Montréal peut-elle rêver de devenir une «Silicon Valley du Nord»?

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mars 2018

Montréal peut-elle rêver de devenir une «Silicon Valley du Nord»?

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mars 2018

Par Denis Lalonde

San ­Francisco est la ville de l’industrie des nouvelles technologies, ce que Montréal et tous les autres endroits du monde ne sont pas [Photo : Pixabay]

« La Silicon Valley est un endroit spécial. Même si l'écosystème montréalais doublait ou quadruplait de taille, ce ne serait pas l'équivalent de la Silicon Valley et ça ne le sera jamais », juge Greg Isenberg, PDG de Islands.


M. Isenberg ajoute que San Francisco est la ville de l'industrie des nouvelles technologies, ce que Montréal et tous les autres endroits du monde ne sont pas.


« La vaste présence de capital de risque dans la Silicon Valley est un avantage majeur. Au moment de démarrer Islands, notre application de réseautage social, nous avons obtenu un financement de 1,85 M$ US avant même d'avoir un produit à lancer. Ça ne serait jamais arrivé dans une ville comme Montréal. Le degré de tolérance au risque est beaucoup plus élevé ici », explique l'entrepreneur.


Ce dernier est toutefois d'avis que l'émergence de la technologie de la chaîne de blocs (blockchain), entre autres derrière le bitcoin et les autres cryptomonnaies, pourrait changer la donne. « La blockchain sera au coeur du développement d'entreprises pour les 10, 15 ou 20 prochaines années. Par sa nature décentralisée, la blockchain favorisera l'émergence d'entreprises valant plusieurs milliards de dollars à l'extérieur de la Silicon Valley. Des villes comme Montréal pourraient en profiter », dit-il.


Des avantages complémentaires


Francis Davidson, PDG de Sonder, croit qu'on ne peut voir Montréal comme une future San Francisco, mais il estime que les entrepreneurs peuvent aussi profiter des avantages des deux villes en ayant une présence dans chacune d'elles. « Une entreprise pourrait avoir sa haute direction dans la Silicon Valley et ses activités d'ingénierie et d'intelligence artificielle à Montréal », croit-il.


Sans rien promettre, M. Davidson dit d'ailleurs songer à l'idée d'être plus ambitieux du côté des embauches à Montréal dans ces deux créneaux.


« J'ai des vues plus agressives sur la nécessité d'être à San Francisco quand tu arrives à une certaine taille. L'écosystème montréalais avance beaucoup, mais il faudra encore beaucoup de temps avant qu'on soit capable d'y bâtir des entreprises avec plusieurs milliers d'employés de A à Z, dit M. Davidson. Selon lui, les sociétés devront atteindre plusieurs milliers d'employés pour que les dirigeants qui ont piloté cette croissance puissent recommencer ailleurs par la suite.


De son côté, Éric Aubertin, PDG de Yadle, dit être en discussion avec des fonds de capital de risque du Québec et de la Silicon Valley, estimant que les deux régions bénéficieraient grandement d'une plus grande collaboration.


 


À lire aussi:


Entreprendre dans la Silicon Valley: pourquoi et pour qui? 

Cinq ­PDG québécois de ­start-up avec qui réseauter dans la ­Silicon ­Valley


 

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