Stefanka: du soutien-gorge mal ajusté à la cabine intelligente

Publié le 15/02/2018 à 14:30

Stefanka: du soutien-gorge mal ajusté à la cabine intelligente

Publié le 15/02/2018 à 14:30

Elizabeth Stefanka. (Photo: courtoisie)

PME DE LA SEMAINE. Après une première expérimentation avec la Vie en Rose, la société montréalaise Stefanka, qui développe un logiciel de recommandation de taille destiné à l’industrie du prêt-à-porter, vient d’être nommée parmi les finalistes du Gala de l'innovation interactive 2018 de l'événement South by Southwest aux États-Unis. Un marchepied sur lequel elle compte bien s’appuyer pour pénétrer ensuite le marché américain.


Quatre ans après sa création, la jeune pousse montréalaise, spécialisée dans le développement de solutions technologiques pour l’industrie de la mode, se prépare à réaliser son premier financement. D’ici quelques mois, Stefanka aimerait réunir près d’un million de dollars et recherche un investisseur principal spécialisé dans le milieu de la technologie ou du commerce de détail pour accompagner son déploiement jusqu’aux États-Unis.


Située dans le quartier du Mile-Ex, l'entreprise -nommée après sa fondatrice Elizabeth Stefanka, 31 ans- a d’abord commencé par développer une ligne de soutiens-gorge sur-mesure. Mais très vite, c’est son logiciel de prise de mesure automatisée du buste, utilisant la 3D afin d'éliminer la prise de mesures manuelle, qui suscité l’intérêt et débouché sur un outil intelligent de recommandation de tailles. Il ne fallait ensuite qu’un pas pour parler de cabine intelligente, en utilisant une caméra semblable à celle utilisée par la console de jeu Xbox, et un écran tactile intégré à une cabine. Le résultat a été présenté au salon de la mode et du design en 2015, en partenariat avec le détaillant la Vie en Rose, puis au Consumer Electronic Show de Las Vegas l’an dernier. «Notre mission de départ est de permettre aux clients de trouver le meilleur 'fit' et nous avons choisi de sortir de la production pour nous concentrer uniquement sur l’aspect logiciel», explique sa fondatrice, diplômée d’HEC Montréal.


Du prêt-à-porter à un marché de niche


Conçu pour permettre aux détaillants d’offrir un meilleur conseil à leur clientèle, ce logiciel aurait aussi un second objectif: inverser le rapport de force en encourageant le développement de collections adaptées aux consommateurs. Bien que sa principale cible demeure le milieu du prêt-à-porter, à qui elle compte fournir sa solution sous forme d’abonnement tout en recommandant ensuite des appareils (caméras, écrans) compatibles, Stefanka se retrouve aussi sur des marchés nichés. Après les fabricants de lingerie, c’est le marché des uniformes qui lui tend les bras. La société a entre autres établi récemment un partenariat avec Logistik Unicorp, l’un des fournisseurs de l’armée canadienne. «C’est une industrie très verticalisée, qui intègre à la fois les propriétaires de magasins et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, ce qui rend l’adoption de nouvelles solutions très efficace».


Sur le marché québécois, Stefanka a réalisé plusieurs opérations dans le secteur de l’événementiel, comme son partenariat avec le détaillant La Vie en Rose lors du festival Mode & Design en 2015. «Nous avons aussi réalisé des événements ponctuels, destinés à une clientèle VIP mais c’est surtout l’approche événementielle qui tire pour l’instant le marché». Elle vient de signer un partenariat avec la marque québécoise de vêtements athlétiques pour femmes Moov Activewear, qui s’apprête à déployer le logiciel de recommandation des tailles sur son site internet à compter d’avril prochain.


Aux portes de l’Amérique


Alors qu’elle doit se rendre aux États-Unis à la mi-mars pour participer 21e édition du Gala de l'innovation interactive 2018 de l'événement South by Southwest, dans laquelle elle a été nommée finaliste (aux côtés des illuminations du pont Jacques-Cartier par Moment Factory) la jeune pousse montréalaise compte continuer à parcourir les salons à l’international pour faire connaître sa technologie, comme le salon de la mode de Las Vegas (Magic Las Vegas) où elle se trouvait à la mi-février. «Nous avons été approchés, grâce à notre présence sur des salons, par des multinationales américaines qui possèdent leur propre innovation lab et qui cherchent à travailler avec des start-ups pour réaliser des tests», affirme-t-elle. Un modèle que l’on retrouve encore peu au Québec, et qui pourrait accélérer le déploiement de Stefanka de l’autre côté de la frontière. Avec 300 000$ de chiffre d’affaires en 2017 et 4 employés, Stefanka vise à atteindre le million d’ici 2 à 3 ans. Son prochain financement devrait aussi lui permettre de réaliser plusieurs embauches (et notamment celle d’un directeur financier et d’un programmeur) pour déployer son concept.


 


Stefanka en quelques chiffres 


Année de création : 2014


Chiffre d’affaires annuel : 300 000$


Marché desservi : Canada


Emplacement du siège social : Montréal


Objectif pour l’année à venir : Assurer le déploiement de sa solution logicielle de recommandation des tailles au sein des multinationales du prêt-à-porter, et pénétrer le marché américain, grâce à des partenariats avec les innovation labs de certains grands groupes.


image

Forum TI DevOps

Mercredi 12 septembre


image

Usine 4.0

Mardi 18 septembre


image

Gestion de l'innovation

Mercredi 19 septembre


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre

À la une

Hydro-Québec réclame des tarifs «dissuasifs» pour la crypto

BLOGUE. L'énergéticien demande de tripler le prix du kilowattheure pour décourager l’industrie blockchain.

Gestion de l’offre: ce que Trump et cies ne vous disent pas

16/06/2018 | François Normand

ANALYSE GÉOPOLITIQUE - Un débat d’idées est le bienvenu, mais encore faut-il considérer tous les éléments. Les voici.

Les Bourses au rouge, sur fond de début de «guerre froide commerciale»

15/06/2018 | lesaffaires.com, AFP et Presse canadienne

«On savait que la menace de tarifs sur la Chine était réelle mais on pensait que Washington allait finir par négocier»