A-t-on besoin d'un MaRS au Québec ?

Publié le 27/03/2010 à 00:00

A-t-on besoin d'un MaRS au Québec ?

Publié le 27/03/2010 à 00:00

À Ottawa, on a envisagé de construire une réplique de MaRS. L'ancien maire s'était fait le porteur de ballon de cette initiative et des terrains avaient été repérés.

Queen's Park était prêt à financer le super-incubateur mais il exigeait des partenaires privés qui ne se sont pas matérialisés. Puis, de nouveaux acteurs ont décidé qu'un toit unique n'était pas la solution. " Nous croyons davantage au pouvoir des réseaux et des grappes ", explique maintenant le pdg du Ottawa Centre for Research and Innovation, Claude Haw. Nous comptons 1 850 start-ups ici, dans des domaines très variés et dispersées géographiquement ", rappelle-t-il.

C'est aussi la conclusion à laquelle des intervenants du milieu québécois de l'innovation sont arrivés.

" La convergence physique, c'est un plus, mais ce n'est pas une fin en soi, avance une source gouvernementale qui ne veut pas être nommée. Pour soutenir le démarrage d'entreprises, c'est surtout de l'accompagnement de qualité qu'il faut. Et du capital, le nerf de la guerre. "

Chose certaine, parmi ceux qui ont déposé un mémoire lors de la consultation pour le renouvellement de la stratégie québécoise de Recherche et d'innovation, aucun n'a réclamé une approche similaire à celle de MaRS.

Structure diversifiée

Non seulement les pôles d'innovation sont variés, nombreux et dispersés au Québec, mais aussi, notre écosystème est plus ancien que celui de Toronto, où on est parti de zéro ou presque, avant de créer MaRS, et il compte une multitude d'acteurs. Ainsi donc, il faudrait regrouper ici une dizaine de structures pour parvenir au résultat de MaRS : les incubateurs, les sociétés de valorisation, les centres de transfert technologique, les centres de développement locaux, les parcs technologiques, les grappes, les centres de recherche, etc.

Pour l'entreprise en démarrage, il y a plusieurs portes d'entrée au Québec. Et ensuite, il faut faire une course à relais pour commercialiser son idée.

Selon André Boulet, il y a " tout ce qu'il faut " au Québec en terme d'infrastructures pour soutenir la création d'entreprises. " Ce qui manque, c'est une vision ", dit cet entrepreneur en série, président d'une nouvelle start-up appelée Pur Genesis, et ancien dirigeant du fonds Bio-Capital. Et selon lui, cette vision doit s'appuyer sur la diversité des sources de financement, c'est -à-dire une variété de sociétés de capital de risque permettant l'émergence d'une pépinière de jeunes pousses. Car, rappelons-le, il faut en créer 30 pour que trois réussissent.

Essais-erreurs

Autre carence déplorée : le manque de constance des initiatives gouvernementales. Depuis le début des années 1990, les tentatives de soutien du démarrage d'entreprises technologiques et scientifiques ont été effectuées par essais-erreurs, et ont fait l'objet de changements de cap, où l'on a parfois jeté le bébé avec l'eau du bain.

Martin Godbout, ancien président de Génome Canada, espère qu'on ne fera pas la même erreur en Ontario, et qu'on donnera à MaRS tout le temps nécessaire de faire ses preuves, c'est-à-dire au moins 10 ou 12 ans. Celui qui vient de diriger le comité de sélection des trois nouveaux fonds d'amorçage que le gouvernement québécois a créés dans son budget de 2009, croit que " le Québec a perdu beaucoup au cours des cinq dernières années. Et il doit faire une introspection ". Après 20 ans d'essais-erreurs, il serait temps de le faire, ne serait-ce que pour éviter que la multiplication des initiatives et le manque de concertation, conjuguées à l'absence de financement d'amorçage au cours des dernières années, ne créent un certain chaos où tout le monde tire la couverture de son bord.

suzanne.dansereau@transcontinental.ca

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