La pénurie de travailleurs freine 40% des ­PME

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Septembre 2018

La pénurie de travailleurs freine 40% des ­PME

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Septembre 2018

Par Pierre Cléroux

En raison des pénuries de main-d’œuvre, plus de la moitié (56 %) des entrepreneurs soulignent que les ressources existantes doivent mettre les bouchées doubles. [Photo: 123RF]


Lors de mes récentes vacances aux Îles-de-la-Madeleine, j’ai pu constater les effets néfastes de la pénurie de main-d’œuvre. Faute de travailleurs, certains restaurants sont en effet dans l’obligation de fermer quelques jours par semaine ou de ne plus servir de petits-déjeuners.


La situation est alarmante, et ce, partout au pays et dans plusieurs autres secteurs d’activité. Près de 40 % des PME canadiennes peinent à embaucher de nouveaux employés, indique un nouveau sondage effectué auprès de 1 208 entrepreneurs par notre équipe de recherche à la Banque de développement du Canada (BDC). La situation, loin de s’améliorer, risque de perdurer pendant encore une dizaine d’années.


L’impact sur les entreprises est majeur. Le manque de main-d’œuvre freine l’expansion de plus de 4 entreprises sur 10 qui doivent entre autres refuser des commandes, retarder des livraisons ou encore offrir des produits et des services de moindre qualité. Les entreprises les plus touchées par les pénuries de main-d’œuvre ont 65 % plus de chances de générer de faibles ventes. Les secteurs de la fabrication, du commerce de détail et de la construction sont les plus touchés.




Or, en raison des pénuries de main-d’œuvre, plus de la moitié (56 %) des entrepreneurs soulignent que les ressources existantes doivent mettre les bouchées doubles, tandis que 47 % des personnes interrogées affirment avoir dû augmenter leurs salaires. Pour répondre à leurs besoins en matière d’embauche, les entrepreneurs se tournent aussi vers des employés moins qualifiés.


Sans oublier les coûts indirects liés à la situation. Faute de travailleurs, des cadres supérieurs sont obligés de passer plus de temps dans l’usine, sur le plancher. Par conséquent, ils en consacrent beaucoup moins à d’autres activités à forte valeur ajoutée, comme le développement de projets.


La technologie et l’immigration à la rescousse


Les sociétés qui sont aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre ont tout intérêt à améliorer leur efficacité opérationnelle. À l’ère de l’usine 4.0, l’utilisation des nouvelles technologies et l’automatisation des processus de production et même de gestion sont devenues incontournables ainsi que l’une des solutions au manque de travailleurs.


Les entrepreneurs devraient aussi songer à embaucher des immigrants et de nouveaux arrivants s’ils ne veulent pas freiner leur croissance. Si bon nombre d’entreprises participent à des missions à l’étranger pour recruter du personnel, l’embauche de nouveaux arrivants est pourtant la stratégie la moins utilisée par les entrepreneurs pour trouver des travailleurs, indique notre étude. Les propriétaires d’entreprises se privent ainsi d’un important bassin de talents.


D’autant que les difficultés de recrutement, en partie attribuables à la forte demande de main-d’œuvre générée par une croissance économique robuste, ne sont pas près de s’estomper. L’expansion devrait en effet se poursuivre jusqu’en 2020, ce qui stimulera encore la demande d’employés. Pendant ce temps, la croissance de la main-d’œuvre au Canada devrait continuer d’avoisiner le zéro.


EXPERT INVITÉ


Pierre Cléroux est vice-président, Recherche et économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC).

À suivre dans cette section


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février

Sur le même sujet

Le secret du succès du Starbucks Germain-des-Prés

BLOGUE INVITÉ. L’entreprise de Seattle encourage les initiatives qui permettent de créer une relation avec les clients.

À la une: quand la finance investit dans la finance

Édition du 22 Septembre 2018 | Les Affaires

Le dernier numéro de Les Affaires est là! En manchette, quand la finance investit dans la finance.

À la une

La métamorphose de Gaz Métro signée Sophie Brochu

11:28 | Karl Moore

BLOGUE INVITÉ. Énergir adopte une gestion axée sur les clients et les employés.

Bourse: Wall Street stable à midi mardi

Mis à jour il y a 34 minutes | lesaffaires.com, AFP et Presse canadienne

REVUE DES MARCHÉS. Les investisseurs se préparaient mardi à une réunion du comité de politique monétaire de la Fed.

Bourse: ce qui bouge sur les marchés avant l'ouverture mardi

07:02 | LesAffaires.com et AFP

La Chine a «le couteau sous la gorge».