Montréal possède tous les atouts pour attirer Amazon, croit Hubert Bolduc

Publié le 20/10/2017 à 18:24

Montréal possède tous les atouts pour attirer Amazon, croit Hubert Bolduc

Publié le 20/10/2017 à 18:24

Par Denis Lalonde

Le président-directeur général de Montréal International, Hubert Bolduc. (Photo: Montréal International)

Montréal International a remis le dossier de candidature de Montréal aux dirigeants d'Amazon jeudi, convaincue du potentiel de la métropole pour attirer le deuxième siège social nord-américain (HQ2) du géant du commerce en ligne.


Le document que l'organisation veut garder confidentiel compte 164 pages, a nécessité plus de six semaines de travaux et a monopolisé l'attention d'une dizaine d'employés.


«Au total, Amazon va recevoir plus d'une centaine de candidatures. C'est énorme. Mais en analysant l'appel de candidatures de l'entreprise, nous avons vite conclu que Montréal ne pouvait pas se priver de déposer sa candidature pour tenter d'attirer le HQ2 ici», explique le président-directeur général de Montréal International, Hubert Bolduc, rencontré dans ses bureaux du Vieux-Montréal.


Ce dernier explique que son organisation a voulu miser sur les forces de Montréal, qui ont récemment permis d'attirer en ville des entreprises comme Facebook, Samsung, Google, Thales, IBM et Microsoft.


«En janvier, l'Institut Quacquarelli Symonds (QS) révélait que Montréal était la ville universitaire préférée des étudiants étrangers. Notre bassin de travailleurs qualifiés repose sur 11 universités et 60 établissements collégiaux», dit-il, ajoutant que la métropole est la grande ville la plus polyglotte au Canada.


«Selon les chiffres du recensement 2016 de Statistique Canada, 20% des gens de Montréal maîtrisent au minimum trois langues, comparativement à 10% à Toronto», note Christian Bernard, économiste en chef et vice-président communication et marketing de Montréal International. Outre le français et l'anglais, les autres langues les plus parlées dans la métropole sont l'espagnol, l'arabe, le mandarin, l'italien, le roumain, le russe, le créole, le vietnamien et le grec.


Stéphane Paquet, vice-président, investissements étrangers & organisations internationales de l'organisme, ajoute que dans la région de Montréal, 55% d'une population 4,1 millions de personnes sont bilingues. «Il y a plus de personnes qui parlent, comprennent et sont capables de travailler en anglais qu'à Vancouver», dit-il.


Assez de travailleurs qualifiés?


Hubert Bolduc soutient que Montréal a assez de travailleurs qualifiés pour répondre à la demande qu'imposerait l'arrivée d'Amazon à Montréal, elle qui permettrait la création de 50 000 emplois en ville entre 2019 et 2027 et générerait des retombées économiques de 5 milliards de dollars.


Montréal International dit être allée visiter les dirigeants des universités et des collèges de la région pour leur demander s'ils étaient prêts à former davantage d'étudiants dans les métiers ciblés par Amazon. «Tout le monde a signé», dit Stéphane Paquet.


Toutefois, Amazon n'a pas dévoilé clairement quel serait le rôle de son HQ2. La ville qui sera choisie devra être prête à toute éventualité.


Hubert Bolduc explique qu'Amazon pourrait se servir de son deuxième siège social pour bonifier ses activités de création de vidéos, de films et de séries télévisées, faire de la recherche et développement ou faire avancer des travaux en intelligence artificielle. «De plus, si nous n'avons pas assez de travailleurs qualifiés pour tous les types de postes, les politiques d'immigration sont beaucoup plus flexibles au Canada qu'aux États-Unis, surtout depuis l'élection de Donald Trump», dit-il.


Une question de coûts


La candidature de Montréal repose aussi sur le coût de la vie pour les travailleurs, mais aussi pour les entreprises qui veulent y faire des affaires.


Pour évaluer les chances de Montréal, l'organisation a comparé la ville avec 20 métropoles de taille comparable en Amérique du Nord, notamment du côté de l'énergie, de l'immobilier, des taxes et des salaires. «Selon notre évaluation, il en coûte moins cher de faire des affaires à Montréal que dans toutes les autres villes comparables», dit Hubert Bolduc.


Pour les travailleurs (ceux d'Amazon sont surnommés les Amazonians), le coût de la vie serait aussi moins élevé à Montréal malgré le fait que la population soit parmi les plus taxées en Amérique du Nord. «Le coût de la vie ici est de 20% à 25% inférieur à celui de Toronto et de 86% inférieur à celui de Boston», précise-t-il.


Ces calculs incluent entre autres le prix du loyer, l'assurance-médicament, le programme des garderies subventionnées et le programme fédéral de l'assurance-maladie.


Crédits d'impôt: quelques options


Si Québec a déjà laissé entendre qu'il ne souhaitait pas créer de crédit d'impôt spécial pour attirer Amazon à Montréal, reste que les programmes existants bénéficient autant aux entreprises locales qu'étrangères qui ont un bureau dans la province.


«Il existe entre autres des crédits d'impôts à la recherche scientifique et développement expérimental, pour le développement des affaires électroniques, pour la production de titres multimédia, pour la production de titres cinématographiques, pour les grands projets d'investissements... sans oublier le fonds stratégique de l'innovation du fédéral. L'offre finale va dépendre de ce qu'Amazon veut faire de son HQ2», énumère Christian Bernard.


L'arrivée du REM, un atout


Le nouveau siège social d'Amazon devra être facilement accessible en transport en commun et situé à moins de 45 minutes d'un grand aéroport. De ce côté, les travaux entourant le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt, qui doit voir le jour en 2020 et qui desservira l'aéroport Montréal-Trudeau, est un «atout majeur pour la candidature de Montréal», dit Hubert Bolduc.


Montréal International se prépare à présent pour la prochaine étape. Amazon devrait réduire le nombre de candidatures à entre 20 et 30 d'ici la fin de l'année. On devrait savoir l'an prochain qui sera l'heureuse élue.


La mission de Montréal International est d'attirer des investissements et des travailleurs qualifiés étrangers à Montréal.


À lire également: Amazon à Montréal: oui à une offre généreuse, pas pas d'excès svp


Québec ne déroulera pas le tapis rouge fiscal pour Amazon




Quelques critères de sélection d'Amazon:


Amazon cherche à implanter son HQ2:


- Dans une région métropolitaine de plus d'un million d'habitants;


- Qui possède un environnement économique stable;


- Près de zones urbaines et de banlieues pouvant contribuer à l'attraction et à la rétention du personnel.


Pour lire le document complet de mise en candidature d'Amazon: Cliquez ici

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