Bâtir à la fois une marque et une entreprise

Publié le 09/06/2012 à 00:00

Bâtir à la fois une marque et une entreprise

Publié le 09/06/2012 à 00:00

La Française Juliette Brun est née au Brésil et a grandi à Washington. Mais c'est à Montréal qu'elle a fondé en 2003 Juliette et Chocolat, un bar à chocolat qui compte trois adresses gourmandes. Elle a commencé à vendre ses produits dans des épiceries fines en plus d'animer une émission à la télévision et projette ouvrir d'autres succursales.

LES AFFAIRES - Pourquoi Montréal et pourquoi le chocolat ?

JULIETTE BRUN - J'ai découvert Montréal lors de mes études à McGill en économie et finance. La ville m'a plu, et les loyers commerciaux y sont plus abordables qu'en Europe. Après mes études, j'aurais pu travailler dans une banque, mais j'avais toujours voulu avoir un jour un commerce en alimentation. Pourquoi pas tout de suite ? Mon mari, Lionel May, aussi foodie que moi, est devenu mon associé. Nous avons bâti notre concept autour d'une passion commune, le chocolat. Et pour mieux me préparer, j'ai fait un stage en crêperie et en chocolaterie de neuf mois en France.

L.A. - Aviez-vous déjà envisagé dès le départ d'ouvrir d'autres succursales ?

J.B. - Dès le départ, je voulais plusieurs Juliette et Chocolat. Mon ambition n'était pas de tenir un seul commerce et d'en vivre, mais bien de développer à la fois une entreprise et une marque. Plus nous grandissons, plus c'est stimulant. Mes études me servent beaucoup !

L.A. - Quels sont vos objectifs ?

J.B. - D'ici trois ans, couvrir le grand Montréal avec cinq ou six autres succursales, dont une sur la Rive-Sud et une à Laval. Il y en aura aussi au moins une à Québec. La prochaine sera située près de l'Université Concordia ou dans le quartier gai. Dans cinq ans, nous visons l'Ontario. Après, Toronto et Vancouver. Et même les États-Unis ! Je veux bâtir une grande entreprise. Reste que l'ouverture de commerces dépend de la disponibilité des locaux. Et sur ce point, je suis très sélective. Je préfère attendre le bon emplacement plutôt que de bouger trop vite.

L.A. - Songez-vous à vous franchiser ?

J.B. - La décision n'est pas encore prise. Pour devenir franchiseur, il faut des systèmes structurés de formation, de marketing, d'administration, de production, de service à la clientèle, etc. Encore une ou deux succursales et nous serons peut-être prêts à faire le saut.

L.A. - En attendant, vous avez commencé à vendre dans d'autres commerces...

J. B. - Depuis six mois, nos produits sont distribués dans une vingtaine de boutiques et d'épiceries fines. Nous négocions aussi avec des hôtels qui pourraient offrir nos chocolats à des clients ou les vendre dans leurs boutiques. Cela nous permet de faire connaître notre marque.

L.A. - Quel est votre principal défi ?

J.B. - Nous refusons des contrats, parce que les quantités demandées sont trop élevées. Quand nous dirons oui à de gros clients, c'est que nous serons certains de pouvoir répondre à leurs attentes. En ce moment, nous travaillons à la standardisation. Nos produits sont fabriqués dans une cuisine centrale, et depuis un an nous avons une chef pâtissière qui oeuvre à adapter les recettes à de plus gros volumes. Un de nos défis consiste à être plus efficaces sans compromettre la qualité. Donc, nous investissons dans l'équipement. Par exemple, nous venons d'acheter une cuve informatisée et chauffée à l'eau qui fait fondre le chocolat.

L.A. - Comment conciliez-vous amours et affaires ?

J.B. - C'est magique, car nous sommes complémentaires. Je suis fonceuse, Lionel est posé et réfléchi. C'est l'idéal pour les décisions ! Je supervise la gestion du personnel et la comptabilité, tandis qu'il s'occupe du marketing, des relations avec les fournisseurs, de la gestion des plaintes. Les idées de nouveaux produits, cependant, font partie d'un territoire commun !

PROFIL

Nom : Juliette Brun

Titre : Copropriétaire

Âge : 32 ans

Entreprise : Juliette et Chocolat

Secteur d'activité : Café et chocolaterie

Siège social : Montréal

Effectif : 150 employés

Série 8 de 10

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