CYCLO VAC, DE BLAINVILLE

Publié le 25/06/2011 à 00:00

CYCLO VAC, DE BLAINVILLE

Publié le 25/06/2011 à 00:00

Par Marie-Claude Morin

Des inconvénients à produire au Québec ? Les dirigeants du fabricant d'aspirateurs centraux Cyclo Vac n'en voient pas ! Au contraire. Leur secret : amener chaque employé à sortir de sa zone de confort. Une philosophie plus facile à énoncer qu'à appliquer, disent-ils, mais qui fait toute la différence.

" Ici, l'équipe se réinvente continuellement ", explique Marc Bruneau, président de cette entreprise établie à Blainville depuis 45 ans. C'est ce dépassement de soi qui permet à Cyclo Vac de vendre chaque année pour 20 millions de dollars d'aspirateurs fabriqués entièrement au Québec. Du lot, 30 % partent en Europe et 15 %, aux États-Unis.

Sortir de sa zone de confort, pour les responsables des achats, cela nécessite de revoir sans cesse le coût des composantes et de renégocier toujours et encore avec les fournisseurs. " C'est de l'ouvrage, bien sûr ! Mais cela nous permet de rester concurrentiels ", dit Richard Bertrand, directeur des opérations. Évidemment, l'entreprise pourrait économiser en s'approvisionnant en Asie. " Mais ces économies se transformeraient en dépenses de remplacement ou en problèmes logistiques ", selon Marc Bruneau.

L'entreprise achète donc 87 % des composantes dont elle a besoin auprès de fournisseurs nord-américains. Les économies, elle les réalise plutôt en achetant de plus grandes quantités et en restant à l'affût des nouveautés. Ce qui est l'affaire de tous, dit M. Bruneau : " Toute l'équipe de direction garde les achats en tête et suggère des changements au besoin. "

Sortir de sa zone de confort, pour les vendeurs, c'est cogner aux portes. À de nombreuses portes. " Pour être concurrentiel, il faut vendre. C'est la base ", s'exclame Éric Vachon, directeur de la commercialisation. Une évidence que beaucoup d'entreprises d'ici oublient, déplore Marc Bruneau : " Combien ont carrément supprimé leur force de vente ? Elles n'ont plus rien et espèrent juste que le téléphone va sonner ! " Chez Cyclo Vac, les vendeurs voyagent et rencontrent les détaillants. " Nous en faisons des partenaires en les aidant à vendre et en les faisant participer à l'élaboration de nos produits ", précise Éric Vachon.

La stratégie porte fruit, puisqu'elle permet à l'entreprise de naviguer à contre-courant en augmentant la qualité de ses produits. Résultat : elle vend ses produits plus cher que les produits moyens sur le marché. " Souvent, quand les ventes ralentissent, les gens décident de fabriquer en Chine pour baisser leurs prix et vendre de plus grandes quantités. Peut-être que la solution est plutôt de chercher à innover, à être les meilleurs. Le client paiera pour ça ", plaide M. Bruneau.

Pas un groupe, une équipe

Dans les bureaux comme dans l'usine, Cyclo Vac affiche un taux de roulement inférieur à 3 %. Parmi la centaine d'employés, certains sont là depuis tellement longtemps qu'ils sont passés d'un travail d'été dans l'entrepôt à un poste de gestionnaire. L'entreprise compte même des familles quasi complètes dans son personnel. Dans un déluge de noms, les dirigeants en citent au moins trois.

La clé est d'inspirer la fierté et la passion, explique Marc Bruneau. " Ici, on est une équipe. On a tous le même but : fabriquer des produits de première qualité. "

Le dévouement à l'entreprise est en grande partie attribuable aux possibilités d'avancement offertes, s'accordent à reconnaître les dirigeants. " Cela encourage énormément à performer tous les jours, toutes les semaines. Ce ne sont pas juste nos processus et notre contrôle de la qualité qui font qu'on se démarque, c'est d'abord et avant tout notre côté humain ", résume M. Bruneau.

Même si ce n'est pas facile, il s'en fabrique encore des choses ici ! Les Affaires a rencontré sept entrepreneurs d'un peu partout au Québec qui multiplient les acrobaties pour continuer de produire localement. Des sources d'inspiration. Arpentant leur usine, ces passionnés nous expliquent pourquoi ils résistent à la tentation de l'Asie. Surtout, ils nous disent comment ils réussissent à le faire sans sombrer dans le rouge.

À la une

Le Canada se fait damer le pion par la Chine en Amérique du Sud

11/06/2021 | François Normand

ANALYSE. L'Europe s'inquiète de la perte de son influence économique dans le Mercosur. Le Canada, lui, regarde ailleurs.

Lumenpulse renonce à son retour en Bourse

11/06/2021 | Denis Lalonde

Lumenpulse, qui souhaitait revenir en Bourse à une valorisation d'un milliard de dollars, interrompt son PAPE.

Lumenpulse revient en Bourse avec une valeur d'un milliard

BLOGUE. Lumenpulse devient LMPG et revient en Bourse avec deux nouveaux partenaires québécois.