Jeu vidéo : comment Montréal prend sa place à l'ombre d'Hollywood

Publié le 28/11/2018 à 06:30

Jeu vidéo : comment Montréal prend sa place à l'ombre d'Hollywood

Publié le 28/11/2018 à 06:30

Par Alain McKenna

On parle souvent «du jeu vidéo» au sens large. L’industrie, la formation, les pôles de production… mais c’est oublier que les modèles d’affaires sont plus nombreux dans ce secteur qu’on peut le croire.


Les jeux sur console, les jeux mobiles, les jeux en ligne. Les jeux qu’on achète, ceux auxquels on s’abonne, ceux auxquels on joue, puis on paie pour débloquer des extras intégrés, etc.


À Montréal, au moins deux studios ont trouvé une autre niche encore : en travaillant de près avec des multinationales américaines du divertissement, on peut déjà prédire qu’ils connaîtront un vif succès avec leur prochain titre respectif.


De Ma petite pouliche aux Transformers, il n’y a qu’un pas pour Budge Games


Dans le cas de Budge Studios, de la rue de Gaspé dans le Mile-End, ça prend les traits d’un petit robot vaguement humanoïde qui prend aussi les formes d’une Chevrolet Camaro jaune lignée noire. Il s’agit de BumbleBee, le Transformer qui a droit à sa propre production cinématographique, qu’on pourra voir sur grand écran dès la semaine prochaine.


Grâce à sa bonne entente avec le fabricant de jouets Hasbro, Budge Studios a pu acheter les droits vidéoludiques dérivé du film que distribuera Paramount Studios. Pour la PME montréalaise, c’est le prolongement d’une entente de plusieurs années avec le fabricant américain, mais c’est aussi une première excursion en dehors des jeux pour jeunes enfants.


Avec sa facture rétro rappelant la fin des années 1980, soit l’âge d’or des Transformers et autres GI Joe à la télé les samedis matins (on a tous été un enfant un jour, que voulez-vous…), le jeu mobile est conçu pour occuper les temps morts qui peuplent la journée typique de quiconque possède un téléphone intelligent.


Il sort aujourd’hui, sur iOS, puis la semaine prochaine sur Android. «Ça renforce notre position comme plus important éditeur de jeux mobiles pour enfants au monde. Et nous sommes de Montréal!», s’exclament David Lipes et Michael Elman, cofondateurs du studio montréalais, en entrevue.


Les deux entrepreneurs confirment que les prochains jours constituent «la semaine la plus importante de l’année», avec ce lancement qui se fait aussi avec l’aide d’Apple, vu l’exclusivité du produit pour un certain temps. «Quand ton titre apparaît en page d’accueil de l’App Store, ça fait une différence en terme de téléchargements», assure d’ailleurs M. Elman.


Le jeu est téléchargeable gratuitement, mais contient des achats intégrés. Ce modèle plait bien à Budge Games, la nouvelle division qui a été créée exprès pour ce jeu à vocation plus généraliste, puis pour les autres titres du genre à venir. «Le free-to-play est un modèle qui convient bien dans ce cas. Pour les jeux destinés aux plus jeunes, on procède différemment puisque ce ne sont pas eux qui paient», précise M. Elman.



2019, l’année du dragon pour Ludia


L’horoscope chinois dit que 2019 sera l’année du cochon de terre (par opposition au cochon volant, peut-être?), mais pour Ludia, c’est plus officiellement l’année du dragon. C’est une évolution pour ce studio qui sort d’un cycle axé sur les dinosaures, ayant travaillé pendant 6 ans avec le studio Dreamworks sur la série de films Jurassic Park.


L’ère jurassique a permis à Ludia de générer des revenus annuels totaux frôlant les 50 millions $, mais dès la fin janvier, ce seront les Dragons qui feront un retour en scène, et qui propulseront Ludia à un autre niveau en termes de revenus et de téléchargements.


«On a déjà sorti un premier jeu de dragons en 2014, et il continue de générer beaucoup d’intérêt. Le deuxième titre sera une suite, mais il sera différent. Il est plus complémentaire», résume Alexandre Thabet, président de Ludia, également en entrevue.


Au-delà du modèle financier derrière le jeu, c’est l’alliance entre les studios et même les plateformes mobiles qui est intéressante, puisqu’il émerge un modèle d’affaires où tout le monde gagne.


«Pour lancer le jeu, on profite de la campagne de marketing qui a lieu les semaines précédant la sortie en salle du film en Amérique du Nord. Puis comme c’est un titre fort, Apple et Google veulent nous donner un coup de pouce puisque ça les aidera elles aussi à leur tour une fois que le film se trouvera sur iTunes ou Google Films.»


C’est un avantage indéniable pour Ludia d’avoir sa place dans cette équation, l’industrie du jeu vidéo étant particulièrement compétitive. L’émergence du App Store a éliminé une grosse barrière limitant le nombre d’éditeurs dans l’industrie du jeu vidéo, puisqu’il suffit de quelques dollars pour diffuser son application dans des centaines de marchés sur la planète.


«Avoir accès à une marque forte réduit beaucoup le risque», assure M. Thabet, qui siège également sur le conseil de Budge. «Avoir une bonne relation commerciale avec des studios de cinéma aide à se démarquer dans le marché, et à se faire voir sur l’App Store aussi.»


C’est aussi un bon moyen pour retenir les employés de talent, ajoute au passage l’homme d’affaires, puisque ceux-ci, convoités de toute part, tendent à privilégier les projets ayant de meilleures chances de succès. «Et comme nous sommes le plus gros studio de jeu mobile au Canada, nous devenons une cible de choix pour les recruteurs qui cherchent les meilleurs spécialistes…»


Comme dirait l’autre, le succès entraîne le succès. Et quand il est question de succès commercial, deux studios montréalais semblent avoir trouvé une niche intéressante du côté des pouliches, des robots, des dragons et des dinosaures…


Le summum? Que Hasbro produise un film mettant en vedette ses Transformers dinosaures. «Dinobots, à l’attaque!»


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