De fausses solutions pour une vraie crise

Publié le 01/12/2008 à 00:00

De fausses solutions pour une vraie crise

Publié le 01/12/2008 à 00:00

Par Diane Bérard

Entre la récession qui frappe les États-Unis et les 15 pays de la zone euro, et celle que le Canada appréhende, les raisons de s'inquiéter sont nombreuses. Pour ma part, j'en ai trois.

D'une part, je redoute comme la peste qu'on ne compte que sur le consommateur pour tout relancer. On aura beau injecter des milliards dans le système bancaire pour permettre aux Américains de payer leurs dettes hypothécaires et de se remettre à consommer, cela doit rester un moyen, et non une fin. Une économie fondée uniquement sur la consommation mène à un cul-de-sac. Vous n'avez qu'à regarder autour de vous pour le constater. Le remède qu'il nous faut commence par un "c", mais il n'a rien à voir avec la consommation. Je parle de "croissance". Croître au lieu de consommer : nouveaux secteurs, nouveaux marchés, nouveaux produits, etc. À ce chapitre, j'ai bien aimé la réponse du nouveau ministre fédéral de l'Industrie, Tony Clement, aux manufacturiers qui lui réclament des garanties de prêts pour tenir le coup. Il a dit préférer des solutions visant la croissance à long terme plutôt qu'un ensemble de mesures à court terme.

D'autre part, si la consommation est une fausse solution à la crise actuelle, la réglementation l'est aussi. Lors d'un récent lunch privé, Claude Lamoureux, l'ancien président de la caisse de retraite Teachers', s'est fait un malin plaisir de nous rappeler que tous les abus qui ont mené à la crise actuelle se sont produits dans le pays qui a voté la loi Sarbanes-Oxley, celle qui vise à resserrer les contrôles sur la gestion des entreprises... Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il ne faut pas revoir la réglementation à la lumière de ces abus. Mais ce n'est qu'un moyen, et non une fin. Je me méfie du trop grand sentiment de sécurité que procurent les lois. On se croit à l'abri et on baisse la garde.

Par ailleurs, à force de ne voir défiler que des mauvaises nouvelles, je crains que nous ne devenions les artisans de notre propre malheur. L'économie réelle canadienne et québécoise tourne encore. Au ralenti, certes. Le Conference Board vient de réduire ses prévisions pour 2009 à une croissance de 1,5 % au lieu de 2,2 %. Mais il y aura croissance.

Pourrions-nous éviter de précipiter tout le monde dans le même gouffre et sortir de cette morosité qui s'incruste ? Certains secteurs, certaines entreprises maintiennent le cap malgré la tempête. Allez lire à la page 53 le suivi que Fabrice Tremblay fait de son article du mois d'avril dernier sur quatre championnes des acquisitions. Vous découvrirez que trois d'entre elles se portent plutôt bien. Et lisez en page 17 le reportage de David Descôteaux sur les 17 dossiers qu'il faudra absolument suivre en 2009. Vous y trouverez des lueurs d'espoir. Bien sûr, en cours d'année, il faudra probablement réduire la portée de certains de ces projets ou en revoir l'échéancier. Mais retenons que malgré cette crise, certaines entreprises ont encore le courage et l'audace de saisir les occasions d'affaires ou de partir à leur recherche. Dieu merci !

Sur ce, je vous souhaite de joyeuses fêtes remplies d'amour. Rendez-vous l'an prochain.

rédactrice en chef

diane.berard@transcontinental.ca

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