Des casinos aux courses de chevaux

Publié le 01/09/2012 à 00:00

Des casinos aux courses de chevaux

Publié le 01/09/2012 à 00:00

Ressusciter l'industrie des courses de chevaux au Québec. C'est le nouveau défi de Vincent Trudel, le père des casinos québécois, devenu directeur général du Club Jockey du Québec.

Il n'en est pas à son premier mandat ambitieux. C'est lui qui, au début des années 1990, a mis sur pied les trois premiers casinos de la province. Puis, il a redressé ceux de la famille Sucqué, en Espagne, avant de revenir en 2004 refaire une réputation à la Société des loteries vidéo du Québec, sur la sellette à cause du jeu compulsif.

Sous la gouverne de Vincent Trudel, le Club Jockey a dépensé 200000$ pour retaper l'Hippodrome de Trois-Rivières et en faire son domicile.

« Au début des années 2000, près de 3 000 personnes travaillaient encore dans l'élevage et les courses de chevaux. Nous voulons leur permettre de retrouver un emploi », dit le gestionnaire chevronné, rencontré à l'Hippodrome de Trois-Rivières, rebaptisé Hippodrome 3R, qui accueillera les courses du Club Jockey à partir du 9 septembre.

Sur la piste rénovée, des hommes de chevaux tentent tant bien que mal de maîtriser deux juments qui veulent se délier les jambes. Les bêtes graciles piaffent d'impatience. Marre des paddocks.

« Je suis néophyte dans les courses de chevaux », reconnaît Vincent Trudel en surveillant une bête agitée du coin de l'oeil. Mais les fondateurs du Club Jockey s'y connaissent. Parmi eux, l'homme d'affaires Tony Infilise, chef de la direction de Quadra Chimie, une compagnie de produits chimiques, et l'ancien directeur général des Canadiens de Montréal, Serge Savard. Ils l'ont recruté pour son expérience dans l'industrie du pari. Vincent Trudel doit redonner leur gagne-pain aux hommes de chevaux québécois... et leur passe-temps à ces riches hommes d'affaires, obligés de faire courir leurs bêtes en Ontario depuis quelques années.

Le Club Jockey a enregistré ses premiers revenus en 2010, grâce à une plateforme de paris hippiques en ligne. Cette année-là, l'OBNL a aussi loué la piste de l'Hippodrome de Québec pour organiser quelques programmes. Le maire Régis Labeaume a cependant évincé le Club pour démolir l'installation et faire place au nouvel amphithéâtre.

Acquisition

Les fonds amassés dans ces premières activités ont permis au Club d'acquérir l'Hippodrome de Trois-Rivières pour quatre millions de dollars. Le vendeur, Attractions hippiques, du sénateur Paul Massicotte, a échoué à relancer l'industrie et a dû déclarer faillite. Le Club n'a payé que 500 000$ comptant. La Banque Nationale a financé la transaction à hauteur de trois millions. Reste une balance de paiement de 500000 $.

Par la suite, le Club a ouvert deux salons de pari à Montréal et à Boucherville. Il doit en inaugurer trois autres cette année, puis cinq autres en 2013. Encore des revenus à redistribuer en bourses. Mais surtout, de quoi payer la banque.

Le budget de l'organisation est de 25 millions cette année. Mais cet argent proviendra surtout des paris mutuels par Internet et dans les salons de pari, dont 80 % des sommes sont retournées aux joueurs en lots. Il restera 2,2 millions, dont 60 % seront redistribués en bourses aux hommes de chevaux, dit le directeur général. « L'objectif est de pouvoir accorder 10 à 12 millions en bourses d'ici cinq ans. »

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