Aequitas propose une Bourse pour les PME

Publié le 06/07/2013 à 00:00

Aequitas propose une Bourse pour les PME

Publié le 06/07/2013 à 00:00

La qualité de la négociation boursière est en baisse, les investisseurs perdent confiance et les marchés boursiers s'en ressentent. Sans compter que les PME ayant besoin de financement ont difficilement accès au processus d'inscription boursière, lourd et coûteux.

Jos Schmitt, patron de la nouvelle plateforme de négociation boursière Aequitas Innovations, justifie ainsi l'arrivée d'un nouveau concurrent à la Bourse de Toronto.

Issu d'un partenariat entre de grands gestionnaires de fonds comme le Groupe Investors, Barclays et la Banque Royale, le parquet électronique Aequitas, qui devrait voir le jour à la fin de l'année prochaine, proposera la négociation et l'inscription de titres, un meilleur accès au financement public pour les PME et une meilleure stratégie de négociation.

«Les PME en quête de capitaux trouvent de plus en plus difficile d'obtenir du financement» auprès des marchés boursiers, observe Jos Schmitt. Entre autres axes de développement de son modèle d'entreprise, Aequitas veut lancer un marché de titres dispensés accessibles à la PME.

Le marché dispensé est ouvert aux investisseurs qualifiés - des particuliers qui déclarent un revenu net de plus de 200 000 $ par année - et aux investisseurs institutionnels, comme les caisses de retraite. Le marché dispensé, dans lequel le «placement privé» se pratique, permet aux entreprises à la recherche de financement de solliciter directement les investisseurs, sans avoir à produire la panoplie de documents réglementaires. Les titres ne sont pas négociés en Bourse, mais entre investisseurs.

«Plusieurs petites entreprises ne sont pas prêtes à se financer directement sur les marchés boursiers», signale Jos Schmitt, qui veut ainsi offrir une solution permettant «aux émetteurs de lever des capitaux» plus modestes que lors d'une entrée en Bourse en bonne et due forme.

Concurrence et valeur ajoutée

Depuis l'acquisition de la plateforme alternative Alpha (que Jos Schmitt avait participé à lancer), le TMX se retrouve à nouveau en situation monopolistique. «Nous voulons donc favoriser la concurrence sur le marché», ajoute Jos Schmitt.

Il précise qu'Aequitas ne se contentera pas d'offrir les mêmes services que les autres parquets, «mais propose des services inédits et une valeur ajoutée».

Ainsi, le système de négociation sur le marché dispensé d'Aequitas fait l'objet d'une demande de brevet.

Quant à la valeur ajoutée, elle se retrouve notamment dans la qualité de la négociation, qui serait minée par certaines stratégies de négociation à haute fréquence.

La négociation à haute fréquence (high frequency trading, HFT) «pénalise les investisseurs à long terme», estime Jos Schmitt, qui se fait ainsi l'écho de plusieurs critiques des stratégies de négociation à haute fréquence tant ici qu'aux États-Unis ou en Europe. Pour l'essentiel, ce type de négociation repose sur l'utilisation d'algorithmes qui passent chaque jour une quantité phénoménale de micro-ordres à la place des gestionnaires et des courtiers.

Des quelque 50 milliards de titres échangés chaque année à la Bourse de Toronto, la HFT serait responsable de la négociation d'environ le tiers de ce volume (42 % pour l'Amérique du Nord, selon Jos Schmitt).

La plateforme d'Aequitas propose un système de négociation dans lequel les stratégies de HFT contraires aux intérêts des investisseurs n'auront pas leur place.

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