L'immigration n'apporte rien à l'économie

Publié le 26/02/2011 à 00:00, mis à jour le 03/03/2011 à 13:29

L'immigration n'apporte rien à l'économie

Publié le 26/02/2011 à 00:00, mis à jour le 03/03/2011 à 13:29

Par Dominique Froment

Nos politiciens parlent de l'immigration comme d'une solution miracle au vieillissement de la population. Or, deux chercheurs québécois démontrent, dans un livre qui sortira le 1er mars, que l'immigration n'apporte rien à l'économie.

" Cet argument ne tient pas la route ", affirme Benoît Dubreuil, coauteur avec Guillaume Marois de Le Remède imaginaire ; pourquoi l'immigration ne sauvera pas le Québec, chez Boréal. Le premier est chercheur postdoctoral en philosophie à l'UQAM et le second, doctorant en démographie à l'Institut national de recherche scientifique.

En général, les immigrants sont jeunes et bien placés pour remplacer les travailleurs âgés. Pourtant, explique M. Dubreuil, une modélisation montre que l'incidence de l'immigration sur la pyramide des âges est très marginale. Pire : cet effet positif minime est souvent annulé, voire contrecarré, par le taux de chômage plus élevé et le taux d'activité plus faible des immigrants comparativement à ceux de la population en général.

Un taux de chômage élevé

" Plus un pays a des politiques sociales généreuses, comme le Québec et les pays scandinaves, plus le taux de chômage est élevé chez les immigrants, soutient M. Dubreuil. Cela explique que la Scandinavie ait beaucoup de difficultés à intégrer ses immigrants, alors qu'aux États-Unis, où la politique est tu travailles ou tu retournes chez toi, le taux de chômage des immigrants est beaucoup plus bas. "

L'autre aspect important est le revenu inférieur des immigrants. À ce chapitre, la situation s'est détériorée au Canada par rapport aux années 1950, 1960 et 1970, où les immigrants italiens et grecs, par exemple, se sont bien intégrés à la société québécoise. Depuis les années 1980, les immigrants s'en tirent moins bien que le reste de la population. Cela s'explique de diverses manières, comme par la tertiarisation de l'économie qui a fait disparaître des milliers d'emplois manufacturiers, le changement dans la composition des immigrants, l'ordinateur qui a pris la place de milliers d'emplois, la culture plus éloignée de la nôtre des nouveaux arrivants, etc.

Comme le revenu des immigrants est plus faible, ils paient moins d'impôts. Tandis qu'évidemment, les personnes pauvres consomment autant de services que les riches. " Je ne dis pas qu'il faut mettre fin à l'immigration; il y a plusieurs raisons valables pour accepter des immigrants chez nous. Ce que je dis, c'est qu'on se leurre si on compte sur l'immigration pour stimuler notre économie et solutionner notre problème de pénurie de main-d'oeuvre ", estime M. Dubreuil.

49 489

Nombre total d'immigrants qu'a accueillis le Québec en 2009. Ceux-ci représentent 19,6 % des immigrants canadiens. En 2008, 45 209 immigrants avaient choisi le Québec. L'immigration est en forte croissance dans la Belle Province, qui comptait 32 502 immigrants en 2000. Source : ISQ


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