ZTE: Trump dit travailler à une issue avec Pékin

Publié le 14/05/2018 à 06:39

ZTE: Trump dit travailler à une issue avec Pékin

Publié le 14/05/2018 à 06:39

Par AFP

Alors que la survie du géant chinois des télécoms ZTE est menacée par une sanction américaine, Donald Trump a semblé dimanche donner des signes d'ouverture en disant travailler à une issue avec Pékin, alors que les deux pays sont en pleines tractations commerciales.


«Le président chinois Xi et moi travaillons ensemble pour donner à (...) ZTE un moyen de reprendre ses activités, vite. Trop d'emplois perdus en Chine. Le département (américain) du Commerce a reçu l'ordre d'y parvenir!», a tweeté le président américain.


Cette déclaration intervient au moment où plane le spectre d'une guerre commerciale entre Pékin et Washington, avec des droits de douane américains punitifs qui pourraient être mis en place le 22 mai sur quelque 50 milliards de dollars de produits exportés vers les Etats-Unis.


Pékin s'est déjà dit prêt à répliquer avec des taxes sur 50 milliards de dollars de produits américains importés (soja, boeuf...).


Le dossier ZTE pourrait donc faire figure de levier de négociations maintenant que Washington a fait une démonstration de force en montrant qu'il peut mettre à terre le géant des télécoms.


Selon le Washington Post dimanche soir, citant une source proche du dossier, «un mini-accord est en vue», avec ce scénario : «la Chine reçoit des signes d'apaisement sur ZTE et en échange se dit d'accord pour le retour à un statu quo sur l'agriculture américaine».


Quelques heures après son message sur ZTE, Donald Trump a d'ailleurs tweeté sur les tractations commerciales en cours.


«La Chine et les Etats-Unis travaillent bien ensemble sur le commerce mais les négociations passées étaient tellement favorables à la Chine, pendant de nombreuses années, qu'il est difficile pour eux de conclure un accord qui soit bénéfique aux deux pays. Mais soyons +cool+, tout va bien se passer !», a-t-il écrit.


Une délégation chinoise de haut rang est attendue la semaine prochaine dans la capitale fédérale.


Mercredi, ZTE avait annoncé que ses "principales activités (avaient) cessé" à la suite d'une sanction américaine, qui met en danger sa survie même. Il avait précisé communiquer avec l'administration américaine pour modifier ou annuler la sanction.


Washington l'accuse d'avoir violé ses engagements sur des embargos commerciaux et a décidé mi-avril d'interdire, pendant sept ans, l'exportation de composants électroniques américains destinés à ZTE.


Fer de lance du développement des infrastructures 5G (internet mobile ultrarapide) en Chine, ZTE est très dépendant de composants électroniques achetés aux Etats-Unis pour ses réseaux télécoms à fibre optique ou ses microprocesseurs; et ses smartphones utilisent le système d'exploitation mobile Android (Google). 


Géopolitique et technologie


ZTE est aussi emblématique de la bataille que se livrent les deux puissances mondiales dans le secteur technologique, conflit à la fois commercial et géopolitique car Washington soupçonne Pékin de vouloir dominer le marché de la 5G à des fins d'espionnage, avec des entreprises comme ZTE ou l'autre géant télécoms Huawei comme bras armés.


Les Etats-Unis dénoncent aussi les subventions massives de l'Etat chinois aux secteurs stratégiques et les transferts de propriété intellectuelle imposés aux sociétés étrangères.


De son côté, la Chine, qui importe par exemple, 80% de ses microprocesseurs, veut réduire sa dépendance en développant ses propres composants électroniques.


Les autorités américaines ont déjà interdit à l'armée et aux fonctionnaires civils d'utiliser les smartphones de ZTE et de Huawei, lui aussi très actif dans la 5G.


«Nos agences de renseignement ont prévenu que la technologie et les téléphones ZTE posent une grosse menace en matière de cyber-sécurité», a écrit dimanche sur Twitter Adam Schiff, membre démocrate de la Commission du Renseignement à la Chambre des représentants.


«Vous devriez vous soucier davantage de notre sécurité nationale que des emplois chinois», a-t-il ajouté à l'attention de M. Trump.


En mars, les Etats-Unis ont bloqué le rachat du fabricant américain de microprocesseurs Qualcomm par un concurrent alors basé à Singapour, pour des raisons de "sécurité nationale", au motif que cela aurait pu, par ricochets, aider Huawei dans la 5G.


Pour les experts en technologies, comme le secteur est mené par la Chine et les Etats-Unis et que leurs entreprises sont dépendantes les unes des autres, un conflit dur serait potentiellement très dommageable pour tout le monde.

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