La faille de sécurité chez Google fait de l'ombre à son lancement

Publié le 09/10/2018 à 16:43

La faille de sécurité chez Google fait de l'ombre à son lancement

Publié le 09/10/2018 à 16:43

Par AFP

[Photo: Getty Images]

Google était mardi au centre d’une polémique après avoir tardé à révéler une faille informatique ayant exposé des données d’utilisateurs, ce qui faisait de l’ombre à la présentation d’un nouveau téléphone intelligent et d’un assistant virtuel.


Quelques heures avant de dévoiler trois nouveaux produits, l’entreprise qui vient de fêter ses vingt ans a été rattrapée à son tour par la controverse sur l’utilisation des informations d’internautes.


Google a annoncé lundi que son réseau social Google+ avait été touché, durant trois ans, par une faille informatique ayant exposé des données personnelles d’un demi-million de comptes.


Au-delà du problème informatique en tant que tel, il est reproché au groupe de ne pas avoir communiqué plus tôt sur cette faille décelée en mars.


D’après le Wall Street Journal, les dirigeants du groupe craignaient d’attirer l’attention des régulateurs et redoutaient un traitement identique à celui réservé à Facebook à la suite du scandale Cambridge Analytica.


Après la révélation de cette faille, Google a annoncé qu’il arrêtait Google+ dans sa version pour les particuliers, dont la disparition sera effective en août 2019.


Lancé en 2011, le réseau social n’a jamais vraiment pris. Il est aujourd’hui très peu utilisé même si Google ne communique aucun chiffre sur cette activité.


Conséquences commerciales ?


Cette révélation a en tout cas relancé les interrogations sur les pratiques des réseaux sociaux, quelques jours après la révélation par Facebook d’un piratage ayant affecté 50 millions de comptes.


L’agence irlandaise de protection des données (DPC) a indiqué mardi à plusieurs médias qu’elle allait envoyer à Google une demande de renseignements sur la faille de Google+.


Malgré des accords sur le consentement passés avec le régulateur américain du commerce (FTC), « aucune de ces entreprises ne semble avoir été particulièrement réprimandée pour ses pratiques en termes de protection des données », a ainsi regretté le sénateur démocrate Mark Warner. « Il semble évident que le Congrès doit renforcer son action » sur le sujet, a-t-il ajouté. 


« Les piratages de données se multiplient, mais la FTC manque de volonté politique pour mettre en œuvre ses propres décisions », a estimé Marc Rotenberg, président du Centre d’information sur les données personnelles électroniques, en appelant à la création d’une agence dédiée.


Google s’était déjà attiré les foudres des législateurs américains en refusant de participer début septembre à des auditions sur les campagnes d’ingérences politiques étrangères sur les réseaux sociaux, auxquelles ont participé Twitter et Facebook.


La société qui a révolutionné internet est aussi accusée par le président américain Donald Trump de truquer les résultats de son moteur de recherche au profit des médias « de gauche » et, logiquement, au détriment des conservateurs.


En Europe, sanctionné d’une amende record de 4,34 milliards d’euros en juillet pour position dominante de son système d’exploitation Android, Google a annoncé mardi avoir fait appel de la décision.


Autre événement venant parasiter la présentation mardi des téléphones, le renoncement de Google à se positionner sur un contrat massif de stockage de données en ligne (« cloud ») du ministère de la Défense américain pouvant atteindre dix milliards de dollars.


Un désengagement justifié notamment par le fait que le groupe dit n’avoir « pas reçu l’assurance qu’il serait conforme à nos principes en matière d’intelligence artificielle ». 


Le directeur général du groupe Sundar Pichai avait présenté ces principes en juin, qui prévoyaient que Google ne s’impliquerait pas dans des « technologies qui sont ou pourraient être nocives » et « des armes ou d’autres technologies dont le but principal ou la mise en œuvre causeraient ou faciliteraient l’atteinte physique aux personnes ».


Lors de la présentation de mardi, à New York, nul n’a évoqué l’affaire Google+ même si les intervenants ont bien insisté sur l’importance pour le groupe de la sécurité de ses appareils.


« Je doute que les consommateurs se soucient » de l’affaire Google+ et des questions de protections des données personnelles, a estimé Carolina Milanesi, analyste du cabinet Creative Strategies.


Mais, ajoute-t-elle, « cela rend un peu plus difficile de convaincre les gens qui n’ont pas encore adopté l’écosystème Google avec un assistant » virtuel.


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