Innovation : le Canada fait du surplace

Publié le 14/09/2013 à 00:00

Innovation : le Canada fait du surplace

Publié le 14/09/2013 à 00:00

Nous savions déjà qu'en matière de productivité du travail le Canada accuse un retard, depuis au moins 30 ans, sur les États-Unis et d'autres pays industrialisés. De récentes données dévoilées par Statistique Canada révèlent toutefois que le problème est plus grave qu'on ne le croyait. Et la situation est pire au Québec.

Si nous persistons à ignorer le problème de la productivité canadienne ou à le minimiser, les revenus futurs des Canadiens et des Québécois seront menacés, surtout si le prix des ressources naturelles connaît une baisse prolongée. Déjà, les piètres performances du Canada sur le plan de la productivité du travail (valeur en dollars de la production par heure travaillée) font en sorte que le revenu par habitant des Canadiens est inférieur d'au moins 7 000 $ à celui des Américains. En fait, jamais il n'a été si opportun de prendre au sérieux le problème de la faible croissance de la productivité au Canada.

Statistique Canada a récemment mis à jour des données qui comparent la croissance de la productivité du travail du Canada avec celle des États-Unis, de 1960 à 2011. Si, au départ, l'évolution de la productivité des deux pays était semblable, les tendances divergent depuis 1980. Au Canada, la productivité du travail s'est accrue de 1,4 % par an de 1980 à 2011, alors qu'elle a avancé de 2,2 % par an aux États-Unis.

Pourtant, le Canada obtient de meilleurs résultats que les États-Unis relativement à deux des trois facteurs qui contribuent à la hausse de la productivité du travail, soit la contribution du capital (utilisation plus intensive de l'équipement de pointe) et la contribution du travail (renforcement des compétences). Comment expliquer alors un tel retard ? En examinant le troisième facteur, la productivité multifactorielle (PMF), appelé aussi «innovation». De 1980 à 2011, le Canada a toujours enregistré une croissance nulle de sa PMF.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce résultat. Les entreprises canadiennes ont investi davantage dans les ressources naturelles, au détriment des activités manufacturières. Or, pour ce type d'investissement, le délai d'amortissement est sans doute plus long. Ainsi, certains secteurs, comme les sables bitumineux, ont bénéficié d'importants investissements. Toutefois, ils n'ont pas encore connu l'accroissement important et soutenu de leur production, susceptible de faire grimper la productivité. Par ailleurs, en raison des pénuries de main-d'oeuvre appréhendées, les entreprises canadiennes sont peut-être plus enclines à embaucher des travailleurs dans le cadre du modèle économique existant sans remettre en cause leurs façons de faire.

Rien pour empêcher l'écart de se creuser

Tout comme les causes de notre retard sont multiples, les solutions le sont aussi. Le gouvernement du Canada n'a toujours pas de stratégie globale de stimulation de la productivité. En outre, plusieurs PME résistent encore à donner une place centrale à l'innovation.

Chose certaine : si la croissance de la productivité ne figure pas bientôt parmi les priorités nationales, nous n'avons aucune raison d'espérer que ce retard ne cesse de se creuser.

Robert Gagné est directeur du Centre sur la productivité et la prospérité à HEC Montréal. Glen Hodgson est vice-président principal et économiste en chef au Conference Board du Canada.

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