Donner un bras à ceux qui n'en ont pas

Publié le 19/03/2011 à 00:00

Donner un bras à ceux qui n'en ont pas

Publié le 19/03/2011 à 00:00

Le secteur médical représente un monde de possibilités pour le génie. Sébastien Bibeau a choisi cette voie, en utilisant sa formation pour améliorer les conditions de vie des personnes lourdement handicapées.

L'ingénieur de 31 ans, employé par la société montréalaise Kinova, a participé à la réalisation d'un bras automatisé pour les personnes lourdement handicapées. Ce " bras bionique ", qui se fixe à une chaise roulante, un lit ou un poste de travail, est doté de trois doigts permettant de tenir un verre d'eau, d'ouvrir une porte ou... de se gratter le bout du nez.

Ce dernier exemple peut paraître banal, mais, pour qune personne qui a perdu l'usage de ses bras, la seule solution pour se soulager d'une démangeaison peut être de faire visser des règles dans le mur, à hauteur du visage, afin de pouvoir se gratter quand elle en ressent le besoin. " Quand vous voyez cela, votre travail prend un tout autre sens ", confie Sébastien Bibeau.

Ce bras robotisé peut être actionné de toutes sortes de façons : par un levier de commande installé sur le fauteuil motorisé, en soufflant dans une paille, ou encore par un mouvement du cou. " L'adaptation de ce produit aux handicaps et aux différents types de fauteuils roulants exige énormément de précision et de personnalisation. Il s'agit d'un travail d'orfèvre. "

Du papier au produit fini

À son arrivée chez Kinova, en 2008, pour un stage dans la jeune entreprise, le prototype de bras automatisé n'existait que sur papier. Sébastien Bibeau a donc chapeauté tout le développement logiciel du produit.

Aujourd'hui, le bras est pleinement fonctionnel. Depuis sa commercialisation à la fin de 2009, une dizaine d'unités ont été vendues en Chine, aux Pays-Bas, aux États-Unis, en France et au Canada. L'entreprise compte aujourd'hui une douzaine d'employés.

Ces résultats sont le fruit de nombreuses heures de travail. " Des semaines de cinquante ou de soixante heures, on en fait à la pelle ! Mais c'est ainsi qu'on apprend tout ce qu'on ne peut pas apprendre à l'université. Et c'est le prix à payer pour acquérir des compétences et des responsabilités que, dans les grandes entreprises, on n'acquiert souvent qu'au bout de dix ou vingt ans ", dit-il.

Du prototype à sa réalisation, le bras robotisé a évolué, mais une chose ne changera jamais aux yeux de Sébastien Bibeau : la satisfaction de voir un visage s'illuminer, à l'idée qu'il est enfin possible, sans l'aide de quiconque, de prendre un bon livre ou... de se gratter le nez.

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