Le nouveau visage de Functionalab


Édition du 15 Octobre 2016

Le nouveau visage de Functionalab


Édition du 15 Octobre 2016

Par Claudine Hébert

Erick Geoffrion et Francis Maheu, fondateurs de Functionalab

Réunissez un ex-banquier de Wall Street et un expert dans le marketing de grandes marques internationales à la tête d’une nouvelle entreprise de produits cosmétiques. Ajoutez à ce duo, un lancement de produits sur Fifth Avenue, à New York, et deux acquisitions majeures d’entreprises au Québec, et vous obtenez Functionalab. Une pme qui vient d’enregistrer une hausse phénoménale de 3910% de revenus en 5 ans.


Cet exploit a valu à la firme montréalaise dirigée par Érick Geoffrion et Francis Maheu de se hisser au 18e rang du classement Profit 500 de l’année 2016 des entreprises canadiennes.


La recette des deux hommes d’affaires? « On a fait preuve de beaucoup de résilience afin de pouvoir se réinventer. On l’a fait d’ailleurs deux fois depuis la création de l’entreprise en 2009», répond Francis Maheu, chef de la direction de Functionalab, ancien associé chez Lehman Brothers.


Pour la petite histoire, Functionalab, située dans Griffintown, a commencé par lancer des produits nutricosmétiques (des pilules et des potions pour l'hydratation ou la cicatrisation de la peau et la perte de poids). La fabrication est confiée à des laboratoires répartis dans la grande région métropolitaine de Montréal.


Le lancement newyorkais de la marque, organisé avec l’aide de l’agence Sid Lee, s’est traduit par une visibilité planétaire. Rapidement, les produits de la pme se sont démarqués à Hong-Kong et sur les tablettes des chics et grands magasins Harrods et Selfridges, à Londres. Une belle aventure qui a duré de 2009 à 2012.


« C’est prestigieux de vendre dans ces grands magasins. Mais les frais de ventes et de distribution sont très élevés pour des petites marques comme la nôtre. Cela nous a motivés à revoir notre stratégie de croissance », indique M. Maheu.


Cette réflexion a mené à des partenariats avec deux entreprises québécoises. D’abord les produits Jouviance en 2011, et le réseau de cliniques d’esthétique sans chirurgie Dermapure en 2013. « En associant nos marques, ça nous a permis aux trois entreprises de croître beaucoup plus rapidement», soutient Érick Geoffrion, président de Functionalab, qui a travaillé entre autres pour LVMH et Estée Lauder.  


L’an dernier, les produits Jouviance, lancés en 2003, ont pour la première fois franchi la frontière canado-américaine. La chaîne de pharmacie CVS les a introduits dans plus de 2000 succursales, de la Floride à la Californie. «La chaîne, explique M. Geoffrion, a procédé à de multiples tests et focus groupes à travers les États-Unis avec une centaine de marques de produits cosmétiques. Deux ont été retenues, dont Jouviance. »


Du côté des cliniques Dermapure, créées en 2009, le réseau est passé de 3 à 5 adresses depuis le partenariat en 2013. « Et d’ici trois ans, ce réseau comptera une trentaine de cliniques à travers le pays», souligne M. Maheu qui prépare activement cette expansion au Canada.


Les produits lancés initialement par Functionalab sont vendus aujourd’hui au sein du réseau des cliniques Dermapure. « Nos produits plus techniques sont beaucoup mieux desservis par des ventes assistées par des professionnelles de la beauté. De plus, on en contrôle mieux maintenant la distribution », reconnaît M. Maheu.


Les deux fondateurs préfèrent parler de partenariat avec les entreprises Jouviance et Dermapure plutôt que d’utiliser le mot «acquisition». Les créateurs de ces deux entreprises, Roger Southin pour Jouviance et Marilyne Gagné pour Dermapure, ont joint les rangs du Groupe Functionalab à titre d’actionnaires. Ils continuent à être présidents de leur division respective.


Dans presque 100% des transactions, les cédants demeurent au sein de leur entreprise au moins un an pour assurer la transition, notamment le transfert des clients, les connaissances et le pouvoir hiérarchique. «C’est une bonne façon d’assurer la profitabilité de la transaction», soutient Robert Deshaies, président de la firme G4 Solutions et stratégies d’entreprises, à Laval.


C’est encore mieux lorsque cette alliance entre le repreneur et le cédant se prolonge en partenariat. « En conservant les forces et l’expertise des fondateurs, l’entreprise dispose de biens meilleurs atouts pour maximiser son potentiel de croissance.


Actuellement, l’entreprise génère plus de 20 M$ de revenus annuels. Plus de 70% de ces revenus proviennent du Québec. Les autres provinces rapportent 20%. La percée américaine de Jouviance correspond à 10% des revenus. L’objectif de Functionalab, conclut M. Maheu, est de renverser ce pourcentage et faire en sorte que 70% des revenus soit, d’ici 2020, issus de l’extérieur du Québec.

En quelques chiffres
Année de fondation : 2009
Nombre d’employés : 95
Chiffre d’affaires : Plus de 20M$
Objectif d’ici un an : Conclure plus de quatre autres acquisitions au sein du pays. En ce moment, l’entreprise discute avec près d’une dizaine de prospects.

À suivre dans cette section


image

Blockchain

Jeudi 28 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

À la une

S10 : Samsung triple la mise pour le dixième anniversaire du Galaxy

BLOGUE. Le Galaxy S10 a trois formats, cinq couleurs, une douzaine de caméras et… des écouteurs sans fil!

La vie «ennuyeuse» des vrais millionnaires

Comment devenir millionnaire? Un lecteur avec un job bien ordinaire nous explique. Un nouveau livre aussi.

Au fond, c'est quoi un bon boss?

BLOGUE. Il présente les quatre caractéristiques résumées par l'acronyme ÉÉPI, selon une étude québécoise...