Guérir la paraplégie et le Parkinson: une PME lavalloise pourrait détenir la solution

Publié le 08/11/2017 à 11:02

Guérir la paraplégie et le Parkinson: une PME lavalloise pourrait détenir la solution

Publié le 08/11/2017 à 11:02

Par Claudine Hébert

(Photo: 123rf.com)

PME DE LA SEMAINE. La science aurait-elle enfin trouvé le moyen de guérir les lésions traumatiques de la moelle épinière, la maladie de Parkinson, la maladie de Lou Gehrig, l’Alzheimer et les séquelles des accidents vasculaires cérébraux? Il est encore trop tôt pour dire oui. Pourtant, surveillez bien l’entreprise lavalloise Fortuna Fix. Cette biotech développe actuellement une solution de régénération de cellules souches neurales qui pourrait bientôt bouleverser l’univers de la médecine.


Située dans les locaux du Centre québécois d'innovation en biotechnologie (CQIB), l’incubateur de l’INRS-Institut Armand Frappier, à Laval, Fortuna Fix est une société dérivée de New World Laboratories.


Créée par un chercheur d’origine finlandaise, Jan-Eric Ahlfors, cette toute petite PME d’à peine dix employés est sur le point d’entamer les essais cliniques de phases I et II de sa nouvelle technologie dans des hôpitaux montréalais, torontois et de Saskatoon. «Des essais seront également réalisés dans des hôpitaux californiens», indique Masha Le Gris Stromme, vice-présidente au développement des affaires chez Fortuna Fix. 


Ces premiers essais vont principalement servir à établir le profil d'efficacité et d'innocuité des cellules souches neurales pour la maladie de Parkinson et pour les lésions de la moelle épinière, poursuit-elle. Éventuellement, des tests pourront être effectués pour les cas d’Alzheimer, de la sclérose latérale amyotrophique (maladie de Lou Gehrig) et sur des patients ayant des séquelles d’accidents vasculaires cérébraux.


Cette technologie de reprogrammation directe a pour avantage d’utiliser les cellules souches neurales des patients eux-mêmes. «Non seulement elles ne requièrent aucun agent immunosuppresseur, mais elles n’utilisent aucun tissu fœtal, embryonnaire ou autre processus posant des problèmes d’ordre éthique», soulève la représentante de Fortuna Fix. Son processus de fabrication entièrement automatisé n’utilise, non plus, aucune manipulation génétique ni aucune composante animale.


C’est grâce à une subvention de 25M$US, annoncée plus tôt cette semaine, que Fortuna Fix peut désormais procéder à ces premiers essais cliniques. L’argent provient de Salamander Invest, un groupe d’investisseurs norvégiens, et d’Amgen Ventures, une société américaine qui offre son soutien financier aux sociétés de biotechnologie pour le développement de nouvelles thérapies. «C’est la première fois qu’Amgen vient en aide à une organisation spécialisée dans la régénération de cellules souches», signale fièrement Mme Le Gris Stromme. 


Ce qui a poussé un chercheur finlandais à s'établir à Laval


Certains se demandent sans doute, qu’est-ce qui a bien pu motiver un chercheur finlandais à venir s’établir à Laval en 2007 pour développer sa technologie de production de cellules souches neurales? L’ex-président Georges W. Bush est en partie responsable, explique Denis Bilodeau, directeur des partenariats en recherches et développements pour New World Laboratories. Au début des années 2000, l’ex-président Bush avait décidé de mettre fin aux subventions pour la recherche des cellules souches régénératives. «La présence d’une forte communauté de chercheurs en médecine régénérative au pays, sans oublier les généreux crédits d’impôts d’Investissement Québec, sont aussi d’autres raisons qui ont convaincu ce chercheur à quitter son laboratoire du Massachusetts pour emménager en sol québécois», explique M. Bilodeau.


Bien que la commercialisation de cette technologie ne soit pas encore pour demain, l’entreprise lavalloise compte doubler son personnel d’ici la prochaine année. Fortuna Fix veut embaucher d’autres chercheurs experts en cellules souches et médecine régénérative. Elle recherche également des spécialistes en assurance qualité, en gestion de projet, en ingénierie biomédicale, en affaires réglementaires sans oublier des rédacteurs scientifiques pour rédiger les résultats des essais… et autres demandes de subventions et bourses qui lui permettront de poursuivre ses recherches et son développement.


image

Marketing B2B

Mardi 21 novembre


image

Acceptabilité sociale

Mercredi 29 novembre


image

Communication interne

Mardi 05 décembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 06 décembre


image

Sommet sur l'énergie

Mardi 23 janvier


image

eCommerce

Mardi 30 janvier


image

Financement PME

Mercredi 31 janvier


image

Sécurité alimentaire

Mardi 06 février


image

Usine 4.0

Mercredi 14 mars


image

Rémunération globale

Mercredi 25 avril

Sur le même sujet

Des nouveautés pour les PME du Québec

17/11/2017 | Matthieu Charest

Les Affaires est récemment allé à la rencontre du ministre délégué aux PME, ...

Entrepreneurs, sortez du Québec!

16/11/2017 | Nicolas Duvernois

BLOGUE INVITÉ. Pour une société aussi petite que la nôtre, l’exportation doit devenir une priorité.

À la une

Divulguer le salaire des dirigeants: bonne ou mauvaise idée?

19/11/2017 | Jean-François Venne

Les incompréhensions entourant les salaires peuvent créer de fortes tensions dans une entreprise.

La Chine veut détrôner le dollar américain avec le pétroyuan

18/11/2017 | François Normand

ANALYSE. Le projet de la Chine a le potentiel de créer un mouvement de plaques tectoniques financier dans le monde.

Theratechnologies, le point de bascule en 2018

En dépit d’un délai de trois mois dans l’approbation de son médicament, le décollage des ventes est pour 2018.