Est-il est préférable d'acheter des obligations individuelles ?

Publié le 20/10/2012 à 00:00

Est-il est préférable d'acheter des obligations individuelles ?

Publié le 20/10/2012 à 00:00

Par D.B.

Les pour

Les investisseurs qui disposent d'un portefeuille d'au moins 500 000 $ devraient se procurer des obligations de sociétés individuelles au lieu d'acheter des fonds, recommande Vikash Jain, vice-président et gestionnaire d'archerETF, une division de Bellwether Investment Management.

En achetant des obligations individuelles, l'investisseur peut les détenir jusqu'à leur échéance. «Il contrôle ainsi davantage le rendement qu'il obtiendra», explique M. Jain.

L'achat direct d'obligations de sociétés individuelles vaut la peine, même si les courtiers prélèvent des commissions de transaction élevées pour effectuer ces achats.

«C'est le prix à payer pour avoir la certitude que son capital est en sécurité et pour se prémunir en partie contre la baisse que subiront les obligations lors d'une hausse des taux», assure-t-il.

Dans l'exemple d'un portefeuille de 500 000 $, dont 200 000 $ seraient alloués aux titres à revenu fixe, un investisseur peut se procurer deux obligations, à raison de 50 000 $ chacune, explique M. Jain.

Pour compenser le manque de diversification, l'investisseur devrait s'en tenir aux obligations de première qualité (investment grade), qui bénéficient d'une cote de crédit supérieure à BBB, et se limiter aux obligations dont l'échéance est inférieure à cinq ans.

«Les fonds d'obligations de sociétés donneront peut-être un bon rendement pendant encore un an ou deux, mais à un moment donné, la remontée des taux réduira la valeur marchande des obligations. Les investisseurs essuieront des rendements négatifs», dit-il.

Les contre

Il est vrai qu'un investisseur qui détient une obligation jusqu'à son échéance bénéficie d'un rendement «plus certain», puisqu'il reçoit directement les intérêts versés et son capital, à l'échéance. Toutefois, pour les obligations de sociétés, c'est une option trop coûteuse, dit Dan Hallett, vice-président chez HighView Financial.

«L'investisseur doit non seulement payer des commissions à l'achat, mais il s'expose à trop de risques avec seulement un ou deux titres. La valeur des obligations fluctue aussi en fonction de la capacité de la société à verser ses intérêts et à rembourser le capital à l'échéance», explique-t-il.

À son avis, la sécurité du capital, que l'on associe à une obligation individuelle, est davantage une question de perception que la réalité.

Actuellement, les obligations se négocient presque toutes à prime par rapport à leur valeur nominale, parce que les investisseurs donnent beaucoup de valeur aux versements réguliers d'intérêts qu'elles procurent. Ainsi, une obligation d'une valeur nominale de 100 $ peut se négocier à un cours de 105 $.

«Même en achetant une obligation individuelle, l'investisseur recevra moins à son échéance que le capital qu'il y a investi. Son rendement à l'échéance ressemblera donc à ce qu'un fonds obtient, avec la diversification en moins», affirme M. Hallett.

Un fonds qui possède des obligations de différentes échéances verra sa valeur baisser, surtout si les taux remontent rapidement. Si les taux remontent graduellement, son rendement s'adaptera à la hausse des taux, puisque le fonds achètera de nouvelles obligations offrant de meilleurs coupons d'intérêt», explique M. Hallett.

Mesurer tous les coûts

Les investisseurs ont l'impression que l'achat direct d'obligations coûte moins cher que les fonds qui prélèvent des frais de gestion. Cependant, les commissions prélevées à l'achat et à la revente de l'obligation sont aussi un coût, mais ce dernier est moins visible, car les commissions sont intégrées au prix offert par les courtiers. Elles varient de 1 à 2 $ par tranche de 100 $ d'obligations.

Un fonds commun ou un fonds négocié en Bourse restent les meilleures avenues pour le petit investisseur, car ces fonds se procurent leurs obligations à bon prix, tout en offrant une diversification instantanée, conclut M. Hallett.

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