Pourrez-vous survivre à vos décisions ?

Publié le 01/02/2009 à 00:00

Pourrez-vous survivre à vos décisions ?

Publié le 01/02/2009 à 00:00

Après le 11 septembre 2001, le volume de production de Pratt & Whitney chute de 15 %, puis de 25 %, et finalement de 45 %. Mis au pied du mur, Alain Bellemare, le président, licencie près de 1 500 personnes. Tous les services écopent. Tous, sauf un : la R-D dont ni les budgets ni le personnel n'ont été touchés. La grogne monte au sein des employés des autres services. Mais Alain Bellemare persiste. Et Pratt continue d'injecter entre 350 et 400 millions de dollars en R-D chaque année, malgré la crise qui fait rage dans son secteur.

En octobre dernier, huit ans plus tard, Pratt annonce qu'elle créera 300 emplois à Mirabel. C'est là qu'elle construit sa nouvelle usine d'assemblage du moteur PW810C. On sait aussi que l'avionneur planche sur un moteur vert depuis quelques années.

Où en serait Pratt aujourd'hui si Alain Bellemare avait fait subir le même sort à son service de R-D qu'au reste de l'entreprise ? Jusqu'où une organisation doit-elle modifier sa stratégie pour s'adapter à une période difficile ? La crise ne durera pas toujours. Et lorsqu'elle sera terminée, il faudra se soumettre aux décisions prises sous l'emprise de la panique, de l'angoisse ou de l'incertitude. Car, certaines décisions peuvent être annulées, d'autres non.

Il y a les décisions d'affaires qu'on ne peut annuler et celles sur lesquelles il est très coûteux de revenir : rattraper un retard en R-D, retrouver un niveau de qualité qu'on avait baissé ou encore rebâtir une équipe qu'on avait réduite à sa plus simple expression. Nous connaissons tous des entreprises qui, une fois les beaux jours revenus, n'ont jamais recouvré le niveau d'effectifs, de qualité, de service ou de mobilisation d'autrefois. Des mesures temporaires se sont transformées en une stratégie permanente.

En 2009, les annonces surgiront de toutes parts. Des entreprises changeront de patron, supprimeront des produits, quitteront des marchés, congédieront des employés, sous-traiteront des activités, gèleront des salaires ou les réduiront... D'autres achèteront un concurrent moribond, lanceront des produits, s'aventureront dans des contrées lointaines... Puis, la poussière retombera lentement. Nous connaîtrons alors les vraies gagnantes de cette crise. Ce seront les entreprises qui pourront survivre aux décisions de leurs dirigeants.

Un nouveau chroniqueur

François Rebello, qui signe la chronique " Tics et éthique " depuis trois ans, nous quitte pour le monde politique. Le 8 décembre dernier, il a été élu député de Repentigny pour le Parti québécois. Je le remercie de sa collaboration qui a suscité de nombreuses - et souvent intenses - réactions chez nos lecteurs. L'éthique en affaires est vraiment un sujet délicat. Le débat est amorcé, il doit continuer. René Villemure, fondateur de l'Institut québécois d'éthique appliquée, prend le relais. Certains d'entre vous le connaissent déjà puisqu'il commente régulièrement les questions d'ordre éthique dans les médias. Pionnier québécois de cette discipline, c'est lui que le gouvernement et les entreprises appellent à la rescousse lorsqu'ils s'enlisent. Les lecteurs de Commerce peuvent désormais profiter de ses lumières. Faites sa connaissance en page 10.

rédactrice en chef

diane.berard@transcontinental.ca

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