"L'indépendance énergétique est la clé de la prospérité future du Québec" - Robert Laplante, directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine

Publié le 08/10/2011 à 00:00

"L'indépendance énergétique est la clé de la prospérité future du Québec" - Robert Laplante, directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine

Publié le 08/10/2011 à 00:00

Par Dominique Froment

Que suggérez-vous pour relancer l'économie du Québec ?

Accéder à l'indépendance énergétique par l'électrification du transport collectif, la reconversion industrielle et le développement de la biomasse. Le Québec possède un potentiel exceptionnel d'énergies hydraulique et éolienne qui peut être exploité et mis en valeur dans des délais assez courts. La réorganisation de nos infrastructures de transport pourrait constituer la pierre angulaire de cette stratégie. C'est en effet en matière de transport que la vulnérabilité de l'économie québécoise est la plus grande et qu'il serait le plus difficile, en cas de choc pétrolier, de faire face à la transition.

Pouvez-vous chiffrer votre proposition ?

Les projets de transport collectif que nous avons étudiés généreraient des investissements de près de 20 milliards de dollars (G$). Les retombées économiques directes et indirectes permettraient de créer près de 140 000 emplois et une valeur ajoutée totale de 11,9 G$, dont 6,3 G$ versés en salaires, 5,3 G$, en rémunération du capital et 0,3 G$, en revenus nets des travailleurs autonomes. Par ailleurs, les revenus fiscaux des deux ordres de gouvernement (impôts, taxes, parafiscalité) seraient d'environ 2,3 G$. Le TGV Québec - Windsor ou Montréal - New York dont nos dirigeants aiment bien parler est un concept dépassé qui laisse en rade une bonne partie des régions du Québec.

Le potentiel de la biomasse est-il si intéressant ?

Le Québec dispose de ressources forestières fabuleuses et d'un immense territoire susceptible d'être consacré au développement de ces énergies, sans concurrence avec la production alimentaire. Pourtant, le gouvernement ne s'intéresse qu'à la biomasse résiduelle agricole ou forestière ; il laisse de côté les plantations énergétiques et prive des collectivités d'un instrument de revitalisation économique. Les 300 000 hectares de terres sans potentiel de production alimentaire pouvant être mises en production ont un potentiel de 30 000 gigawattheure [NDLR : environ 15 % de la production d'énergie d'Hydro-Québec]. Les six millions de tonnes de biomasse sèche ainsi produites correspondraient à neuf millions de tonnes de CO2 en moins. Cette filière pourrait venir à la rescousse d'une agriculture en difficulté en diversifiant les sources de revenus et en encourageant les nouvelles initiatives des agriculteurs, des entrepreneurs et des divers intervenants du développement local et régional.

CV

NOM : Robert Laplante

FONCTION : Directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine

Docteur en sciences sociales, Robert Laplante est spécialisé en sociologie économique. L'Institut qu'il dirige vise à encourager la recherche des meilleures voies de réalisation du bien commun et d'une définition plus adéquate du rôle que doivent jouer les différents acteurs sur les scènes économiques locales et mondiales.

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