 20 $ par arbre, soit 120 $ la tonne de CO2 compensée. Ce tarif comprend tout : le suivi des arbres pendant trois à cinq ans, les codes électroniques, les certifications et le site Web de géolocalisation.

Même les particuliers peuvent faire du bien à l'environnement en achetant des arbres à 20 $ l'unité, au même prix que les entreprises, sur le site Internet de zeroco2. Ceux qui le font reçoivent un certificat électronique qui géolocalise leurs arbres.

"Pour être logiques avec nous-mêmes, nous refusons les conducteurs d'une voiture qui brûle plus de 11 litres d'essence au 100 km", précise M. Léonard.

Zeroco2 est l'un des plus importants détenteurs de crédits de carbone homologués Gold Standard et VCS, deux normes reconnues. En 2009, elle a rendu possible le premier chantier de génie civil carboneutre au Canada, à Laval. Elle a aussi permis la construction de trois ponts de bois carboneutres dans la forêt Montmorency, au nord-ouest de Québec.

L'homme d'affaires affirme avoir planté plus de 200 000 arbres depuis qu'il a créé zeroco2 ; il dit en planter entre 30 000 et 50 000 par année. Son dernier gros projet en date est à Saint-Hyacinthe. "Nous allons doubler la superficie du plus grand parc urbain de la Montérégie, en plantant 25 000 arbres, dont 10 000 sont déjà en terre", dit M. Léonard.

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