Bois d'oeuvre: le contexte électoral aux États-Unis désavantage l'industrie canadienne

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Septembre 2016

Bois d'oeuvre: le contexte électoral aux États-Unis désavantage l'industrie canadienne

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Édition du 03 Septembre 2016

Par François Normand

(Photo: Shutterstock)

L'industrie canadienne du bois d'oeuvre doit-elle se préparer au pire? Au moins 25 sénateurs américains demandent au U.S. Trade Representative (USTR) de conclure avec le Canada un nouvel accord qui inclura des «protections fortes pour les usines et les emplois américains».


Actuellement, les deux pays sont en situation de libre-échange depuis la fin de l'Accord sur le bois d'oeuvre résineux, en octobre 2015, qui établissait des tarifs et des quotas en fonction du prix du bois aux États-Unis - il était entré en vigueur en 2006.


Or, cette période de libre-échange tire à sa fin. En juin, le premier ministre Justin Trudeau et le président Barack Obama ont indiqué qu'ils se donnaient jusqu'au 13 octobre pour négocier un accord qui imposerait un nouveau système de quotas aux exportations canadiennes de bois d'oeuvre. Pour sa part, le Québec espère en être exempté, car il a réformé son régime forestier en 2013 pour l'établir en fonction de mécanismes de marché.


Des sénateurs dénoncent les importations déloyales


Est-il réaliste de penser qu'une entente soit conclue d'ici le 13 octobre et qu'elle soit accommodante pour le Canada? Pas sûr, à en voir la sortie des 25 sénateurs américains.


Dans une lettre envoyée au USTR le 19 juillet, deux membres du comité des finances du Sénat, le sénateur démocrate de l'Oregon, Ron Wyden, et le sénateur républicain de l'Idaho, Mike Crapo, dénoncent l'impact du «bois d'oeuvre canadien subventionné» sur les producteurs américains.


«Les importations canadiennes de bois subventionnées et déloyales continuent de frapper sévèrement les usines, les travailleurs et les communautés», écrivent les deux sénateurs.


La U.S. Lumber Coalition - qui regroupe les producteurs américains de bois d'oeuvre - a salué la prise de position des 25 sénateurs en sa faveur.


Un dossier «très politique»


Depuis les années 1980, les États-Unis ont mené quatre enquêtes pour examiner si les exportations canadiennes étaient déloyales (subventions, dumping, dommages à l'industrie américaine). Néanmoins, l'Organisation mondiale du commerce et le tribunal d'arbitrage de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ont toujours donné raison au Canada.


Bien que la jurisprudence soit favorable aux Canadiens, la conjoncture politique aux États-Unis n'augure rien de bon pour les exportateurs, affirme Tom Creary, président du conseil de la division québécoise de la Chambre de commerce américaine au Canada.


«Ce dossier est devenu très politique», déplore ce Québécois d'origine américaine. Il rappelle que le 8 novembre, les électeurs américains ne choisiront pas seulement le prochain président, mais aussi le tiers des membres du Sénat et de la Chambre des représentants.


Or, plusieurs politiciens en réélection représentent des États abritant une industrie du bois d'oeuvre. C'est le cas du sénateur Ron Wyden de l'Oregon, dont l'État est le premier producteur aux États-Unis (18% de la production, selon l'Oregon Forest & Industries Council).


Même s'il souhaite une entente favorable au Québec, le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec, André Tremblay, juge qu'un nouvel accord restrictif pourrait inclure des taxes d'environ 20% et des quotas encore plus restrictifs que dans l'accord précédent, signé en 2006.


Cet accord avait ouvert 34% du marché américain aux exportateurs canadiens, soit 15,3 milliards de pieds mesure de planche.


De 2006 à 2015, l'industrie québécoise a perdu des milliers d'emplois en raison des droits et des quotas imposés par les États-Unis. La récession américaine de 2007 à 2009 a également fait mal aux exportateurs québécois.


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