«Il faut récompenser ceux qui investissent directement dans l'économie.» - Ianik Marcil, économiste

Publié le 25/08/2012 à 00:00

«Il faut récompenser ceux qui investissent directement dans l'économie.» - Ianik Marcil, économiste

Publié le 25/08/2012 à 00:00

Les principaux partis politiques proposent-ils de bonnes solutions pour réduire la dette et restaurer l'équilibre des finances publiques ?

Non, aucun des principaux partis ne s'attaque de front au problème de la dette publique, pas plus Québec solidaire ou Option nationale, d'ailleurs. Notre économie a un faible potentiel de croissance à moyen et à long termes en raison des craintes de stagnation prolongée de l'économie mondiale, du vieillissement de la population québécoise et de notre faible niveau d'innovation. Ce n'est pas la création de richesse qui réduira notre endettement, ni des solutions cosmétiques comme la réduction de quelques dépenses de fonctionnement de l'administration publique.

Que doit donc faire le prochain gouvernement pour réduire la dette ?

Bien entendu, il faut faire la chasse à l'inefficacité dans la fonction publique. Mais il faut surtout combattre les «termites fiscaux» ou anomalies fiscales. On parle ici d'évasion fiscale dans les paradis fiscaux (une activité légale), de la détaxation des fortunes personnelles et des grandes entreprises, de même que des congés fiscaux accordés aux fondations privées (au Canada, elles n'ont l'obligation de dépenser que 3,5 % de leur capital par an par rapport à 5 % aux États-Unis). Au Canada, les termites fiscaux ont privé le gouvernement fédéral de 6 à 10 % de ses revenus en 2012-2013, soit l'équivalent de son déficit... Il faut aussi taxer le capital inactif, qui ne sert qu'à générer une rente. En contrepartie, il faut récompenser les gens ou les entreprises qui investissent directement dans l'économie. On pourrait diminuer l'impôt sur les gains en capital ou sur les dividendes lorsqu'ils sont issus de placements directs dans des entreprises québécoises, particulièrement les PME. On pourrait aussi offrir des crédits d'impôt substantiels pour la création et l'administration d'entreprises d'économie sociale ou de coopératives. On pourrait enfin faciliter le financement direct dans les entreprises d'ici par l'intermédiaire des régimes de retraite comme les REER.

Que pensez-vous des baisses d'impôt proposées par la Coalition Avenir Québec, alors que le budget du Québec est toujours déficitaire ?

L'économie québécoise n'est pas très dynamique. Bien sûr, on essaie de la relancer avec des baisses d'impôt. Or, cette stratégie, qui tient surtout à de l'idéologie, ne fonctionne pas super bien et a tendance à créer des déficits ! Nous vivons malheureusement dans un système où les décideurs n'ont qu'une vision à court terme. Or, le Québec a un problème de productivité et n'innove pas assez. Et ce ne sont pas les baisses d'impôt qui vont régler cette situation !

PROFIL

Nom : Ianik Marcil

Âge : 42 ans

Fonction : Économiste indépendant M. Marcil est spécialisé dans le domaine des transformations économiques, industrielles et technologiques, les stratégies de positionnement et le développement des organisations. Il a également enseigné à l'Institut d'économie appliquée de HEC Montréal et au Département de science politique de l'Université de Montréal.

6 100

Manque à gagner, en milliards de dollars américains, du gouvernement américain en raison des baisses d'impôt accordées depuis 2001, selon le Congressional Budget Office. C'est près de quatre fois le PIB du Canada.

Source: Bloomberg BusinessWeek

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