L'ALÉNA ne va pas assez loin, selon les lobbys d'affaires

Publié le 12/10/2013 à 00:00, mis à jour le 10/10/2013 à 09:48

L'ALÉNA ne va pas assez loin, selon les lobbys d'affaires

Publié le 12/10/2013 à 00:00, mis à jour le 10/10/2013 à 09:48

Les patrons de l'Amérique du Nord exigent une plus grande intégration des trois pays de l'ALÉNA. Selon eux, cette stratégie permettrait aux économies du Canada, des États-Unis et du Mexique d'être plus concurrentielles face à celles des pays émergents.

Dans une lettre conjointe envoyée au premier ministre Stephen Harper, au président américain Barack Obama et au président mexicain Enrique Pena Nieto, trois puissants lobbys d'affaires demandent aux gouvernements d'intervenir en priorité en matière de systèmes frontaliers, de l'harmonisation réglementaire et de l'énergie.

«Nous pouvons atteindre une plus grande coopération économique, politique et réglementaire de nos pays tout en maintenant la souveraineté, la vie privée, la protection des consommateurs, la santé publique, la sécurité, et la protection de l'environnement», affirment les dirigeants du Conseil canadien des chefs d'entreprise, du Business Roundtable et du Consejo Mexicano de Hombres de Negocios.

Les patrons proposent en outre d'étendre systématiquement et rapidement les projets-pilotes du programme de prédédouanement «Par-delà la frontière». Selon eux, les systèmes frontaliers doivent aussi accélérer la mise en place des meilleures technologies pour automatiser et informatiser les procédures douanières.

Par ailleurs, les dirigeants demandent aux trois gouvernements de documenter tous les frais frontaliers que doivent assumer les entreprises en Amérique du Nord. Ils souhaitent aussi qu'Ottawa, Washington et Mexico n'introduisent aucun nouveau frais et qu'ils abolissent ceux ayant un impact négatif sur les chaînes logistiques.

Harmonisation des règles

Les trois groupes de pression demandent aux gouvernements d'identifier chaque année toute nouvelle réglementation nationale qui peut nuire au commerce transfrontalier. Un exercice qui vise à terme à réduire, éliminer ou prévenir l'adoption de règles allant à l'encontre d'une plus grande harmonisation de la réglementation nord-américaine.

Selon les patrons, les gouvernements doivent aussi tenter d'adopter des règles efficaces et moins coûteuses qui peuvent être appliquées simultanément dans les trois pays.

Développement durable et sécurité énergétique

Les trois regroupements d'affaires demandent aux États-Unis et au Mexique d'autoriser le développement de leurs réserves communes d'hydrocarbures dans le golfe du Mexique. Selon eux, Washington devrait aussi approuver le projet de pipeline Keystone XL qui s'étendra de l'Alberta au Nebraska.

Les patrons demandent aussi aux gouvernements de réduire les délais d'approbation (permis, évaluations environnementales, etc.) des projets énergétiques. Le Canada serait le modèle à suivre, selon eux. Or, au pays, l'approche du gouvernement Harper est critiquée par les partis d'opposition, les environnementalistes et des groupes de citoyens.

Enfin, les trois groupes de pression exhortent les gouvernements à soutenir davantage l'essor des énergies renouvelables en Amérique du Nord. Ils leur réclament aussi de reconnaître l'hydroélectricité comme une énergie verte à part entière, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis - un enjeu crucial pour Hydro-Québec sur le marché américain.

Les marchés publics, une priorité

Appelés à commenter la lettre envoyée aux chefs d'État et de gouvernement, les Manufacturiers et exportateurs du Canada (MEC) affirment que la priorité devrait être d'intégrer davantage les marchés publics.

«Dans l'ALÉNA, les États-Unis ont exclu beaucoup de programmes qui permettent l'imposition de contenu américain dans toutes sortes de programmes d'infrastructure, notamment le transport en commun, ainsi que la modernisation des infrastructures de traitement des eaux usées», souligne Martin Lavoie, directeur des politiques aux MEC.

Tom Creary, directeur pour le Québec de la Chambre de commerce américaine au Canada, juge que les gouvernements doivent s'attaquer à la réglementation concernant l'emballage, entre autres. «Par exemple, les règles ne sont pas les mêmes pour les boîtes de céréales Cheerios vendues au Canada que pour celles vendues aux États-Unis.»

Enfin, une intégration accrue suscitera sans doute des craintes quant à «l'américanisation» de la réglementation canadienne. Une inquiétude exagérée, selon John Parisella, ancien délégué du Québec à New York. «Ottawa pourra toujours affirmer sa souveraineté s'il estime que l'harmonisation de règles va à l'encontre des intérêts canadiens», dit-il.

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