Si les entreprises manufacturières du Québec souhaitent leur survie, elles doivent revoir rapidement leur perception du travail de leurs concurrents asiatiques.
C’est le message inattendu, mais néanmoins senti, qu’a lancé jeudi, François Trofim-Breuer, directeur, Approvisionnement stratégique de Bombardier Transport. «Attention. Prenez garde de ne jamais sous-estimer la compétition chinoise, a-t-il déclaré. La Chine change vite et ce n’est plus du tout vrai que tout ce qui nous vient de Chine est de qualité discutable.»
Ce dernier lançait cette mise en garde devant quelque 150 dirigeants d’entreprises manufacturières du Québec, réunis dans un hôtel de Boucherville à l’occasion de la cinquième journée des donneurs d’ordres et fournisseurs, une initiative de Sous-Traitance Industrielle Québec (STIQ).
Le monde change
Questionné sur la façon dont les entreprises du Québec pouvaient s’assurer de demeurer compétitive, M. Trofim-Breuer n’est pas passé par quatre chemins. En plus de demeurer inventive et de conserver l’innovation au cœur de leurs activités, le représentant de Bombardier en a appelé à un changement radical des perceptions à l’égard du travail de pays que l'Occident regardait autrefois de haut.
«Il ne faut pas les sous-estimer. La Chine, par exemple, a pris un virage très marqué ces dernières années en faveur de la qualité. Ils ont tout l’argent et les compétences nécessaires et le font très bien.»
M. Trofim-Breuer soutient que c'est le moment de reconnaître que le monde a changé, que nous évoluons maintenant dans un monde globalisé et qu’en conséquence, l’industrie québécoise doit rapidement s’attarder à ce qu’elle pourrait faire pour demeurer dans la course.
Moins cher
«Comprenez-moi bien; je suis Québécois et je veux continuer de faire des affaires au Québec. Mais le monde change et il faut réaliser que tout le monde a droit au succès.»
Pour demeurer dans la course, dit-il, les entreprises du Québec devront rapidement trouver le moyen de produire pour moins cher le même niveau de qualité auquel elles sont habituées. «Moins cher ne veut pas dire de moindre qualité (cheap). Affordable is not cheap; it is affordable. C'est là une distinction qu'il faut saisir.»
En plus de résoudre la question des coûts, les entreprises doivent miser davantage sur leur esprit d’entrepreneurship, leur inventivité et leur capacité d’innover, dit-il. «C’est ainsi que vous ferez une différence et que vous parviendrez à vous faire une place dans cette nouvelle économie».










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