Il y a une vie après l'entrepreneuriat

Publié le 28/05/2011 à 00:00

Il y a une vie après l'entrepreneuriat

Publié le 28/05/2011 à 00:00

Ils ont monté leur entreprise à la sueur de leur front, puis ont cédé les rênes du pouvoir en toute quiétude. Trois entrepreneurs nous racontent leur vie après le transfert de leur entreprise... qui n'est pas toujours très loin !

Le temps d'en profiter

Fernand Roger l'admet : il a connu un passage à vide après avoir cédé en 2002 l'entreprise qu'il avait fondée en 1973, Dessins Drummond, à sa fille et à son gendre. Mais, à l'entendre, il est difficile de croire qu'il a fallu neuf mois à cet entrepreneur pour se remettre de son ancienne vie. "Je n'étais pas malade, mais j'avais besoin d'un moment pour redescendre sur terre", explique-t-il.

Aujourd'hui, en plus de donner des conférences de motivation dans les écoles et les clubs d'affaires, cet homme de 66 ans est engagé dans deux organismes à but non lucratif, la Société historique de Drummond et le Moulin à laine d'Ulverton, qui bénéficient de son expertise et de sa passion. Petit à petit, Fernand Roger a redressé les deux organismes, faisant passer les revenus de la Société d'histoire de Drummond de 38 000 $ à 225 000 $, et remettant sur les rails la seule usine de textile de plus de 100 ans encore en activité. "Dans l'entreprise, j'avais des ordres du jour, des horaires de travail, des réunions. Là, c'est moins stressant", dit-il.

Maintenant, il regarde avec sérénité ses successeurs prendre la relève. "Je devais conserver 10 % des parts de l'entreprise, mais j'ai décidé de tout céder, et cela a été l'une de mes meilleures décisions", affirme-t-il. En effet, s'il assiste parfois sa fille et son gendre lorsqu'ils lui demandent conseil, il ne s'en fait pas avec la direction que ceux-ci donnent à l'entreprise.

Et puis il s'est découvert un nouveau talent, qui a suscité une nouvelle passion : le portrait. On peut voir le fruit de son travail sur www.fernandroger.com.

Garder un pied dans la PLACE

Robert Potvin continue à travailler pour le Groupe KWA, qu'il a cédé il y a cinq ans. Il n'est pas étonnant que cette transition ait remporté la médaille de la relève en 2010 : "Cela fait 30 ans que les entreprises m'embauchent pour élaborer leur plan de relève, alors j'étais bien placé pour préparer le mien !" dit-il.

Aujourd'hui, il ne fait que ce qu'il aime : le coaching, l'accompagnement individuel en entreprise. Et seulement le coaching de ceux qu'il aime, un luxe que seul un vétéran peut s'offrir. Mais Robert Potvin explique de plus d'une façon la réussite de son plan. "Certains entrepreneurs ne pensent à la relève qu'à 65 ans. Il ne faut pas attendre d'avoir un cancer pour y réfléchir", estime-t-il. Pour sa part, il a commencé à entrevoir la passation des pouvoirs dès la cinquantaine, ce qui lui a donné le temps d'identifier son meilleur dauphin.

Alors que Robert Potvin envisageait de confier son entreprise à des personnes qui, comme lui, se passionnent pour le coaching et la transition de carrière, il reconnaît que son successeur, Ronald Dahms, a plutôt des qualités d'entrepreneur et une grande compétence en marketing. Déjà, il salue les réalisations du nouveau dirigeant sans un soupçon d'envie. "Avec l'âge, on a moins de choses à prouver. À 60 ans, on a une meilleure perspective sur la vie. On sait qu'on ne conquerra pas le monde !".

Malgré cette sagesse, comment expliquer le fait que plusieurs entrepreneurs ratent leur sortie ? "Beaucoup d'entrepreneurs ont du mal à lâcher prise, explique-t-il. Le problème, c'est qu'ils s'identifient seulement à leur entreprise, si je puis dire. Il faut avoir une vie en dehors du travail."

Amateur de bons vins, de soirées entre amis et de voyages, Robert Potvin est heureux de ne travailler que quatre jours par semaine, plutôt que cinq ou six comme il le faisait auparavant.

Conserver les bons côtés

Même s'il a cédé son entreprise à son fils, Pierre Carrier, 65 ans, est, lui aussi, loin de penser à la retraite. "Mes tâches continueront d'évoluer jusqu'à ma mort, dit-il avec passion. Je travaille toujours autant, je ne sais même pas comment s'écrit le mot "retraite" !"

Aujourd'hui, l'homme qui a fondé Agnus Dei, traiteur, avec sa femme, fait ce qui l'a toujours passionné : la création culinaire. "Je me suis déchargé des tâches que je n'aimais pas et des responsabilités pour me concentrer uniquement sur ce que j'aime : inventer de nouvelles recettes", explique-t-il.

Fondée il y a 20 ans, son entreprise compte maintenant une cinquantaine d'employés. Elle devait prendre une direction à long terme. "Mon fils de 35 ans a une vision plus moderne que moi", dit-il.

Ce qui lui a permis de céder sans souci son bébé ? La confiance. "Il'était important que la personne à qui je transférerais mon entreprise ait les mêmes valeurs que moi. Agnus Dei est une entreprise familiale avec des valeurs sociales et environnementales", fait- il remarquer.

S'il ne s'investit plus dans la gestion, Pierre Carrier demeure un bon conseiller pour son fils. "Nous avons constitué une sorte de pseudoconseil d'administration, qui ressemble davantage à un conseil des sages", explique-t-il. Et son fils l'impressionne constamment : "Il se débrouille très bien, c'est un développeur", dit-il.

Si sa femme a opté pour une semi-retraite tout récemment, il continue, lui, de carburer à l'adrénaline : "Servir des milliers de personnes en deux heures, ça m'enthousiasme. Je dis souvent que je mourrai comme un artiste : sur la scène !"

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