La " stratégie russe " du ministre Arcand

Publié le 06/06/2009 à 00:00

La " stratégie russe " du ministre Arcand

Publié le 06/06/2009 à 00:00

La Russie a beau flirter avec le protectionnisme et avoir une sulfureuse réputation en matière de corruption, le ministre des Relations internationales du Québec, Pierre Arcand, juge ce marché beaucoup trop important pour le négliger.

" On a dit bien des choses sur la Chine, mais on ne peut pas ignorer un marché d'une telle ampleur. C'est la même chose pour la Russie ", dit M. Arcand, en tournée dans ce pays.

La Russie, malgré la récession et l'imposition récente de règles concernant les investissements étrangers, connaît un boom économique.

Mais ce n'est pas un marché qui deviendra important du jour au lendemain pour le Québec (nos exportations en Russie ont atteint 452 millions de dollars en 2008), et il reste à développer. C'est à cette tâche que se consacre le ministre Arcand cette semaine, en mission jusqu'au 7 juin pour promouvoir les secteurs de l'économie, de l'éducation et de la culture.

Que peut offrir le Québec à cette économie largement étatisée qui carbure au gaz naturel (premier producteur mondial) et au pétrole (deuxième producteur mondial) ?

La " stratégie russe ", de M. Arcand, comme il l'appelle lui-même, s'articule autour de secteurs où le Québec compte un solide savoir-faire, dont l'agriculture. " La Russie veut redevenir d'ici quelques années le premier exportateur mondial de blé. Elle aura besoin de matériel agricole. " Pierre Arcand voit également des occasions d'affaires en énergie, " où nos compétences sont reconnues, notamment dans le marché des moyennes et grosses turbines ", ainsi que dans le secteur forestier, où une révolution est en cours avec l'émergence de nouvelles technologies, comme la biomasse.

" On a senti qu'il y avait une ouverture de leur part pour l'arrivée d'entreprises étrangères ", dit-il.

Nouvelles mesures protectionnistes

Cela n'est pas encore le cas. Le gouvernement russe a récemment adopté une loi, au nom de l'intérêt national, qui encadre de manière stricte les investissements étrangers et la prospection dans 11 secteurs stratégiques de l'économie, dont les ressources minières, l'aviation, le pétrole et les pêcheries, mais pas l'industrie forestière.

Joint à Moscou, le ministre Arcand quittait la capitale pour se rendre au 13e Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Ce forum, appelé le " Davos russe " en raison de la présence de décideurs internationaux, compte sur la présence du président russe Dmitri Medvedev, qui a toute la confiance de M. Arcand. " Le président a fait de la lutte à la corruption le principal enjeu de son administration, et travaille très fort en ce sens. "

martine.turenne@transcontinental.ca

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