Bien décidées à prendre leur place

Publié le 06/12/2008 à 00:00

Bien décidées à prendre leur place

Publié le 06/12/2008 à 00:00

Par Pierre Théroux

[Photo : Frédéric Bergeron]

Les membres des Premières Nations travaillent à repenser leur façon de voir et de faire le développement économique dans leurs communautés.

De la multiplication de forums socioéconomiques à la mise sur pied d'organisations de développement économique, en passant par la création de réseaux d'échange, ces communautés sont à poser les assises qui leur permettront de jouer un rôle plus actif sur la scène économique.

" Il faut penser et agir autrement ", dit Pierre Bastien, directeur général de la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador. Il en va de l'avenir des communautés, estime-t-il. " C'est en créant et développant des entreprises que nous allons créer des emplois et de la richesse dans nos communautés. "

Développer la culture entrepreneuriale

La population des Premières Nations croît beaucoup plus vite que celle du reste du Québec. Parmi celles-ci, se trouvent de nombreux jeunes qui représentent un important bassin d'entrepreneurs éventuels.

Mais la faiblesse de la culture entrepreneuriale dans plusieurs communautés freine ce développement.

" Oui, nous avons une culture commerçante. Mais elle diffère [de celle des Blancs], en ce qu'elle est traditionnellement basée sur l'échange de biens, à l'avantage de tous. Il n'y a pas ces notions de capitalisme et de rentabilité ", dit M. Bastien.

Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci, dans la région de la Mauricie, vient même de mettre sur pied une corporation de développement économique pour soutenir les entrepreneurs dans leurs besoins de financement et de formation.

La création et le développement des entreprises sont d'autant plus importants que, croissance démographique oblige, la main-d'oeuvre autochtone augmentera considérablement au cours des prochaines années.

Par conséquent, " il faut lui trouver des emplois ", souligne Ralph Cleary, directeur général de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec.

Sortir des communautés

Les Premières Nations devront aussi regarder à l'extérieur de leurs collectivités pour trouver des emplois et accroître leurs revenus. D'autant que bon nombre d'entreprises québécoises cherchent à embaucher. Encore là, l'éducation et la formation, insuffisantes, constituent des obstacles.

" Il faut permettre aux gens, en particulier les jeunes, d'acquérir les compétences et l'expérience nécessaires pour répondre à la demande du marché de l'emploi ", dit M. Cleary.

Les Premières Nations souhaitent également favoriser " des partenariats d'affaires ou la création de coentreprises, entre nos sociétés et celles de l'extérieur des communautés ", dit M. Bastien.

" Nous voulons amener nos entreprises à brasser des affaires hors de la réserve. Il ne faut pas se limiter à un marché de 3 000 personnes, alors qu'il y en a plus de 30 000 aux alentours ", disait récemment en entrevue au journal Les Affaires Robert Hubert, directeur général de la Société de développement économique de la communauté Uashat Maliotenam, située près de Sept-Îles.

Enfin, l'absence de relations entre gens d'affaires des communautés constitue aussi un obstacle au développement des Premières Nations.

" Le besoin de réseautage se fait sentir. Les entrepreneurs sont souvent laissés à eux-mêmes, ils manquent d'information quant aux moyens de démarrer une entreprise, de prendre de l'expansion ou d'obtenir du financement ", dit Pierre Bastien.

LES 10 NATIONS AMÉRINDIENNES DU QUÉBEC

72 770

Abénaquis

Algonquins

Attikameks

Cris

Hurons-Wendat

Malécites

Micmacs

Mohawks

Montagnais

Naskapis

C'est le nombre d'Amérindiens vivant au Québec. Ils appartiennent à deux familles linguistiques et culturelles : les Algonquiens et les Iroquoïens.

Sources : Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Affaires indiennes et du Nord Canada (déc. 2004) et ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (janv. 2005)

pierre.theroux@transcontinental.ca

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