«Un emploi en sol québécois» aide 30 familles immigrantes

Publié le 24/10/2018 à 16:20

«Un emploi en sol québécois» aide 30 familles immigrantes

Publié le 24/10/2018 à 16:20

Par La Presse Canadienne

Une immigrante d’origine péruvienne qui a eu un coup de cœur pour la région de Québec, où elle peut enfin travailler dans son domaine. Un employeur de Val-d’Or qui a réussi à trouver un ingénieur qualifié originaire du Liban pour son entreprise.


Un programme visant à mettre en lien des entreprises ayant besoin de main-d’œuvre et des travailleurs immigrants a permis à une trentaine de nouveaux arrivants et à leur famille de quitter Montréal pour aller s’installer et travailler dans une autre région du Québec.


Le programme « Un emploi en sol québécois » de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), qui faisait l’objet d’un projet pilote l’an dernier, reprend maintenant pour une deuxième phase. Le gouvernement du Québec appuie financièrement le programme avec un montant total de 3 millions $, confirmé pour les trois prochaines années.


Pour Raquel Merino-Caravedo, le programme a été le premier pas vers une nouvelle vie à l’extérieur de Montréal, où elle s’était installée lors de son arrivée au Québec depuis le Pérou, en 2011.


Comme plusieurs immigrants, Mme Merino-Caravedo s’était installée dans la métropole lors de son arrivée dans la province. Dans son pays d’origine, elle travaillait en ressources humaines. Arrivée à Montréal, elle a fait un certificat en gestion des ressources humaines à HEC Montréal, mais n’est pas parvenue à trouver un emploi dans son domaine.


Quand une personne lui a parlé du programme « Un emploi en sol québécois », elle s’est dit qu’elle n’avait rien à perdre. Le projet lui a permis de visiter Val-d’Or et la région de Chaudière-Appalaches et de rencontrer des employeurs. Et de fil en aiguille, son curriculum vitae s’est retrouvé chez des employeurs de Québec.


« Je me suis dit : bien pourquoi pas ? », raconte-t-elle.


Ses démarches ont porté fruit. Elle travaille dans la capitale du Québec depuis cinq mois, où elle œuvre au Service d’orientation et d’intégration pour les immigrants au travail (SOIT) comme conseillère en régionalisation.


« J’ai déjà reçu trois amis de Montréal qui m’ont dit : Oh c’est magnifique cette ville ! Ce sont des commentaires qui me rendent fière de mon choix », affirme-t-elle.


Pallier la pénurie de main-d’œuvre


Le programme a été initié par la FCCQ pour répondre à la fois aux défis importants de chômage chez les personnes immigrantes et à la pénurie de travailleurs des régions, où se trouvent, selon la fédération, 55 pour cent des besoins en emploi dans la province.


La FCCQ organise le déplacement des candidats afin qu’ils participent à des entrevues, soient informés sur la région et visitent les environs.


Le projet-pilote a permis de recenser 438 personnes immigrantes intéressées, dont 205 à qui des emplois ont été proposés dans les cinq régions participant au programme. Au total, 77 offres d’emploi ont été faites et au terme de la phase pilote, 34 personnes avaient accepté un emploi dans l’une des cinq régions et s’y étaient installées avec leur famille.


Simon Bertrand, directeur des ressources humaines chez Meglab, une entreprise spécialisée dans les mines située à Val-d’Or, avait déjà tenté de recruter la main-d’œuvre dont il avait besoin en Abitibi-Témiscamingue avant de décider de se tourner vers l’extérieur.


Le programme lui a notamment permis d’embaucher Daniel Hage, un ingénieur électrique originaire du Liban, à la suite d’une visite d’un groupe de candidats en Abitibi-Témiscamingue.


« (Un emploi en sol québécois) permettait aux personnes de connaître la région en allant la visiter directement sur place. Ça permet de rencontrer des gens qui ont un désir de déménager dans notre ville de Val-d’Or. Aller recruter des immigrants à Montréal, ou n’importe qui à Montréal, c’est quelque chose de particulier. Ce n’est pas toujours facile de trouver une personne qui va avoir le désir de vouloir déménager. Donc en ayant déjà les connaissances du milieu, en ayant déjà le désir de déménager, ça facilite énormément le processus d’embauche », explique M. Bertrand.


M. Hage s’est installé en Abitibi en début d’année, avec son épouse, qui avait une formation en architecture.


« Son épouse nous a transmis son curriculum vitae à ma demande. J’ai transmis son CV dans mon réseau à Val-d’Or (...) et il a circulé. Elle aussi a fait des démarches personnelles. Mais on a soutenu notre employé dans ses démarches pour que sa famille soit à la même place et ça a fonctionné », raconte M. Bertrand, qui précise que la conjointe de son employé travaille aujourd’hui dans une firme d’architectes de la région.


Pour le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget, le programme offre une situation gagnante pour toutes les parties, puisqu’il collabore avec les organismes en employabilité ou d’intégration des personnes immigrantes pour trouver les nouveaux arrivants dont le profil correspond aux besoins des entreprises et ainsi faire une présélection.


« Donc quand un immigrant se déplace en région, c’est parce qu’il y a vraiment des postes qui correspondent à ses compétences et l’employeur qui le reçoit sait qu’il a devant lui un immigrant qui répond à ses critères d’embauche. »


Mme Merino-Caravedo ne regrette en rien son choix de quitter la métropole pour la région de la Capitale-Nationale et conseillerait à tous les immigrants de s’ouvrir à la possibilité d’aller voir ce qu’il y a à l’extérieur de Montréal.


« Des fois, on pense qu’après avoir traversé le pont Champlain ou le pont Jacques-Cartier, la vie est finie. Mais non, il y a d’autres choses à explorer. À Québec, j’ai commencé à sortir tous mes rêves de ma valise. »

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