Facebook, poker, DJ... les outils de jeunes engagés

Publié le 09/04/2011 à 00:00

Facebook, poker, DJ... les outils de jeunes engagés

Publié le 09/04/2011 à 00:00

On les dit égoïstes et centrés sur leurs besoins. Il est vrai que les 20-35 ans sont moins nombreux à faire du bénévolat que les 40-60 ans. Pourtant, il existe un noyau de jeunes très engagés. Qu'est-ce qui les fait courir ?

Maya Azzi a 25 ans, mais n'a pas une minute à elle. Cette vérificatrice en certification chez Deloitte n'imaginerait pas abandonner son bénévolat au sein de la Relève de la Place des Arts, de l'Orchestre symphonique de Montréal ou encore de Business for the Art. Au total : une vingtaine d'heures par semaine.

Son principal défi : conjuguer ses responsabilités professionnelles et son engagement bénévole. « Il faut convaincre son employeur, car sans son soutien, c'est impossible d'y arriver. » Et pour cause : elle doit souvent s'absenter de son bureau pour des réunions de CA ou des 5 à 7. « Le cabinet me laisse partir et je reviens terminer mon travail les soirs et les fins de semaine. »

Par chance, son employeur est sensible aux arts et à l'engagement social. La firme de comptables comporte même un groupe « Relève et réseautage » pour les employés, doté de son propre budget, pour faire des dons aux organismes qu'ils souhaitent soutenir, parmi certains des domaines priorisés par l'entreprise.

Maya Azzi aime partager sa passion. « Les jeunes se concentrent sur leur carrière, car la pression est forte. Le réseau professionnel est donc une voie de choix pour les toucher », estime-t-elle.

Comment convaincre la nouvelle génération de s'investir ? Il faut de « l'innovation, de l'originalité et aussi que les jeunes y trouvent leur intérêt ». Par exemple, pour inciter les jeunes à assister aux spectacles de l'OSM les soirs de concert, elle organise des rencontres avec les artistes ainsi qu'une séance de réseautage autour d'un verre. Puis, elle diffuse des photos sur Facebook pour « donner envie » aux autres de participer la prochaine fois.

Pour cette Libanaise arrivée toute petite au Québec, comme pour toute une génération de jeunes immigrants bénévoles, s'engager, c'est aussi un signe de reconnaissance envers son pays d'adoption, « une façon de s'intégrer et de montrer une image positive de l'immigration ».

Dépoussiérer les événements

Autres engagements, mêmes motivations pour Jean-Maxime Mercier, 25 ans, propriétaire de l'enseigne La Capitale du Bas-Saint-Laurent. Il a été sollicité par la Société canadienne du cancer, puis par l'association de lutte contre le décrochage scolaire Pro-Jeunes-Est, deux causes aux quelles il accorde temps et argent.

Ses motivations ? « Je suis dans les affaires, dit-il. Ces actions permettent de donner de la visibilité à l'entreprise de même qu'une image plus humaine des courtiers immobiliers, qui n'ont pas toujours bonne presse. »

Pour gagner à ses causes les courtiers de ses agences ainsi que ses propres amis il peut leur en coûter jusqu'à 200 $ pour participer à une course en faveur des personnes atteintes de cancer -, il leur assure de l'émotion, du fun et, pour les professionnels, de la visibilité.

Il aide aussi les organismes à dépoussiérer leurs événements afin de mieux toucher les jeunes. Pour sa soirée cabaret-casino annuelle, l'entrepreneur a incité l'organisme Pro-Jeunes-Est à proposer plus de poker - à la mode chez les jeunes - que de black jack, ou encore à faire disparaître les danses en ligne et au profit d'un DJ !

DES RETOMBÉES VISIBLES, C'EST PLUS VENDEUR

Le virage numérique, les organismes sans but lucratif l'ont pris ou sont sur le point de le faire. Cependant, être présent dans les médias sociaux, ce n'est pas suffisant.

Pour que les X et le Y s'engagent, il faut leur offrir de l'action, leur montrer les retombées concrètes de ce qu'ils entreprennent, les assurer d'être valorisés, les traiter comme des partenaires plutôt que comme de la main-d'oeuvre, être souple dans l'emploi du temps.

« Les deux éléments qui les amènent à nous, indique Marylène Robillard, de Bénévoles d'affaires, c'est pratiquer ce qu'ils ont appris à l'école et avoir des contacts pour commencer à construire leur réseau. »

Mais quel que soit le domaine, « il faut qu'ils comprennent ce qu'ils font et qu'ils sachent ce qu'ils peuvent apporter », note Ugo Dionne, cofondateur de Bénévoles d'affaires. C'est pourquoi certaines associations organisent régulièrement des visites de quartier pour définir concrètement les besoins et l'aide à apporter. « Quand la pauvreté prend une image, dit M. Dionne, c'est plus facile de convaincre. »

LES X ET Y DONNENT... S'ILS REÇOIVENT !

Les temps changent et le bénévolat aussi. Les jeunes attendent une satisfaction personnelle en contrepartie de leur engagement. Une révolution qui s'impose aux organismes de bienfaisance.

« En 2011, les premiers baby-boomers partiront à la retraite. Cela sonne l'alerte pour nous », explique Alexandre Ramacieri, de Centraide. L'organisme est tellement conscient de cette réalité qu'il a mis sur place, l'an dernier, une nouvelle division formée d'une dizaine de bénévoles chargés de réfléchir à une stratégie pour attirer les jeunes.

« La solution passe par une campagne sur le Web pour leur faire sentir que nos actions sont liées à leur vie quotidienne », estime Alexandre Ramacieri, qui est responsable de cette nouvelle division.

Mentorat sur le Web

Certains, comme Academos, sont même allés plus loin : ce site de mentorat ne fonctionne que sur la Toile. Des professionnels expérimentés prodiguent leur aide bénévolement, essentiellement par courriel et par téléphone, à un jeune à la recherche de conseils.

Une formule qui correspond bien aux attentes des Y, qui consacrent beaucoup de temps à l'ordinateur et au téléphone intelligent, et « qui ne veulent plus forcément se déplacer », souligne Josée Dufresne, consultante en responsabilité sociale. Cela explique les nombreuses campagnes de collectes de fonds effectuées par messages texte, comme lors du tremblement de terre en Haïti l'année dernière ou de celui qui a frappé le Japon récemment. Le don en ligne est devenu monnaie courante aujourd'hui.

Les causes qui attirent les X et les Y ? L'environnement, le loisir et le sport arrivent en tête, puis les organismes internationaux, les arts, la culture et enfin l'éducation, selon le Réseau de l'action bénévole du Québec.

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