Crédit aux entreprises du multimédia: Bernard Landry ne regrette rien

Publié le 26/06/2017 à 12:04

Crédit aux entreprises du multimédia: Bernard Landry ne regrette rien

Publié le 26/06/2017 à 12:04

Par Martin Jolicoeur

Bernard Landry, le "père" des crédits d'impôt aux entreprises du multimédia, défend leur raison d'être.

L’ex-premier ministre, Bernard Landry, par qui est né le crédit d’impôt aux entreprises dans le secteur du multimédia, rejette toute critique des dernières semaines réclamant au passage son abolition.


En entrevue avec Les Affaires, l’ex-député du comté de Verchères affirme que loin de constituer une erreur, ce programme de crédit d’impôt remboursable a été et demeure encore bénéfique pour le Québec.


«Je veux bien qu’il faille toujours évaluer ce que nous rapporte un programme qui nous coûte cher. Mais dans ce cas-ci, c’est l’évidence même que l’industrie du multimédia nous a rapporté énormément plus que ce qu’elle nous a coûté.»


Instauré en 1996 par le gouvernement du Parti québécois de Lucien Bouchard, le programme de Crédits d'impôt remboursables pour la production de titres multimédias (CTMM) avait pour objectif de favoriser l'émergence et le développement de l'industrie du jeu vidéo au Québec.


Depuis, des dizaines d’entreprises du secteur comme Ubisoft, Electronic Arts ou  Warner Bross ont pris pied à Montréal et ont contribué au développement de cette industrie. Aujourd’hui, l'industrie québécoise du jeu vidéo compterait plus de 11 000 travailleurs, répartis dans près de 140 entreprises, principalement concentrées à Montréal et Québec.


Un protectionnisme suicidaire


Pour Bernard Landry, il n’y a pas de doute possible. Cette industrie, insiste-t-il,  emploie des jeunes, des jeunes très bien payés (80 000$ à 120 000$) ,qui consomment et paient leur juste part d’impôts. «Regardez comment ils (ces jeunes travailleurs) ont transformé le Plateau Mont-Royal. Lorsqu’on prend tout cela en compte, il n’y a pas un doute à l’effet que cette politique soit très fructueuse pour le gouvernement en terme de revenus.»


Coup sur coup, au cours des deux dernières semaines, Louis Têtu, président de Coveo à Québec, et Eric Boyko, président de Stingray, ont ouvertement critiqué le programme de Crédits d’impôt pour la production de titres multimédias qu’avait mis sur pied Bernard Landry en 1996, alors ministre des Finances du Québec.


Vingt ans plus tard, ce programme qui permet de profiter de 37,5% du salaire de des employés admissibles, n’a plus sa raison d’être à leur avis. Et il ne servirait aujourd’hui qu’à nourrir une concurrence déloyale dont souffriraient les entreprises d’autres secteurs, souvent à la recherche des mêmes employés spécialisés en technologie de l’information.


Au contraire, Bernard Landry se réjouit que ce programme ait pu contribuer à faire de Montréal ce qu’il considère être «la capitale mondiale du jeux vidéo» et estime que l’expertise aujourd’hui émergente de l’intelligence artificielle à Montréal peut y être largement attribuable.


Bernard Landry souligne par ailleurs que contrairement à la perception générale, ce programme ne s’adresse pas qu’aux entreprises étrangères.  «Il s’adresse à tout le monde, sans discrimination, et en tout respect avec le droit international. (…) De toute manière, la moitié de tout ce que l’on fabrique au Québec est exporté. Être protectionniste au Québec, c’est être suicidaire.»


Des millions à Ubisoft


Dans une lettre adressée aux médias jeudi dernier, Yannis Mallat, le pdg d’Ubisoft Montréal, Québec et Toronto, a tenté de défendre le bilan de son entreprise et la raison d’être du programme de crédit d’impôt de Québec dans le secteur des jeux vidéo.


Ce programme, écrit-il, «permet le maintien d’un écosystème stable dans lequel la prise de risques et les investissements sont encouragés. Au sein d’une compétition internationale féroce, c’est un facteur déterminant qui génère des investissements d’envergure.»


Par ailleurs, selon une compilation effectuée par La Presse, à partir des rapports annuels d’Ubisoft, la multinationale française a reçu quelque 781,7 millions de dollars en onze ans des différents ordres de gouvernement au Canada. Sans surprise, écrit La Presse, l'essentiel des subventions reçues provenait du programme de Québec, pour un total de 569,2M$.


Qu’à cela ne tienne. Car, selon Bernard Landry, l’industrie continue de créer régulièrement des emplois au Québec. «Les libéraux nous critiquaient à l’époque. Mais aujourd’hui, ils se précipitent à la moindre annonce, ce qui me fait beaucoup sourire.»


C’est bien là la preuve, dit-il, que ce programme comporte des avantages. Il rappelle que le gouvernement de Jean Charest avait voulu couper dans ce programme lors de sa victoire sur le Parti québécois. Une décision qu’il avait rapidement corrigée, «constatant avoir fait une erreur».


Dans le cadre de la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise (commission Godbout), trois études différentes avaient jugé rentable le crédit d’impôt mis en place. Le niveau de rentabilité calculé variait énormément d’une étude à l’autre.


Le ministère des Finances avait évalué les bénéfices à 1% des crédits accordés, KPMG à 7% et E&B Data à 41%. Dans son rapport final, la commission avait elle-même recommandé que son taux maximal, qui venait de chuter à 30 %, soit ramené à 35 %. Finalement, Québec avait décidé de rétablir ce pourcentage à 37,5%, soit son niveau d’origine.


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