Continuer après un accident mortel

Publié le 31/03/2012 à 00:00

Continuer après un accident mortel

Publié le 31/03/2012 à 00:00

En janvier, un ouvrier de Rio Tinto Alcan décédait à la suite d'un accident sur son lieu de travail. Un électrochoc pour la multinationale pourtant reconnue pour sa rigueur en matière de santé et sécurité au travail. Le dernier accident mortel chez Rio Tinto Alcan au Québec remontait à 1992.

Le décès de Robin Turgeon, qui déneigeait des rails à Saint-Bruno, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, quand des wagons ont avancé et l'ont entraîné, a engendré «une profonde remise en question», assure Gérard Dufour, vice-président des compétences leadership en santé, sécurité et environnement de l'entreprise.

Aussitôt l'accident survenu, l'ensemble des installations de Rio Tinto dans le monde a reçu les données techniques de la situation et a eu comme mission de mener ses propres vérifications. Ce système de partage d'information est l'un des dispositifs mis en place par la multinationale dans le cadre de sa politique en santé et sécurité au travail.

«On fonctionne sur des cibles d'amélioration continue exigeantes, assure M. Dufour. Dans les années 1990, on se contentait d'un rythme de 2 à 5 % de réduction des blessures par rapport à l'année précédente. Maintenant, on a un rythme de 20 % à 25 % par an.» Cet objectif repose sur une politique très stricte qui se décline en plusieurs volets. Elle comprend la sensibilisation des leaders, la participation du personnel, un système de management qui vise l'excellence et une réduction continue des risques.

Les quasi-accidents, ces incidents sans gravité mais qui ont manqué de peu causer des blessures, sont répertoriés et analysés. Des audits sont également menés pour vérifier les processus et améliorer les conditions de sécurité les entourant. Des formations sont aussi dispensées.

Aujourd'hui, l'entreprise affiche un bilan d'une blessure pour 200 travailleurs par an, soit 20 fois moins qu'il y a 10 ans. «On a fait un bond en avant ces dernières années, reconnaît le vice-président. Des blessures sérieuses nous ont poussés à adopter un système de management beaucoup plus rigoureux et des programmes de prévention de qualité supérieure.» L'acquisition d'Alcan, réputée pour sa rigueur en matière de santé et sécurité, a également aidé l'entreprise à améliorer son bilan. «Maintenant, tout est documenté. Les temps de réaction pour corriger des lacunes sont plus courts et la tolérance au risque est nulle», signale M. Dufour.

Néanmoins, les défis pour la prévention des accidents professionnels sont de taille. «La pression est forte. On vise à ce que la productivité ne prenne pas le pas sur la santé et la sécurité au travail. Si des choix sont encore parfois faits dans le sens inverse, c'est inacceptable.»

61,8 M$ Somme allouée à la prévention en matière de santé et sécurité au travail dans les entreprises, en 2010. Source : CSST

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