Le CN rallie les minières... mais le projet coûtera cher

Publié le 08/09/2012 à 00:00

Le CN rallie les minières... mais le projet coûtera cher

Publié le 08/09/2012 à 00:00

Le projet ferroviaire titanesque du Canadien National et de la Caisse de dépôt et placement du Québec continue d'attirer les minières de la Fosse du Labrador. Champion Minerals s'est jointe le 29 août aux cinq autres entreprises qui participeront à une étude de faisabilité pour relier les concessions minières au Port de Sept-Îles. Mais la nouvelle ligne pourrait coûter encore plus cher que les cinq milliards de dollars annoncés, convient le pdg du plus grand chemin de fer du pays, Claude Mongeau, en entrevue avec Les Affaires.

« On dit que ce sera certainement au-delà des cinq milliards de dollars, en incluant la ligne et le centre de transbordement multi-usagers, dit-il. On va tout faire pour réduire ces coûts au maximum, mais c'est possible aussi que ça soit plus cher. »

Dans l'industrie, plusieurs ont entendu une estimation plus élevée de 40% que ce que le CN a officiellement avancé. « J'ai vu des évaluations chiffrant les coûts du projet jusqu'à sept milliards », dit Sandy Chim, pdg de Century Iron Mines, l'une des deux dernières minières de la Fosse du Labrador à ne pas participer à l'étude de faisabilité du CN.

Claude Mongeau signale que son entreprise n'en est qu'au tout début des travaux. « Il y a tellement d'incertitudes que c'est difficile de faire des prévisions précises », dit-il. La signature de contrats de transport avec les minières dont les concessions se trouvent à l'extrémité nord de la Fosse pourrait également contribuer à faire grimper le coût de la ligne. « On va se donner 10 mois pour faire l'étude de faisabilité. »

Le pdg estime à environ « 40 à 50 millions de tonnes » la quantité minimale de minerai de fer à expédier pour justifier la construction de la ligne.

Champion saute dans le train

Le 29 août, Champion Minerals s'est jointe à cinq autres minières de la Fosse du Labrador pour participer à l'étude de faisabilité du CN. Avec Century Iron Mines, Champion Minerals était pourtant la plus fervente partisane d'un chemin de fer construit par et pour les minières, une solution alors jugée plus économique pour les utilisateurs.

Mais Champion n'avait plus le choix. « Dans le contexte où le CN et la Caisse ont annoncé leur étude avec cinq autres minières, on s'est mis à repenser à tout ça, dit Jeff Hussey, vice-président principal, développement des affaires de la minière. Une des plus grosses variables pour faire baisser les coûts, c'est d'avoir du volume. Donc, nous avons décidé de participer. » Autrement dit, si les autres entreprises décident de faire affaire avec le CN pour expédier leur minerai, Champion aurait du mal à rentabiliser la ligne multi-usager qu'elle a imaginée.

Jeff Hussey assure cependant que Champion garde toutes ses options ouvertes. Si le plan du CN échoue et que des minières signent des contrats de transport avec elle, elle pourrait construire sa propre ligne entre SeptÎles et ses concessions de la région de Fermont.

Champion pourrait également négocier avec Rio Tinto et Cliffs, propriétaires de chemins de fer existants, pour utiliser leur capacité résiduelle et acheminer son minerai jusqu'au port par leurs infrastructures.

La stratégie de Century Iron Mines

Avec Adriana Resources, Century Iron Mines, de Toronto, est l'une des deux dernières à ne pas collaborer à l'étude de faisabilité du CN. En mars, Century a même enregistré la Société ferroviaire canadienne du Golfe. L'entreprise coquille, détenue par une filiale des îles Vierges britanniques, devait construire et exploiter un chemin de fer entre la Fosse du Labrador et Sept-Îles. Dans une entrevue avec Les Affaires, le pdg Sandy Chim disait alors vouloir faire du transport ferroviaire « un coût à l'industrie, plutôt qu'un centre de profits pour des tiers ».

Mais aujourd'hui, Century Iron Mines semble faire cavalier seul en défendant cette solution. Adriana Resources n'a pas signé non plus d'entente avec le CN, mais elle négocie. « Nous discutons depuis plusieurs mois, mais nous ne sommes pas encore arrivés à une entente acceptable pour les deux parties », dit Allen Palmiere, pdg d'Adriana.

Ce n'est pas le cas de Century Iron Mines, dit Sandy Chim. « Je n'ai pas vu l'entente que les autres minières ont signée, donc je ne peux pas commenter, mais nous gardons nos options ouvertes », dit le pdg.

Au CN, Claude Mongeau assure au contraire que son entreprise a bel et bien invité Century à participer à l'étude. « Ils sont les bienvenus, dit-il. Ça nous ferait énormément plaisir qu'ils se joignent à nous. »

Mais Sandy Chim n'en aura peut-être pas besoin. Le pdg de Century signale que les premières minières qui seront prêtes à expédier leur minerai pourraient s'entendre avec Rio Tinto, propriétaire de la ligne existante. « La capacité n'est pas assez grande pour tout le monde, mais tout le monde n'entrera pas en production en même temps... »

Avec une cible de mise en production en 2015, Century serait justement parmi les premières entreprises à pouvoir mettre une nouvelle mine en exploitation.

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