Quatre artistes reçoivent la Bourse des mécènes investis pour les arts

Publié le 29/11/2016 à 20:00

Quatre artistes reçoivent la Bourse des mécènes investis pour les arts

Publié le 29/11/2016 à 20:00

De gauche à droite: Alix Dufresne, Sarah Bronsard et Narcisse E. Esfahani. (Photo: courtoisie)

Quatre artistes viennent de recevoir une Bourse des mécènes investis pour les arts lors d’une cérémonie à la galerie Joyce Yahouda. Choisis pour leur démarche innovante, ils ont reçu un coup de pouce de 4000 à 7000$ de la part d’entrepreneurs et de professionnels amoureux de l’art.


Vidéo Phase en musique, Alix Dufresne en théâtre, Sarah Bronsard en danse et Narcisse E. Esfahani dans le domaine des arts visuels ont réussi à séduire les 50 mécènes engagés dans le groupe Les mécènes investis pour les arts. Chacun d’entre eux a fait un don personnel de 500$.


«Nous voulons soutenir les artistes de la relève innovante, ceux qui vont devenir des grands noms dans leur discipline», explique Sébastien Barangé, vice-président, Communication Affaires publiques chez CGI et cofondateur de la Bourse avec Maxime Codère, vice-président, Transactions et restructuration chez KPMG. Pour s’assurer que leur choix soit de qualité, c’est le Conseil des arts de Montréal qui reçoit et analyse les candidatures – plus de 50 cette année –puis fait une pré-sélection de 10 projets. Sa vocation étant de soutenir l’excellence et l’innovation dans la création, il offre l’expertise de ses conseillers artistiques aux mécènes. 


Au total, 20 000$ ont été donnés aux artistes cette année. « On préfère faire des dons plus importants à un nombre réduit d’artistes parce qu’on voulait vraiment que la somme ait un impact sur les projets », indique Sébastien Barangé.


La Bourse a commencé, il y a quatre ans, avec seulement dix mécène lors de la première édition. Des événements pour sensibiliser le milieu des affaires sont organisés régulièrement afin d’augmenter le nombre de mécènes. «On veut que chez les plus jeunes, la philanthropie et le mécénat deviennent des réflexes et que leur rapport à l’art aille au-delà du don en nouant des liens entre les artistes afin de connaître leurs réalités et qu’un réseau se crée», poursuit Sébastien Barangé. 


Des choix audacieux


Les jeunes mécènes, âgés de 35 à 45 ans, n’ont pas peur d’être audacieux et choisissent souvent des projets pointus. Cette année, Vidéo Phase, qui a un projet de spectacle, Lumens, «développe une nouvelle forme artistique combinant en un seul objet musique, vidéo et technologie», selon le communiqué émis par le Conseil des arts.


Alix Dufresne, elle, mêle théâtre et danse. Son projet consiste en un spectacle –Nuits frauduleuses- sur la poésie à l’heure de la technologie, à travers les textes de 12 jeunes auteurs. «Ce qui nous a beaucoup séduits, c’est que le spectacle sera ensuite présenté dans différentes écoles secondaires au Québec pour montrer une image plus moderne de la poésie aux jeunes», souligne Sébastien Barangé.


Narcisse E. Esfahani, d’origine iranienne, présentera une installation audiovisuelle sur la vie des populations qui subissent la guerre. Enfin, Sarah Bronsard, qui revisite le flamenco, crée une pièce chorégraphique, Èbe, qui mélangera le flamenco, la création audiovisuelle et la chorégraphie sonore. 


Les mécènes ont choisi de soutenir en particulier les artistes engagés dans des projets innovants malgré le fait qu’ils soient parfois moins accessibles au grand public. «Leurs démarches remettent en question leur discipline pour la faire évoluer, constate Sébastien Barangé. Ils mènent des projets souvent plus difficiles à faire financer par des commanditaires.» D’où la volonté de s’investir dans cette niche.

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