Mode et technologie : les hommes dans la mire

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Août 2016

Mode et technologie : les hommes dans la mire

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Août 2016

Par Alain McKenna

Tailor2Go, une entreprise de Montréal, propose un service de tailleur personnalisé et mobile.

Mode et technologie n'ont pas fait bon ménage jusqu'à présent. La promesse aux consommateurs d'économiser temps et argent s'est souvent faite au détriment de la qualité et de la personnalisation. Une nouvelle génération de détaillants souhaite renverser cette tendance, un client à la fois.


Dans le cas de Tailor2Go, ça se passe à l'arrière d'un fourgon identique aux camions de cuisine de rue. Ce n'est pas fortuit : la jeune entreprise du quartier Griffintown, à Montréal, propose un service de tailleur personnalisé et mobile, s'inspirant de la mode des camions de rue. L'idée : aller à la rencontre des entreprises du centre-ville de Montréal soucieuses d'habiller leurs cadres supérieurs avec style, selon leurs goûts, et sans tracas.


Les 14 caméras à «lumière blanche» de sa cabine d'essayage prennent des mesures extrêmement précises du client, grâce auxquelles Nathon Kong, le jeune Thaïlandais d'origine derrière ce concept, réalise des complets sur mesure qui ne demandent aucune retouche, dans 70 à 80 % des cas, ce qui est exceptionnel.


«La qualité, l'expérience et l'efficacité sont nos priorités, affirme M. Kong. Notre concept permet de vendre chemises et complets sur mesure avec précision, sans les coûts élevés associés à une boutique au centre-ville.»


Tailor2Go peut ainsi offrir des complets haut de gamme, faits à partir de matériaux de grande qualité, au prix d'un complet acheté en magasin. «On vend une Ferrari au prix d'une Lexus», illustre l'entrepreneur, soit moins de 1 000 $ pour un complet valant deux fois ce montant en boutique. Compte tenu du coût, ça limite toutefois la clientèle cible aux cadres supérieurs de grandes firmes professionnelles, mais c'est voulu.


«Ce qu'on souhaite, c'est faire affaire avec les grands bureaux du centre-ville, que ce soit à Montréal ou à Toronto. Et à l'avenir, de faire la même chose dans l'ouest du pays et aux États-Unis», explique Nathon Kong, qui finance lui-même sa microentreprise qui compte trois autres employés. «Nous sommes présentement en mode bêta, mais on a fait bonne impression à C2 Montréal [à la fin mai]», assure-t-il, prévoyant que l'entreprise sera entièrement opérationnelle cet automne.


Le sur-mesure québécois à l'assaut de la planète


Fondé à Québec en 2010, le site Surmesur.com est un autre spécialiste de vêtements sur mesure pour hommes aux ambitions planétaires. Le concept est semblable, mais plus classique : on prend rendez-vous et on se présente dans une des boutiques, ou un tailleur se déplace pour prendre les mensurations au bureau.


«Les clients viennent d'abord faire prendre leurs mesures en boutique, et ils peuvent ensuite transmettre toutes leurs futures commandes par le site Web, explique Michaël Bourguignon, porte-parole de Surmesur. Notre logiciel leur permet de visualiser le produit final avant de passer une commande.»


La formule semble faire mouche : l'entreprise compte des boutiques à Calgary, Toronto, Montréal et Québec, entre autres, et vient d'ouvrir ses deux premières boutiques aux États-Unis, à Chicago et à Pittsburgh.


Les acheteurs apprécient particulièrement ce modèle hybride leur donnant accès à des vêtements sur mesure, dans un contexte d'achat en ligne. Un croisement entre Tailor2Go et Frank & Oak, en quelque sorte. «C'est une expérience de magasinage qui n'existe pas ailleurs», assure Vincent Thériault, cofondateur de Surmesur. Une expérience qui connaît une croissance globale supérieure à celle des vêtements pour femmes, si on se fie aux études sur le sujet. Le NPD Group révélait en 2014 que la mode pour hommes sur Internet croissait à un rythme de 13 %, comparativement à 10 % pour la mode pour femmes. Ce marché vaudrait aujourd'hui plus de 60 milliards de dollars américains.


La principale cause de ce phénomène ? Les hommes n'aiment pas magasiner. «La musique forte, la pression des vendeurs, l'atmosphère générale en intimident plusieurs, dit M. Kong. Pourtant, l'expérience joue un rôle important dans l'achat de vêtements. Nous vendons des vêtements, mais aussi une relation de confiance.»


Une relation basée sur la qualité, la précision et l'efficacité. De quoi satisfaire les hommes d'affaires qui se tiennent loin des centres commerciaux...

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