Inviter le loup dans la bergerie

Publié le 25/08/2012 à 00:00

Inviter le loup dans la bergerie

Publié le 25/08/2012 à 00:00

Le recrutement des meilleurs talents dans le secteur du jeu vidéo peut parfois être féroce, incitant les entreprises à tout faire pour mettre leurs employés à l'abri des concurrents. Le studio Funcom, lui, a choisi l'approche inverse : inviter le loup dans la bergerie.

Établie à Montréal depuis 2009, l'entreprise norvégienne Funcom a lancé au début de juillet son plus important produit, le jeu multijoueurs The Secret World. Le développement de celui-ci occupait la majorité des 250 employés du studio montréalais.

La fin du projet et des premiers résultats décevants des ventes du jeu ont toutefois forcé l'entreprise à annoncer au début août à ses employés qu'elle devrait procéder à des mises à pied.

Funcom est loin d'être le premier studio de jeux vidéo à devoir réduire sa main-d'oeuvre après la conclusion d'un projet ou à cause de résultats de ventes décevants. Mais son directeur général, Miguel Caron, n'entendait pas pour autant se contenter du minimum.

«En 17 ans de carrière comme gestionnaire, c'est la première fois que je dois faire des mises à pied, explique-t-il. J'ai de la difficulté à dealer avec ça, même si on me dit que c'est la norme dans l'industrie. Avoir un impact négatif sur la vie personnelle des gens, ce n'est pas quelque chose qui me plaît.»

Foire de l'emploi

Il a donc pris l'initiative de téléphoner à ses six plus grands rivaux montréalais et de les inviter à une foire de l'emploi qui se déroulera dans ses locaux, la semaine prochaine.

«Ils seront tous là. On va leur assigner chacun une salle de conférence et ils pourront mener des entrevues avec nos employés.»

Comme si le fait d'inviter ainsi la concurrence à venir puiser dans le buffet n'était pas suffisant, Funcom va même tout faire pour rendre ses employés attrayants.

«Dans ce domaine souvent, les gens ne savent pas très bien se vendre, explique M. Caron. Nos gens des ressources humaines vont les aider à mieux se présenter. Ils auront aussi des écrans sur lesquels ils pourront montrer leur travail.»

Payant à long terme

En plus d'apaiser sa conscience, Miguel Caron estime que l'idée sera bénéfique à long terme pour son entreprise.

«De toutes façons, si je faisais des mises à pied temporaires, je perdrais les meilleurs. En faisant cela, j'ai confiance que quand le moment de réembaucher sera venu, ce sera un facteur positif pour nous.

«Je ne veux pas me battre sur les salaires, poursuit-il. Je veux me battre sur la qualité des projets et la culture d'entreprise.»

Autre avantage de cette méthode, selon Miguel Caron : même s'ils savent que certains d'entre eux seront mis à pied bientôt, les employés sont restés productifs et l'ambiance est restée bonne.

Reste à voir si la méthode fera des petits. «Je ne suis pas certain que mes concurrents me rendront la pareille», convient-il.

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