Des PME québécoises qui ne seront jamais des gazelles

Publié le 16/11/2013 à 00:00, mis à jour le 14/11/2013 à 15:38

Des PME québécoises qui ne seront jamais des gazelles

Publié le 16/11/2013 à 00:00, mis à jour le 14/11/2013 à 15:38

Dommage, mais quelques gazelles viennent de galoper jusque dans la cour du voisin.

Lors du dévoilement de sa politique économique, à la mi-octobre, le gouvernement Marois disait vouloir miser sur des «gazelles». En gros, il s'agissait de déceler 300 PME au potentiel prometteur et de les accompagner afin qu'«un certain nombre d'entre elles atteignent un chiffre d'affaires de 200 millions de dollars et deviennent nos fleurons de demain».

Honnêtement, c'est un bel objectif, inspirant. On peut rêver de retrouver la fougue de l'époque du Québec inc., lorsque des entreprises quasi naissantes se sont élevées au rang de leaders nationaux, même internationaux dans bien des cas. Cascades, CGI, Transat et cie ont rapidement gravi les échelons. Pourquoi ne pas recommencer ?

D'accord. Mais en moins d'une semaine, quelques-unes de nos gazelles les plus prometteuses viennent de hisser le drapeau américain. Et la tendance est inquiétante.

Depuis le 31 octobre, les montréalaises PCO, iWeb et Laboratoires Paladin, ainsi que Creaform, de Lévis, ont été vendues à des intérêts américains. Quatre PME de bonne taille, actives dans des technologies de pointe, dominantes dans leur domaine, parvenues au stade où «ça passe ou ça casse», qui ont fini par succomber au chant des sirènes américaines. Pas pour une bouchée de pain, toutefois. Endo Health Solutions, par exemple, offre 1,7 milliard de dollars pour l'ensemble des actions de Laboratoires Paladin.

Dans l'immédiat, on ne devrait pas voir de gros changements, en surface du moins. Les acheteurs disent vouloir maintenir ici les activités, voire les sièges sociaux de leurs nouvelles filiales. Le fait qu'elles seront intégrées à un groupe plus large et plus costaud pourrait maintenir leur effectif et même accélérer leur développement.

Ouais. Il reste que, dans chaque cas, le centre ultime de décisions vient de basculer à l'étranger. Tant que ça ira bien, tant que les affaires progresseront, on laissera le gouvernail aux dirigeants québécois en place. Cependant, s'il faut un jour «restructurer», le rapport de force risque de ne pas nous être favorable.

Remarquez, ce genre de transactions va dans les deux sens. Ces dernières années, les PME québécoises sont souvent parties à la chasse pour se retrouver dans le rôle de prédateur plutôt que dans celui de proie. Mais y aurait-il essoufflement ? Faut-il y voir le signe qu'en route vers le sommet, de plus en plus de dirigeants de PME, comme leurs investisseurs, se disent qu'il vaut mieux laisser d'autres finaliser l'ascension ?

C'est préoccupant. Nous évoluons dans une économie mondialisée, la concurrence vient de partout, et il est préférable de nouer des alliances avec des partenaires stratégiques aux portefeuilles bien garnis que de glisser en queue de peloton. C'est vrai.

Mais le Québec s'est targué, et se targue encore, d'être en mesure de se faire valoir sur la scène internationale, autant dans le domaine des arts que dans celui des affaires.

Cela dépend. Voir une PME aux aspirations de gazelle reconnaître qu'elle ne peut aller plus loin par elle-même est attristant. Est-ce inévitablement notre lot ? Ce serait nous résigner à accepter que notre condition soit la même que celle d'un des personnages de la fameuse pièce Broue (joué par Marcel Côté), qui admet : «Je suis trop intelligent pour mes capacités»...

LITTÉRATIE FINANCIÈRE POUR LES AÎNÉS

Le terme n'existait pas il y a quelques années, mais il s'est rapidement imposé. Accroître la «littératie financière», en particulier chez les jeunes, est devenu un objectif qui rallie tout le monde. En les aidant à mieux maîtriser les notions de base, on souhaite leur donner plus de chances de devenir des consommateurs responsables.

Mais un autre groupe a aussi besoin d'améliorer ses connaissances, ne serait-ce que pour être mieux outillé contre les fraudeurs : les aînés, qui y seraient particulièrement vulnérables.

L'Institut des banquiers canadiens est en train de développer un programme à l'intention des retraités ou des gens qui le seront bientôt. Il devrait être prêt au printemps.

Ce ne sera pas superflu : les arnaques sont de plus en plus sophistiquées, notamment sur Internet, et il faut demeurer vigilant pour ne pas se faire prendre. En se rappelant toujours que si c'est trop beau pour être vrai...

rene.vezina@tc.tc

blogue > www.lesaffaires.com/rene-vezina

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