Les irréductibles Gaulois de l'efficacité énergétique

Publié le 04/02/2016 à 09:43

Les irréductibles Gaulois de l'efficacité énergétique

Publié le 04/02/2016 à 09:43

PME DE LA SEMAINE – L’écoconception fait partie de l’ADN de Pageau Morel. En effet, déjà, il y a 60 ans, ses fondateurs se préoccupaient d’économie d’énergie, une bizarrerie à l’époque. Pas étonnant qu’en matière de développement durable, la firme d’ingénierie mécanique et électrique soit aujourd’hui une référence dans son domaine.


Elle cumule les honneurs : plus d’une cinquantaine de prix depuis 15 ans. En janvier, elle recevait un prestigieux prix international pour la conception des systèmes de climatisation, de ventilation et de chauffage du Pavillon Anne-Marie Edward du Collège John Abbott, dans l’ouest de Montréal.


« Pour les fondateurs, c’était logique de réduire le gaspillage d’énergie, même si ce n’était pas à la mode, dit Nicolas Lemire, président de Pageau Morel. Maintenant que tout le monde ou presque fait du développement durable, c’est plus difficile de se démarquer. Mais notre historique parle pour nous. »


Pageau Morel a été la première firme québécoise à adhérer au U.S. Green Building Council. La première à concevoir un bâtiment vert à Montréal (Mountain Equipment Co-op). Et la première à réaliser un bâtiment LEED au Québec (pavillons Lassonde de l’École Polytechnique, voir photo ci-dessous).



Une firme à dimension humaine


La feuille de route de Pageau Morel lui a valu bien des offres d’achat au fil des ans. Elle les a toutes refusées. « Nous sommes d’irréductibles Gaulois, lance Nicolas Lemire », qui a joint Pageau Morel à la fin de ses études d’ingénieur en 1999. Il fait partie de la quatrième génération d’actionnaires. « Nous préférons demeurer une boîte à dimension humaine plutôt que d’intégrer une firme multidisciplinaire de plusieurs milliers d’employés où chacun est un numéro. Ici, nous pratiquons une gestion de type familial et nous attirons des gens qui recherchent ça. Sans compter qu’étant parmi les plus grosses des petites firmes, nous avons accès à des projets intéressants. »


Parmi les mandats qui l’occupent en ce moment, citons le bâtiment des sciences du Campus Outremont de l’Université de Montréal, la Maison Manuvie au centre-ville de Montréal, la rénovation du Manège militaire de Québec et l’Observatoire de la Place Ville-Marie. Elle travaille aussi à la conception de la boucle de transfert d’énergie du futur écoquartier mixte du Technopôle Angus, un projet de 15 immeubles où cohabiteront espaces à bureaux et unités d’habitation en copropriété.


Des projets pour lesquels Pageau Morel s’efforcera de maximiser l’efficacité énergétique. « Nous tentons toujours de faire plus avec moins, assure Nicolas Lemire. C’est d’autant plus nécessaire que 40 % de l’énergie totale consommée en Amérique du Nord est reliée au bâtiment. »


« C’est une firme innovatrice qui bénéficie d’une grande reconnaissance dans le milieu du chauffage et de la climatisation, affirme Stanislaw Kajl, professeur à l’École de technologie supérieure qui mène des études en efficacité énergétique. Les stages et les emplois chez elle sont très convoités par les étudiants. »


Une réalisation encensée


La contribution de Pageau Morel au Pavillon des sciences du Collège John Abbott lui a valu trois prix, dont celui de l’American Society of Heating Refrigerating and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE), une association internationale spécialisée dans la conception de bâtiments énergiquement efficaces.



Livré en 2012, le bâtiment nommé en mémoire d’une victime de la tuerie de Polytechnique bénéficie notamment d’un système de récupération de la chaleur de l’air évacué, d’un système géothermique, de deux réservoirs d’emmagasinage (l’un chaud et l’autre froid) pour transférer l’énergie d’un espace à l’autre, de planchers et plafonds radiants, de détecteurs de présence et d’un chauffe-eau solaire pour les salles de bain.


Pour être admissibles au concours de l’ASHRAE, les projets doivent être terminés depuis au moins un an. « La performance des bâtiments est évaluée sur ce qui se passe dans la vraie vie et non sur de la théorie », insiste Nicolas Lemire qui a été l’ingénieur mécanique principal du bâtiment de John Abbott.


Dans cette optique, l’ingénieur de 41 ans se réjouit de l’introduction prochaine de la quatrième version de LEED qui exigera un monitorage de la performance réelle des bâtiments. « La certification est devenue une chasse aux points, déplore-t-il. On évalue des simulations et il n’y a pas de suivi pour vérifier si les promesses se concrétisent. »


Quand il s’agit de présenter des projets aux clients, la firme de génie-conseil de 165 employés préfère fonder ses estimations sur des scénarios plus réalistes. « Nous sommes même un peu pessimistes, car ça évite les déceptions, assure-t-il. Le résultat, c’est des clients satisfaits, car nos projets consomment souvent moins que prévu. »


C’est ce qui s’est passé avec le nouveau pavillon de John Abbott qui affiche une réduction de la consommation d’énergie de 45 % alors que la simulation en prévoyait 39 %.


Grandir ici


La firme, qui a un chiffre d’affaires de 17,7 millions de dollars, travaille essentiellement au Québec et dans l’Est ontarien. Et bien qu’elle ait effectué quelques mandats à l’étranger, l’expansion internationale ne fait pas partie de sa stratégie.


« Ça se fera sans doute naturellement, mais ce n’est pas notre priorité, dit son président. Il y a assez à faire au pays. D’ailleurs, nous sommes de plus en plus présents dans d’autres provinces. Par exemple, nous travaillons sur un projet de laboratoires pour l’Université Memorial de Terre-Neuve ainsi que sur l’amphithéâtre d’Edmonston au Nouveau-Brunswick. »


N’ayant pas été éclaboussée par le scandale de la corruption, Pageau Morel a pu traverser la tempête qui a secoué le monde du génie sans réduire son effectif. « Je considère que c’est excellent, compte tenu du marasme qui s’est installé à la suite des révélations, dit Nicolas Lemire. Mais j’ai été très déçu des magouilles de certains. C’est une minorité, mais à cause d’eux, c’est toute la profession qui s’est vue accoler une étiquette de malhonnêteté. »


« De notre côté, ce qui nous a toujours fait tripper, ce sont les défis techniques plutôt que la croissance à tout prix, poursuit-il. Et je suis convaincu qu’il y aura toujours du pain sur la planche pour des gens comme nous. »


Infos en rafale :


. Fondation : 1956


. Siège social : Montréal


. Nombre d’employés : 165


. Objectif d’ici un an : Poursuivre la transition vers la 4e génération de propriétaires et percer de nouveaux marchés géographiques au Canada.


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