La start-up qui propulse les start-ups à l'international

Publié le 16/01/2018 à 16:37

La start-up qui propulse les start-ups à l'international

Publié le 16/01/2018 à 16:37

Par lesaffaires.com

Par son programme d’immersion Fusion, l’entreprise Katapult tente de créer des ponts entre les différents milieux des start-ups partout dans le monde.


De Montréal à Lyon, en passant par le Mexique et le Brésil, elle veut que les jeunes pousses de partout s’internationalisent. Les Affaires est allé rendre visite à sa deuxième cohorte de jeunes entrepreneurs, à Montréal.


À l’espace de travail partagé Le Tableau Blanc, dans le quartier Saint-Henri, six représentants de start-ups françaises sont réunis. Le matin de notre visite, ils préparaient les rendez-vous qu’ils avaient à l’horaire et recevaient un cours en accéléré des codes culturels québécois. Certains se préparaient à rencontrer Microsoft, d’autres, Dassault.


Débarqués un mardi, souvent pour une première incursion au Québec, les membres de la cohorte repartent dès le vendredi suivant. Autant dire qu’ils n’ont pas une seconde à perdre.


Tour à tour, ils sont interrogés sur les intentions de leur visite, leur argument de vente et leur entreprise. L’interrogatoire est serré. «Quel est ton plan? Tes intentions?», leur demande-t-on afin de bien les préparer. Elsa Bruyère, cofondatrice de Katapult et directrice des opérations, les presse de questions. Avec ses trois associés, qui agissent en tant que coachs (comptabilité, marketing, et autres), la start-up qui veut aider les start-ups compte dix employés au total.


Pendant ce tour de table, les conseils sur les codes culturels québécois fusent. « Ici, lors d’une rencontre, on commence par la fin, par vos intentions, et non par l’histoire de votre entreprise racontée en long et en large », « Ici, on évite la négation, les confrontations, montrez-vous positifs », ou encore, « Ici, les gens n’ont pas peur de l’échec et n’ont pas peur de partager leurs idées ».


Ils sont fins prêts. Tous sélectionnées selon leur degré d’avancement, les start-ups doivent être prêtes ou être sur le point de commercialiser à l’étranger. Cette mission commerciale en version miniature, elles s’y préparent depuis des semaines.


Drôle de créature


Fondée en 2016, Katapult se trouve à la croisée du guide de voyage, de l’accompagnateur et du coach d’affaires. Pour 500 $, elle aide une cliente à trouver les bonnes personnes ou les bons organismes à qui parler de son projet. Elle l’aide également à se préparer en vue de différentes rencontres. Le transport et l’hébergement sont en sus. « Nous sommes experts en experts, lance Elsa Bruyère. Notre but, c’est de créer les conditions gagnantes pour que les start-ups pensent à aller à l’international. Nous mobilisons les gens, les incubateurs, les experts, enfin, tout ce qu’il faut pour que ça fonctionne. »


Les participants interrogés disent y trouver leur compte. Bastien Villarreale, président de Wefit, qui imprime des appareils podologiques en trois dimensions, voit ce programme « comme un miniaccélérateur pour mieux connaître le marché québécois. Je n’avais aucun contact ici, c’est donc nettement plus simple d’être accueilli dans une délégation comme celle-ci. J’espère, au fil de la semaine, recruter des employés, mieux comprendre le marché et, qui sait, rencontrer des investisseurs potentiels ».


Une autre participante, Nawel Bekkaye, responsable marketing de Boa Concept, qui conçoit des convoyeurs modulaires intelligents, a eu un coup de pouce. « Puisque nous sommes lauréats d’une bourse de la French Tech, un organisme qui propulse les start-ups françaises, nous avions accès à ce programme gratuitement, explique-t-elle. L’intérêt de cette immersion, pour elle, repose sur le fait qu’il est compliqué de venir dans un nouveau pays, seul. Ce programme nous permet de comprendre les codes culturels, des conseils, et de recevoir des piqûres de rappels, c’est extrêmement intéressant. Nous savons que le marché nord-américain a beaucoup de potentiel pour nous. »


Selon un autre visiteur, Alexandre Jean, de Cblue, qui offre des systèmes informatiques, « les codes culturels sont complètement différents ici! On fait l’erreur du débutant parfois, on croit que c’est très similaire à la France à cause de la langue, mais il n’en est rien ». D’où l’intérêt, vous répondront les associés de Katapult, d’insister sur les codes culturels locaux lors de leurs programmes d’immersions.


L’entreprise ne fait pas que former des cohortes étrangères aux mœurs d’affaires d’ici, elle veut aussi prendre des entrepreneurs du Québec et les former aux mœurs d’ailleurs.


Elsa Bruyère espère que le programme Fusion se répandra partout sur le globe. « Les start-ups seraient bien bêtes d’oublier toute la force des réseaux sur lesquels ils peuvent compter à l’étranger », selon elle.


Katapult est du reste en train de travailler avec des partenaires d’ailleurs pour aller former des cohortes à l’étranger. La prochaine cohorte québécoise est prévue pour Lyon. D’autres devraient ensuite partir pour le Mexique, la Corée du Sud et, peut-être, un pays africain.


 

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