La Fromagerie de l’Île-aux-Grues riposte à l'offensive européenne

Publié le 13/09/2018 à 14:43

La Fromagerie de l’Île-aux-Grues riposte à l'offensive européenne

Publié le 13/09/2018 à 14:43

Le directeur de la Fromagerie de l’Île-aux-Grues, Daniel Leduc présente quelques fromages qui seront mis en marché dès la mi-septembre. [Crédit : Marie-Josée Marcotte]

PME DE LA SEMAINE. À compter de la mi-septembre, la fromagerie de l’Île-aux-Grues lance une nouvelle gamme de six fromages fins dont le très attendu, La Bête-À-Séguin, issue d’un partenariat avec l’artiste Marc Séguin.


Présent au lancement au Château Frontenac, le 6 septembre dernier, le copropriétaire de l’Île-aux-Oies s’est dit privilégié d’assurer une certaine visibilité à un produit du terroir auquel il croit. « On présente avec grande fierté les fromages de l’Isle-aux-Grues à des rois, des princesses, des politiciens qui viennent nous visiter », raconte l’homme de 48 ans.


Jusqu’en 1964, l’Île-aux-Oies a appartenu à des religieuses. « De redoutables femmes d’affaires qui vendaient leur foin 6 à 7 fois le prix. »


Aujourd’hui, ce précieux pâturage est offert gratuitement à la fromagerie qui est un moteur économique de la région, située dans un emplacement exceptionnel.


Car L’Isle-aux-Grues se niche au cœur du Saint-Laurent non loin de l’île aux Coudres ou de l’île d’Orléans. Sur une superficie d’environ 10 kilomètres se trouve un petit village de 160 habitants, deux rues et… une fromagerie.


Offensive européenne


Depuis 40 ans, l’entreprise fabrique le fromage Le Riopelle (du nom de l’artiste Jean-Paul Riopelle) ainsi qu’une gamme de cheddars. « Nous disposons d’une capacité de production de lait variant entre 2,6 millions de litres à 2,8 millions. Cela reste petit par rapport à la grande industrie laitière. Nous sommes quand même la plus grande fromagerie artisanale du Québec », explique Daniel Leduc, le directeur de la société qui emploie une vingtaine d’employés.


D’ici 2020, le traité de libre-échange avec l’Europe prévoit l’arrivée au Canada de 17 700 tonnes de nouveaux fromages. « Notre défi ? C’est d’être créatif et différent. On se positionne dans le marché des fromages fins, un secteur où il y a de la croissance pour de petites fromageries artisanales comme la nôtre. »


En images, la collection des six nouveaux fromages. [Crédit : Courtoisie]


4 axes 


Le dirigeant espère se démarquer grâce à l’authenticité des fromages, la production artisanale et surtout le raffinement et le côté haut de gamme des produits. « Le Riopelle et la Bête à Séguin seront les fromages les plus chers au Québec. À 65 $ et 67 $ le kilo, je vends littéralement des bijoux », illustre-t-il.


Chaque fromage s’inspire de l’histoire et des personnages de l’Isle-aux-Grues comme le curé Quertier ou le Cheval noir qui a disparu soudainement. « On veut se distinguer par notre appartenance à notre terroir. On n’est pas là pour faire la copie d’une copie, martèle M. Leduc. Nous sommes là pour faire des produits différents. »


La fromagerie de l’Isle-aux-Grues se distingue par le goût du lait. Car le territoire est marqué par l’air salin qui a un impact sur le pâturage. « Nos animaux sont nourris exclusivement du foin de l’île qui n’est pas le même que sur le reste du continent. »


Tour de force


Après des années difficiles redevables à une baisse de production laitière, l’entreprise a fusionné l’été dernier avec la coopérative Agrilait de Drummondville. « Nous avions besoin d’un partenaire financier et ces gens sont un groupe de bâtisseurs comme nous, situés au centre du Québec. »


Depuis deux ans, les nouveaux fromages fins ont été conçus grâce à l’apport d’un directeur technique provenant de l’Europe. Celui-ci est en contact quotidien avec la chef fromagère, Véronique Roy.


Entretemps, le recrutement est un enjeu crucial. On prévoit l’embauche de quatre à cinq personnes. La solution, selon M. Leduc, réside dans la transmission des connaissances. « Notre chef fromagère est en train de former deux nouveaux employés. Alors si vous avec le goût des fromages, on va vous le montrer », conclut-il.


Fromagerie de l’Île-aux-Grues en chiffres


Nombre d’employés : 20


Chiffre d’affaires en 2017 : 3,5 millions $


Objectif de croissance : 1 million $


Défi : Se positionner dans un marché de niche soit celui des fromages fins, fort prisés par les consommateurs


Sur le marché :


La Bête-À-Séguin | Bécart de l’Isle | Cheval noir de l’Isle | Curé Quertier de l’Isle seront mis en marché dès le 17 septembre.


Suivi du Haut-Marais de l’Isle à la mi-octobre et du Houblonneux de l’Isle, fin novembre.


 

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