Vignoble Rivière du Chêne double la mise

Publié le 01/09/2016 à 11:58

Vignoble Rivière du Chêne double la mise

Publié le 01/09/2016 à 11:58

Par Claudine Hébert

Daniel Lalande, propriétaire du Vignoble Rivière du Chêne. (Photo: courtoisie)

PME DE LA SEMAINE. À l’instar de Brome-Missisquoi, la région des Basses-Laurentides pourrait avoir un jour, elle aussi, une route des vins. Daniel Lalande, propriétaire du Vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache, en est convaincu. Et il ne fait pas que rêver à ce projet. Il investit pour que son souhait se réalise.


En 2015, l’entrepreneur s’est porté acquéreur d’une ancienne ferme laitière de 24 hectares à Oka pour y créer son deuxième vignoble, La Cantina, portant du même coup à cinq le nombre de vignobles établis dans la région. En incluant la plantation de vignes, l’investissement grimpe déjà à 1,5 million de dollars. «Et ce n’est pas terminé. Une fois complété, ce projet, qui comprend la création d’une microbrasserie et d’un bistro, s’élèvera à plus de 3,2 M$», indique le vigneron Daniel Lalande, qui est actuellement à la recherche d’un maître brasseur.


L’ouverture officielle du nouveau vignoble au public n’est prévue que pour le printemps 2019. En attendant, l’entreprise vinicole pourra faire ses premières récoltes, en grande partie du pinot noir et du chardonnay, dès l’an prochain. «La transformation se fera dans nos installations à Saint-Eustache les deux premières années», indique celui qui produit déjà le William Rouge. Cet assemblage de Maréchal Foch 30 %, Frontenac rouge 25 %, Léon Millot 10 %, Ste-Croix 10 %, Baco noir et Seyval 25 % vient de remporter l’or cette année à la Coupe des Nations du Québec.


Augmenter la production


La création d’une route des vins dans les Basses-Laurentides n’est pas l’unique motivation qui a incité Daniel Lalande à investir dans l’aménagement d’un second vignoble. «Notre production actuelle de 12 000 caisses de bouteilles par an ne suffit pas à la demande. Grâce aux premières récoltes du vignoble d’Oka, nous pourrons augmenter dès 2017 notre production de près de 2100 caisses, soit une hausse de 15%», explique le vigneron, qui a troqué l’acériculture pour la vigne en 1998.


Pour le moment, plus de 50% de la production annuelle de la PME de Saint-Eustache est écoulée dans les succursales de la SAQ. «Ce marché représente de 6000 à 6500 caisses par an, mais il nous faudrait au moins 8000 caisses et même plus pour couvrir l’ensemble du territoire. L’autre moitié se partage entre les ventes au vignoble (25%), les ventes dans les restaurants (12%), les cadeaux et commandites (4%) les expositions (2%) et l’exportation, principalement en France et en Chine (1%)», rapporte l’entrepreneur agricole.


Pourquoi vouloir prendre de l’expansion à Oka plutôt qu’à Saint-Eustache? Ce secteur, dit-il, répond aux trois plus importants critères pour assurer le succès d’un vignoble. D’abord, il y a le terroir. À Oka, le sol est d’une très belle qualité pour la culture de la vigne. Deuxio, ce territoire dispose de conditions climatiques avantageuses. «Oka, explique-t-il, tout comme St-Paul-d’Abbotsford et Saint-Jacques-le-Mineur, fait partie des secteurs choyés par le rapport degré-jour pour les unités thermiques». Le troisième critère et non le moindre : le vignoble est situé sur la route 344, à moins de cinq minutes de l’Abbaye et du parc d’Oka, une zone très fréquentée par les touristes.


Un plus pour le tourisme régional


La Chambre de commerce et d’industries de la MRC des Deux-Montagnes (CCI2M) se réjouit de l’arrivée de ce cinquième vignoble, qui contribue selon elle au développement du pôle agrotouristique de la région. « On compte maintenant plus d’une douzaine d’entreprises de production de boissons alcoolisées dans la région. Cela représente le tiers des agro-transformateurs sur notre territoire», souligne Mélanie Laroche, directrice générale de la chambre.


Le secteur agricole compte pour plus de 2% des emplois dans la MRC des Deux-Montagnes. Une proportion plus grande que celle de la province entière (1,37%). Il faut dire que le territoire agricole de cette MRC constitue plus de 65% de la superficie terrestre de la région, ajoute la directrice.


Enfin, le vignoble Rivière du Chêne, qui emploie plus d’une quarantaine de travailleurs, dont une douzaine à temps plein, a trouvé une belle façon de faire les vendanges. Depuis l’ouverture en 2002, il est l’un des rares au Québec à inviter la population à participer à la cueillette des raisins. «Chaque année, plus de 700 personnes prennent part à ces week-ends du mois de septembre jusqu’à l’Action de Grâce», indique le producteur. Avis aux intéressés, l’activité comprend le lunch, une visite des lieux, et bien sûr, quelques verres de vins!


Vignoble Rivière du Chêne en quelques chiffres


Année de fondation : 1998


Nombre d’employés : 42, dont 12 à temps plein.


Chiffre d’affaires : 2,5M$


Objectif au cours des deux prochaines années : Augmenter de 6500 à plus de 8000 le nombre de caisses vendues à la SAQ.

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