Andrée-Lise Méthot, la capital-risqueuse écolo

Publié le 03/11/2012 à 00:00

Andrée-Lise Méthot, la capital-risqueuse écolo

Publié le 03/11/2012 à 00:00

Quand Québec a placé Andrée-Lise Méthot à la tête du Fonds d'action québécois pour le développement durable en 2000, la passionnée d'écologie en était à sa première expérience dans le monde de la finance. «J'avais un compte bancaire de 45 millions de dollars, un décret gouvernemental... et rien d'autre !»

L'ingénieure a appris le métier. Et elle a dû réfléchir à la meilleure façon de dépenser les fonds gouvernementaux réservés à l'un des trois volets du Fonds, celui de l'aide aux entreprises de technologies vertes. «Je pense que c'est là que l'histoire de Cycle Capital a commencé», dit-elle.

Sous sa direction, le Fonds a financé 150 projets, dont «des entreprises d'économie sociale, des bourses pour des stages, un volet d'infrastructures, les premiers organismes de bassins versants... Mais j'avais moins confiance - et j'étais beaucoup moins outillée - pour octroyer des subventions à des entreprises privées», dit la femme d'affaires de 45 ans.

Elle a donc décidé que ces fonds devaient être investis selon une logique financière : participer au risque, pour obtenir du rendement. Avec l'appui du Fonds de solidarité FTQ et de Fondaction, Andrée-Lise Méthot a donc démarré le Fonds d'investissement en développement durable, doté d'un modeste capital de 18 M$. L'ingénieure écologiste devenait capital-risqueuse.

Transformer les «non» en «oui»

«Vers 2005, je me suis rendu compte qu'il manquait quelque chose pour avoir du rendement, dit-elle. Les autres fonds de capital de risque avaient des tailles beaucoup plus importantes, dit-elle. J'étais prête à faire l'effort d'essayer de lever des capitaux.»

Sept ans plus tard, le FIDD, rebaptisé Cycle Capital, gère 122 M$.

La société achève de monter un troisième fonds. L'objectif : amasser de «150 à 200 M$» supplémentaires pour investir dans d'autres entreprises de technologies vertes.

Et ce n'est pas une sinécure. «Les collectes de fonds, c'est extrêmement difficile, dit Andrée-Lise Méthot. Ça commence toujours par un non. Le défi, c'est de transformer ce "non" en "noui", puis en "oui" !»

La clé : «Comprendre comme il faut les besoins des entreprises qui investissent», dit-elle. Les grandes entreprises qui participent à ces fonds y voient en fait plusieurs avantages. «Ça leur permet de faire une veille sur les technologies propres, de proposer des technologies issues de leurs centres de recherche et d'explorer d'autres secteurs», énumère la femme d'affaires. Dernier argument, et non le moindre : le but du fonds est de produire un rendement, que les partenaires encaisseront !

Bon an, mal an, Andrée-Lise Méthot et ses partenaires ont réussi à convaincre une pléiade d'investisseurs de participer au fonds de Cycle Capital. Parmi eux, des acteurs publics et des fonds de travailleurs comme la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds FTQ, Fondaction et la Centrale des syndicats du Québec, mais aussi des entreprises comme Brookfield et Rio Tinto Alcan.

Cycle Capital confirme que son troisième fonds sera le plus important, avec plus de 100 M$ déjà recueillis. Une fois de plus, la société a convaincu Investissement Québec, Gaz Métro, Cascades et Fondaction, mais aussi, pour la première fois, Teralys Capital, le fonds de Jacques Bernier, Éric Legault et Luc Couture, des anciens du Fonds FTQ et de la Caisse.

Depuis 2007, Cycle Capital a réalisé des investissements dans 15 entreprises de technologies vertes. Et les sept associés y investissent leur propre pécule, pour environ 1 % des fonds alloués. «J'ai rencontré 1 000 entrepreneurs en 10 ans», dit Mme Méthot. Certains investissements semblent se diriger vers le succès, comme celui qu'a remporté le Fonds Cycle Capital I dans Enerkem, qui a construit en Estrie sa première usine commerciale d'éthanol à base de déchets.

«D'autres sont morts», ajoute-t-elle. C'est le cas de l'entreprise d'énergie solaire Sixtron et du concepteur de membranes de raffinage de biocarburants Vaperma. «Sur la dizaine d'investissements qu'on fait, on sait qu'il y aura trois ou quatre entreprises qui disparaîtront, et une ou deux seulement qui réussiront très bien», dit-elle. Après tout, rien de plus naturel dans le capital de risque !

lesaffaires.com

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