Popularité sur le web: petit guide de triche

Publié le 05/04/2017 à 16:02

Popularité sur le web: petit guide de triche

Publié le 05/04/2017 à 16:02

Par AFP

Les soupçons d'achats de fans sur Facebook et Twitter pour favoriser la candidature de Los Angeles aux JO 2024 mettent en lumière une technique de triche régulièrement utilisée pour booster popularité ou notoriété.


Peut-on s'acheter des faux fans sur internet ?


En tapant «achat de fans» sur internet, une multitude de sites proposent de booster contre paiement la popularité de votre profil Twitter ou Facebook ou le nombre de vues sur votre vidéo YouTube. Situés en France ou ailleurs dans le monde, ces services se monnaient contre une poignée d'euros pour quelques centaines de fans à plusieurs milliers d'euros pour être millionnaire en abonnés.


Comment fonctionne l'achat de fans ?


Les sites qui proposent ces services créent des identités numériques fictives via un logiciel (robots). Les profils peuvent aussi être ceux de vraies personnes basées en France ou ailleurs, qui vont cliquer sur des pages ou des profils contre des petits cadeaux sur internet (micro rétributions, jeux concours, accès à des contenus).


Sur le site français acheter-des-fans.com, le millier d'abonnés est à 28 euros sur Facebook ou 9 euros sur Twitter.


Qui achète des faux fans ?


A titre d'exemple, les clients du site français sont principalement des agences de communication ou des community managers dans le secteur musical, qui veulent pousser des artistes débutants pour pouvoir négocier des contrats avec les distributeurs. Il y a aussi des avocats, des centres commerciaux et des ONG.


Pourquoi acheter des fans ?


Des PME qui se lancent sur internet peuvent y avoir recours pour apparaître crédibles. Mais pour de nombreuses sociétés, le nombre d'abonnés n'est pas très important: ce que les annonceurs recherchent désormais, c'est "l'engagement" (l'interaction entre un compte et ses abonnés via des commentaires ou des partages)


Mais selon un expert du secteur, seuls les professionnels scrutent l'engagement, alors que le grand public regarde le nombre d'abonnés ou de vues.


Légal ou pas ?


Interdit par les conditions d'utilisation de Facebook, Twitter ou YouTube, l'achat d'une fausse notoriété sur internet n'est pas puni par la loi.


«N’achetez pas de fausses mentions J’aime, elles nuiront à votre entreprise à long terme», conseille Facebook à ses clients sur son site.


«Lorsque nous détectons une activité frauduleuse, nous nous efforçons de la contrer. Nous bloquons des comptes et supprimons les fausses mentions J’aime, entre autres mesures», précise Facebook.


Comment réagissent les réseaux sociaux ?


Twitter, Facebook et les autres disposent d'outils automatisés et humains pour détecter et supprimer les comptes faux ou inactifs. Sur internet, des sites comme Social Bakers, Twitter Audit ou Status People proposent une évaluation du pourcentage de faux abonnés d'un compte sur Twitter. Mais ces outils peuvent, à tort, considérer comme faux un utilisateur qui a une attitude passive sur Twitter, où 40% des abonnés ne tweetent pas.


En 2014, Instagram, le réseau social de photos propriété de Facebook, a supprimé des millions de faux comptes, faisant perdre nombre d'abonnés à des stars comme Justin Bieber, Kim Kardashian ou Beyoncé.


Les raisons de ce grand ménage? L'arrivée de la publicité sur Instagram, qui a obligé le réseau social à être irréprochable sur ses chiffres afin de ne pas tromper les annonceurs.


 

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