Des entrepreneurs sur les bancs d'école

Publié le 23/09/2010 à 13:00, mis à jour le 30/09/2010 à 08:31

Des entrepreneurs sur les bancs d'école

Publié le 23/09/2010 à 13:00, mis à jour le 30/09/2010 à 08:31

Par Suzanne Dansereau

Valérie Rodrigue. Photo : lesaffaires.com

Ce matin, Valérie Rodrigue s'est levée comme à l'habitude, servi le petit déjeuner à ses filles de quatre et deux ans et demi, embrassé son conjoint. Mais au lieu de filer chez Jacomau, l'usine de boiseries qu'elle dirige avec son père à Saint-Georges-de-Beauce, elle est allée... à l'école !

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Cette rouquine de 28 ans au regard allumé fait partie de la première cohorte d'entrepreneurs qui entrent à la nouvelle École d'Entrepreneurship de Beauce (EEB), située à la sortie de Saint-Georges, dans une ancienne auberge rénovée.

Au cours des deux prochaines années, à raison de 50 jours par an, les entrepreneurs seront en classe du mercredi au dimanche, une fois par mois. Ils seront 22 à recevoir un tout nouveau genre de formation en gestion.

Ils n'auront pas de livres à lire, pas d'examen à passer. Leurs enseignants seront des entrepreneurs québécois à succès : Pierre Pomerleau (Pomerleau), Alain Lemaire (Cascades), Charles Sirois (Télésystème), Eve-Lyne Biron (Biron Groupe santé), Placide Poulin (Groupe Camada et fondateur de Maax)...

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Au lieu de donner des cours magistraux, ces champions du Québec Inc. partageront leurs expériences dans un cadre informel. Ils parleront de leurs échecs et de leurs erreurs, et des trucs et astuces qu'ils auraient eux-mêmes aimé connaître lorsqu'ils ont commencé leur carrière. Ensuite, les jeunes mettront en pratique leurs acquis dans leur entreprise.

Après avoir " tout fait " chez Jacomau, Valérie Rodrigue vient d'accéder au poste de directrice générale de la PME et se prépare à succéder à son père, Jean-Marc. Elle s'est donné une mission précise : plutôt que de faire du volume en vendant des revêtements de bois, elle veut repositionner l'entreprise pour commercialiser des produits écologiques à valeur ajoutée.

L'École d'Entrepreneurship de Beauce est conçue pour des gens comme elle, explique Nathaly Riverin, la directrice générale de l'école : " Ils ont acquis de l'expérience, ils sont aux commandes ou vont les prendre sous peu. Ils veulent progresser et développer leur entreprise. "

Pas de MBA

" Nos recherches ont montré que bien des entrepreneurs stagnent à un moment, parce qu'ils ont besoin de nouvelles connaissances ou de nouvelles perspectives pour faire croître leur entreprise ", ajoute Mme Riverin.

Le but de l'école est donc de leur donner des outils concrets et de leur inculquer les bonnes attitudes mentales pour faire passer leur entreprise à une autre étape, dit-elle. Et ces outils, ils pourront les mettre en application dès qu'ils retourneront au bureau le lundi suivant leur formation.

La formule a séduit Valérie Rodrigue, qui a décroché au cégep. " Ce n'est pas en lisant des livres que j'apprends. Il faut que je le sente, que je le vive. Ici, je vais côtoyer des gens d'expérience et je vais apprendre de leurs erreurs tout en réseautant avec des entrepreneurs comme moi. Ça me parle ! "

L'EEB est privée et ses cours ne sont pas reconnus par le ministère de l'Éducation. Elle n'offre pas de maîtrise en administration des affaires. On n'y acquiert pas de connaissances techniques en marketing, en comptabilité ni en finances. On apprend plutôt à être un meilleur entrepreneur.

Un coach en résidence

Le cursus a tout de même été conçu avec le concours d'universitaires, comme Nathaly Riverin, Jean-Marie Toulouse et Claude Ananou, d'HEC Montréal. Mais le contenu a été élaboré à partir d'une quarantaine d'entrevues auprès d'entrepreneurs. On ne croit pas d'ailleurs que l'école soit en concurrence avec d'autres programmes de MBA. " Le MBA forme le futur vice-président chez Metro. L'EEB s'adresse plutôt à l'entrepreneur propriétaire de son entreprise ", indique Claude Ananou, membre du comité pédagogique de l'école.

Le programme est divisé en trois thèmes : l'entrepreneur, son environnement et l'entreprise. Une bonne partie des interventions touchent davantage le savoir-être que le savoir-faire, relate Michel David, consultant en management et membre du comité de pédagogie. On aborde ainsi les processus de décision, de création, d'écoute, de communication... Des compétences qui s'enseignent moins souvent à l'université.

" Le succès d'un entrepreneur tient à 80 % à ce qu'il est et non à ce qu'il fait ", commente Frank Nicolas, qui est devenu le coach officiel de l'école. Il assistera à tous les cours et offira un accompagnement individuel aux élèves de même qu'aux enseignants.

Des entraîneurs plutôt que des profs

Les termes " enseignant " et " étudiant " sont bannis du vocabulaire de l'EEB. On privilégie " entrepreneur-entraîneur " et " entrepreneur-candidat ". " Dans les deux cas, on parle de dépassement de soi, de résistance au stress physique et mental ", explique Michel David.

L'activité physique sera d'ailleurs intégrée au programme de l'EEB, révèle Nathaly Riverin. On parle de yoga, de jeux de groupe, voire de défi sportif, un des dadas de Pierre Pomerleau qui envisage notamment l'ascension du Mont-Washington. " Pour la nouvelle génération d'entrepreneurs, la santé physique est un acquis, explique Mme Riverin. Et l'école croit qu'un entrepreneur qui réussit est un entrepreneur en santé ". Ça non plus, ça ne s'enseigne pas au MBA.

Pour Nathaly Riverin, le défi sera de se libérer quatre jours par mois. " Il faut que je puisse partir sans que mon assistante me dise : ça ne marche pas ! J'y travaille. "

 



 

 

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