" Il faut du capital patient pour notre industrie "

Publié le 05/06/2010 à 00:00

" Il faut du capital patient pour notre industrie "

Publié le 05/06/2010 à 00:00

Par Claudine Hébert

Un des enjeux cruciaux de la future stratégie touristique du Québec porte sur le financement public qui vient des multiples sources gouvernementales. " Ce financement devrait profiter aux entrepreneurs, et non aux rêveurs ", dit simplement Alain April, président du Conseil québécois de l'industrie touristique (CQIT).

Il n'est d'ailleurs pas le seul à déplorer la position actuelle du gouvernement, qui désavantage le secteur privé. Claude Péloquin, directeur général de l'Association des stations de ski du Québec, cite l'exemple du récent financement dont ont bénéficié plusieurs stations de l'Est- du-Québec. Les stations Parc Saint-Mathieu, Pin Rouge et Val D'Irène, toutes sans but lucratif, ont reçu tout près de 35 millions de dollars de l'État pour revitaliser leurs infrastructures. Leur voisine, Mont-Comi, une entreprise privée, a obtenu 125 000 $ de peine et de misère.

" Toutes nos stations ont besoin, sans exception, d'un solide coup de pouce. Mais la position du gouvernement tend à nous démontrer qu'il vaut mieux être une OSBL qu'une entreprise privée pour réussir en tourisme au Québec ", souligne-t-il.

La grande difficulté pour les entreprises privées d'accéder à du financement à des taux raisonnables freine considérablement l'entrepreneuriat en tourisme. Les institutions financières n'ont jamais été portées à soutenir des entreprises à forte capitalisation, nécessitant beaucoup de main-d'oeuvre, et de surcroît, largement tributaires de la météo.

" D'où un besoin criant de développer un capital patient pour notre industrie ", dit Pierre-Paul Leduc, directeur général de la Société des attractions touristiques du Québec. M. Leduc est de ceux qui réclament des mesures, telles des congés de taxes, des prêts sans intérêt et un meilleur rendement de la taxe d'hébergement, pour mieux développer l'offre régionale. Pour le moment, la loi oblige les associations touristiques à consacrer 75 % des revenus de cette taxe au marketing et à la promotion de leur région.

Cela dit, M. Leduc croit tout de même aux bienfaits des nombreuses subventions qui contribuent au développement touristique régional. Tous des investissements qui profitent à la collectivité et qui servent à améliorer la qualité de vie de la population.

Le président des ATR, Jocelyn Carrier, lui-même directeur général de l'Association touristique de l'Abitibi-Témiscamingue, peut en témoigner. " Quelles images pensez-vous que l'on montre aux médecins que l'on veut recruter dans la région ? Certainement pas celles de l'hôpital. On mise sur nos attraits, nos attractions, nos fêtes et nos festivals. C'est ce qui permet d'attirer des professionnels et leur famille. "

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