Ils déplacent des montagnes

Publié le 09/04/2011 à 00:00

Ils déplacent des montagnes

Publié le 09/04/2011 à 00:00

Dans l'univers de plus en plus encombré de la philanthropie, certains leaders valent leur pesant d'or. En voici trois qui ont presque fait doubler les revenus de leur organisme.

MOBILISER SES TROUPES

QUI : Suzanne Dubois

OÙ : Société canadienne du cancer

RÉSULTAT OBTENU : De 16 à 30 M $ par an

Depuis que Suzanne Dubois en a pris les rênes, il y a cinq ans, la Société canadienne du cancer a connu une croissance phénoménale. Au début de 2006, l'organisme générait des revenus annuels de 16 millions de dollars (M $). L'année dernière, ils se sont élevés à 30 M $.

« Trente-deux, le double, ça aurait été mieux, mais on s'accommode de ce résultat », plaisante la directrice générale.

Pourtant, financièrement, les dernières années n'ont pas été roses pour les organismes caritatifs. « L'année 2009 a été difficile pour la philanthropie en général à cause de la récession », rappelle Mme Dubois, qui a dirigé auparavant la Fondation des maladies mentales et la Société canadienne de la sclérose en plaques.

« Quand l'économie va mal, ceux qui dépendent des dons d'entreprise s'en ressentent. Nous avons un portefeuille de revenu diversifié qui nous permet de passer au travers de périodes plus difficiles, comme celle-là. »

Cette diversification est en partie ce qui a permis à l'organisme de maintenir le cap, malgré les remous économiques. Pour le reste, la mobilisation a été déterminante. Car il n'y a pas que les dons qui ont augmenté à la Société. Le nombre de bénévoles aussi. Ils sont passés de 25 000 à 27 000 en cinq ans. « C'est vrai en philanthropie comme dans le milieu des entreprises : souvent, la croissance se démarque par la façon de mobiliser les gens autour d'une cause », estime Suzanne Dubois.

On y arrive par des gestes concrets : par exemple, l'implantation de 16 bureaux régionaux permettant d'encadrer les bénévoles. Cette initiative a notamment permis aux Relais pour la vie, ces marches nocturnes organisées par une armée de bénévoles, de passer de quelques événements générant 2,6 M $ à 77 événements qui ont permis de récolter 12,8 M $.

« Ces types de levée de fonds existaient déjà à mon arrivée, explique Mme Dubois. Nous avons su les exploiter à leur plein potentiel. »

APPRENDRE À AIDER

QUI : Denys Légaré

OÙ : Fondation de l'Hôtel-Dieu de Lévis

RÉSULTAT OBTENU : De 700 000 $ à 1,1 M $ à 4,1 M $ par an

Le CV de Denys Légaré ne contenait pas le mot « philanthropie » lorsqu'il a posé sa candidature, en 2009, au poste de directeur général de la Fondation de l'Hôtel-Dieu de Lévis. En un an, il a appris à devenir un collecteur de fonds, et tout un. Bon an mal an, jusque-là, sa fondation avait amassé de 700 000 $ à 1,1 M $ par année. En 30 ans, elle avait ainsi pu remettre 10 M $ à l'hôpital. Cette année seulement, elle lui versera 4,1 M $ !

Comment apprend-on si vite à déplacer des montagnes ? « J'ai fait mes devoirs, explique M. Légaré. J'ai rencontré une douzaine de personnes engagées dans le milieu de la philanthropie pour savoir comment cela fonctionnait. En même temps, je pense qu'il ne faut pas trop connaître ce qui se fait, car cela permet d'essayer de nouvelles choses », relativise-t-il.

Tout de même, M. Légaré n'arrivait pas de nulle part. L'homme de 54 ans avait une grande expérience en communication-marketing auprès d'organismes de loisirs : Stoneham, le Mont-Sainte-Anne et le Village Vacances Valcartier, notamment.

« La philanthropie ressemble beaucoup à la communication-marketing », dit-il.

« Avant, je devais convaincre les clients potentiels que mon centre était celui qui pouvait leur faire vivre la meilleure expérience possible. Aujourd'hui, je dois persuader les donateurs que, s'ils veulent faire une contribution dans le domaine de la santé et avoir un impact dans leur milieu, notre organisme peut leur permettre d'atteindre leurs objectifs. »

L'expérience de M. Légaré a aussi aidé sa Fondation à organiser une activité dont il est particulièrement fier : la traversée des monts ChicChocs, en Gaspésie, par un groupe de médecins qui voulaient financer la mise sur pied d'un laboratoire du sommeil. Grâce à un partenariat avec la Sépaq, l'activité n'a coûté que 10 000 $ et a permis de recueillir 300 000 $, un rendement exceptionnel pour ce genre de collecte de fonds. « Les gens ont participé parce que c'était un projet québécois, dit-il. Ce qu'il y a de beau, c'est que l'activité n'a pas à être de grande envergure. Même les petits gestes sont très valorisants. »

CONSULTER DES SAGES

QUI : Louise Pinard

OÙ : Fondation Sainte-Croix/Heriot

RÉSULTAT OBTENU : De 1,4 à 2,7 M $ par an

Lorsque Louise Pinard est arrivée dans la philanthropie, en 2002, elle avait cumulé diverses expériences, mais aucune dans la gestion d'un organisme caritatif. « Les levées de fonds, on est fait pour ça ou non. Je suis tombée là-dedans comme dans mes souliers », dit la femme de 48 ans, qui a trouvé là des défis à la hauteur de son sens de l'entrepreneuriat.

Au sein de la Fondation Sainte-Croix/Heriot, qui soutient les services de soins de santé de Drummondville, son premier défi aura été d'analyser les forces et les faiblesses de l'organisme. « Quand un nouveau gestionnaire arrive avec une vision différente, cela demande de la cohésion. Je me suis donc assurée que j'avais les bonnes personnes au bon endroit. Mais je n'aime pas bousculer. Je préfère consulter. »

Elle s'est donc tournée vers « ses sages », comme elle les appelle, afin de mieux comprendre les enjeux. Un ancien membre du conseil d'administration, par exemple, examine régulièrement avec elle les dépenses de la Fondation. Elle est heureuse de pouvoir s'appuyer sur ces piliers : « c'est comme dans une entreprise, pour avoir des revenus, on a besoin de ressources, et ces ressources, c'est notre équipe ».

Depuis 2005, les revenus de la Fondation sont passés de 1,4 à 2,7 M $. Comment ? « Nous travaillons fort à renforcer nos liens avec nos donateurs. C'est bien de demander de l'argent, mais nous leur sommes redevables. Il faut leur rendre des comptes en disant où va leur argent. » À son arrivée, la directrice a ainsi décidé d'investir dans la production d'un rapport annuel professionnel. La réussite se construit aussi par de petits gestes. « J'ai pris le temps de faire un gâteau pour l'anniversaire d'une de nos coordonnatrices », raconte Mme Pinard. La preuve que les plus grandes qualités pour être un philanthrope, sont d'abord et avant tout des qualités humaines.

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